Le coliving continue de susciter des tensions locatives, notamment à Paris, où des locataires se retrouvent contraints de quitter leur logement pour laisser la place à une nouvelle forme de colocation.
Le coliving, un modèle critiqué
Derrière son image "lifestyle", le coliving concerne des immeubles entiers transformés en logements partagés, où chaque occupant loue une chambre privée tout en partageant les espaces communs. Présenté comme une solution flexible adaptée aux jeunes actifs, ce modèle est vivement critiqué par certains élus parisiens de la majorité municipale. Ces derniers accusent le coliving de contribuer à la raréfaction de l'offre de logements traditionnels, transformant ainsi des habitations familiales en produits lucratifs, favorisant la spéculation immobilière.
Un exemple concret à Paris
Une habitante du XXe arrondissement de Paris, Cécile, 57 ans, locataire depuis 2005, a reçu un avis d'expulsion quelques jours avant Noël. Son bail ne sera pas renouvelé au 30 juin, le propriétaire invoquant une reprise pour un usage personnel. Cécile, émue, déplore cette situation après avoir vécu 20 ans dans son deux-pièces de 59 m², situé place de la Réunion. Elle constate que tous ses voisins ont déjà quitté les lieux, remplacés par des espaces de coliving gérés par des sociétés spécialisées.
La transformation des logements en coliving
Cécile témoigne que les deux logements de chaque palier ont été réunis pour former des espaces de coliving, offrant des chambres individuelles à la location. Elle mentionne le cas d'une société allemande, Habyt, qui propose une chambre de 9 m² à 1025 euros par mois, dans un appartement partagé à six personnes. Cécile, qui bénéficie d'un loyer modéré grâce à des aides à la rénovation accordées au propriétaire en 2005, redoute que son logement subisse le même sort.
Réactions et promesses
Le propriétaire, quant à lui, affirme vouloir s'installer dans le logement, offrant une indemnité de départ à la locataire. De son côté, l'adjoint au logement, Jacques Baudrier, promet de tout mettre en œuvre pour lutter contre ces pratiques, encourageant les Parisiens à signaler de telles situations à la mairie. Face à ces accusations, le propriétaire envisage de porter plainte pour diffamation. Cécile a décidé d'organiser un rassemblement pour sensibiliser sur les enjeux du coliving.
Conclusion
La montée du coliving à Paris soulève des inquiétudes quant à l'accès au logement pour les habitants de la capitale. Les tensions entre locataires et propriétaires se cristallisent autour de cette nouvelle forme de colocation, remettant en question l'équilibre du marché immobilier et la préservation du parc locatif traditionnel. L'affaire de Cécile met en lumière les défis auxquels sont confrontés de nombreux locataires parisiens, confrontés à une évolution du marché immobilier qui bouleverse leur quotidien.
