L'instabilité croissante dans le Golfe et les perturbations dans le détroit d'Ormuz représentent une menace directe pour l'approvisionnement énergétique et le commerce européens, a alerté dimanche le principal conseiller du président des Émirats arabes unis. Ces déclarations, formulées lors du forum GLOBSEC de Prague, interviennent alors que les gouvernements européens font face à des inquiétudes renouvelées sur la résilience de leurs systèmes énergétiques et la sécurité maritime, dans un contexte régional particulièrement tendu depuis plusieurs mois. Selon Euronews FR, qui rapporte ces propos, le Dr. Anwar Gargash, conseiller diplomatique du président émirati, a mis en garde contre les conséquences d'une éventuelle dégradation de la situation dans cette zone stratégique.
Ce qu'il faut retenir
- Le détroit d'Ormuz, passage clé pour les approvisionnements énergétiques mondiaux, est devenu un enjeu central du conflit entre l'Iran et les États du Golfe.
- L'Europe pourrait subir de graves répercussions économiques et commerciales en cas de blocage ou de perturbation de cette route maritime.
- Les Émirats arabes unis ont subi 3 300 missiles et drones en quarante jours lors du récent conflit, mais seulement 4 % ont franchi leur défense aérienne.
- Anwar Gargash a appelé l'Europe à s'engager davantage pour sécuriser la liberté de navigation, sans pour autant exiger une intervention militaire directe.
- Les fondamentaux économiques des Émirats restent solides malgré l'instabilité régionale, selon le conseiller présidentiel.
Une crise aux racines profondes et aux répercussions globales
Le Dr. Anwar Gargash a rappelé que les tensions actuelles ne sont pas apparues soudainement en 2026. « Nous ne sommes pas arrivés à la situation actuelle en 2026 », a-t-il déclaré lors du forum GLOBSEC de Prague. « Les germes du mécontentement, que ce soit dans le système international ou au Moyen-Orient en tant que sous-système de celui-ci, sont présents depuis longtemps. » Selon Euronews FR, il a souligné que les États du Golfe avaient tout mis en œuvre pour éviter une confrontation directe avec l'Iran, tout en mesurant les risques d'une escalade susceptible d'affecter l'ensemble du système international.
Interrogé sur les conséquences de la guerre avec Téhéran, le conseiller émirati a expliqué que les crises secondaires étaient inévitables. « Nous savions que toute guerre a tendance à provoquer des crises secondaires, et c'est exactement ce que nous avons observé dans ce conflit », a-t-il précisé. Il a décrit l'Iran comme « un État aujourd'hui largement affaibli », tout en avertissant que les hostilités avaient engendré une instabilité plus large, marquée par des attaques contre les infrastructures du Golfe et des pressions accrues sur les routes maritimes.
Le détroit d'Ormuz, épicentre d'une crise aux enjeux européens
Anwar Gargash a insisté sur le fait que l'Europe avait un intérêt direct à protéger la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz, passage par lequel transite chaque jour une part majeure des approvisionnements énergétiques mondiaux. « L'une des questions que nous avons vues récemment concerne le détroit d'Ormuz », a-t-il indiqué, en le qualifiant de « élément crucial du conflit dans son overall ». « Aujourd'hui, tout changement de statut d'Ormuz aurait de graves conséquences pour l'ensemble de l'Europe », a-t-il averti. « C'est pourquoi nous appelons aussi les Européens à ne pas voir cela seulement comme un problème lointain, mais comme une question intimement liée à leur énergie et à leurs échanges. »
Ces déclarations surviennent alors que les capitales européennes expriment à nouveau des craintes concernant la résilience de leurs chaînes d'approvisionnement et la sécurité des routes maritimes, dans un contexte où les tensions régionales se sont intensifiées depuis plusieurs mois. Le conseiller émirati a appelé à un engagement renforcé de l'Europe pour sécuriser ces axes stratégiques, tout en précisant que les Émirats n'attendaient pas une intervention militaire directe des pays européens. « Je ne pense pas que nous demandions aux Européens de s'engager dans un conflit actif », a-t-il déclaré. « Mais je pense que nous leur demandons aussi de prendre en compte leur intérêt national en matière de libre navigation dans le détroit. »
Un soutien européen reconnu, mais des attaques sans précédent pour les Émirats
Anwar Gargash a salué le soutien apporté par certains pays européens durant la crise, citant notamment la France et la Grèce pour leur appui face aux attaques iraniennes visant les États du Golfe. Il a également révélé l'ampleur des assauts subis par les Émirats lors du conflit, qualifiant cette période de « scénario du pire » pour le pays. « Le total s'élève à environ 3 300 missiles et drones qui ont visé les Émirats arabes unis en quarante jours et plus », a-t-il indiqué. Interrogé sur le nombre de projectiles ayant franchi leur défense aérienne, il a répondu : « très peu, je crois environ 4 % ou quelque comme ça. »
Malgré cette instabilité régionale, le conseiller présidentiel a tenu à souligner la solidité des bases économiques et sociales des Émirats. « Les fondamentaux des Émirats arabes unis sont solides », a-t-il affirmé. « Nos sociétés sont plutôt attractives. C'est aussi, à bien des égards, un pays d'opportunités. » Une stabilité relative qui contraste avec l'intensité des menaces extérieures.
La diplomatie, seule voie vers une désescalade durable
Interrogé sur la possibilité d'un règlement politique plus large avec l'Iran, Anwar Gargash a réaffirmé que la diplomatie restait la seule voie viable, malgré les tensions actuelles. « Nous devons vraiment parvenir à une solution politique, éviter toute nouvelle confrontation militaire, mais aussi aller au fond des choses pour traiter les causes profondes de l'instabilité dans le Golfe », a-t-il conclu. Ses propos s'inscrivent dans un contexte où les tensions entre Téhéran et les pays du Golfe, ainsi que leurs alliés internationaux, continuent de menacer la stabilité régionale et les flux commerciaux mondiaux.
Ces mises en garde surviennent alors que l'Iran a récemment annoncé la mise en place de frais pour des « services de navigation » dans le détroit d'Ormuz, une décision susceptible d'aggraver les tensions existantes. Selon Euronews FR, cette mesure s'ajoute à une série d'incidents récents qui illustrent la fragilité de la situation dans cette zone hautement stratégique pour le commerce mondial.
En définitive, la question n'est plus de savoir si l'Europe sera affectée par une dégradation de la situation dans le détroit d'Ormuz, mais plutôt quand et dans quelle mesure. Les déclarations d'Anwar Gargash rappellent que la prudence et la préparation restent de mise pour les États européens, alors que les tensions au Moyen-Orient continuent de s'exacerber.
Les pays les plus exposés sont ceux dont les approvisionnements énergétiques dépendent fortement des importations en provenance du Moyen-Orient, notamment l'Allemagne, la France, l'Italie et les Pays-Bas. Ces États sont particulièrement vulnérables en cas de blocage ou de perturbation majeure dans le détroit d'Ormuz, qui concentre près de 20 % du pétrole mondial et 30 % du gaz naturel liquéfié transitant par voie maritime.