Un Espagnol et une Péruvienne, expulsés en mai dernier pour avoir eu des relations sexuelles en public, incarnent désormais les nouvelles priorités du gouvernement thaïlandais. Selon BFM Business, Bangkok durcit son dispositif à l’encontre des étrangers dont les comportements sont jugés incompatibles avec les valeurs culturelles locales. Une série de mesures, entrées en vigueur vendredi 29 août 2026, vise à expulser systématiquement les touristes ou travailleurs étrangers condamnés pour des infractions graves ou des incivilités répétées.
Ce qu'il faut retenir
- Expulsion automatique pour les étrangers condamnés à au moins cinq ans de prison, en cas de travail illégal, d’exploitation frauduleuse d’entreprise ou d’usage de faux documents.
- Réduction de 60 à 30 jours de la durée des séjours sans visa pour les touristes de plus de 90 pays, effective depuis mai 2026.
- Une polémique récente a éclaté après le refus d’entrée d’un parc animalier de Koh Samui à des Israéliens, dans un contexte de menaces antisémites.
- Le tourisme représente plus de 10 % du PIB thaïlandais, malgré une dépendance économique forte à ce secteur.
- Le gouvernement attend 33,5 millions de touristes étrangers en 2026, contre 33 millions en 2025.
Ces nouvelles règles, publiées vendredi dans la Gazette royale, s’inscrivent dans une politique de « préservation des valeurs culturelles thaïlandaises », a expliqué le ministre du Tourisme, Surasak Phancharoenworakul. Dans un message publié jeudi sur les réseaux sociaux, il a rappelé que « les touristes ou travailleurs étrangers à problèmes qui enfreignent la loi doivent partir ». Le texte officiel précise que ces mesures s’appliquent aux infractions passibles d’au moins cinq ans de prison, ainsi qu’au dépassement de visa, au travail illégal ou à l’exploitation frauduleuse d’entreprises.
Le gouvernement thaïlandais justifie ce durcissement par la multiplication des incidents impliquant des étrangers. Altercations avec des chauffeurs de tuk-tuks, rodéos sauvages à deux-roues ou frasques sexuelles en public alimentent presque chaque semaine les médias locaux. Un cas emblématique a marqué les esprits en mai 2026 : un Espagnol et une Péruvienne ont été expulsés après avoir été surpris en train d’avoir des relations sexuelles en public sur une plage fréquentée. Cette affaire a contribué à accélérer l’adoption des nouvelles mesures.
La polémique s’est encore intensifiée après qu’un gérant français d’un parc animalier sur l’île de Koh Samui a refusé l’entrée de son établissement à des Israéliens, en invoquant des menaces de mort et des déclarations antisémites. Cet incident a ravivé les débats sur le comportement des touristes et la nécessité de renforcer le contrôle des étrangers.
Pourtant, la Thaïlande reste économiquement très dépendante du tourisme, qui pèse plus de 10 % de son produit intérieur brut (PIB). Le pays table sur l’arrivée de 33,5 millions de touristes étrangers en 2026, un chiffre stable par rapport à 2025, où 33 millions de visiteurs avaient été enregistrés. Malgré cette dépendance, les autorités semblent déterminées à faire respecter un code de conduite strict, quitte à sacrifier une partie de l’afflux touristique.
Des mesures déjà en place depuis plusieurs mois
Dès mai 2026, Bangkok avait pris une première mesure symbolique en réduisant de 60 à 30 jours la durée des séjours sans visa pour les touristes en provenance de plus de 90 pays. Cette décision faisait suite à une série de débordements et visait officiellement à lutter contre la criminalité. Les autorités avaient justifié ce choix par la nécessité de « préserver la sécurité et les valeurs culturelles thaïlandaises », selon le Premier ministre conservateur Anutin Charnvirakul, dont le gouvernement a approuvé ces mesures en juillet 2026.
Le texte publié dans la Gazette royale formalise désormais l’expulsion des étrangers condamnés, même après avoir purgé leur peine. « La Thaïlande a pour politique d’accueillir les étrangers souhaitant voyager, travailler ou faire des affaires, a rappelé le gouvernement dans un communiqué. Il a cependant été constaté que certains étrangers n’agissent pas conformément à la loi ou aux coutumes de notre peuple. » Cette phrase résume l’esprit des nouvelles règles : l’accueil oui, mais sous conditions strictes.
Un équilibre difficile entre attractivité touristique et fermeté
Ce durcissement intervient alors que le royaume d’Asie du Sud-Est mise sur le tourisme pour relancer son économie après plusieurs années marquées par la pandémie. Pourtant, les incivilités à répétition ont fini par exaspérer la population et les autorités. Les réseaux sociaux thaïlandais regorgent de vidéos montrant des touristes se livrant à des comportements jugés inacceptables, comme des rodéos de scooters en centre-ville ou des scènes de violence lors de soirées.
Pourtant, le défi est de taille : comment concilier fermeté et attractivité ? Le tourisme représente une manne financière indispensable pour des millions de Thaïlandais, notamment dans les régions côtières comme Phuket ou Koh Samui. Une baisse trop brutale du nombre de visiteurs pourrait fragiliser une économie locale déjà mise à rude épreuve ces dernières années.
Les autorités semblent conscientes de ce paradoxe. Dans son communiqué, le gouvernement a tenu à rassurer : « Nous ne sommes pas radins avec les touristes respectueux des règles. » Mais pour ceux qui enfreignent la loi, les conséquences seront désormais immédiates.
Reste à voir si cette stratégie portera ses fruits. Une chose est sûre : pour les touristes « à problèmes », la Thaïlande ne sera plus un pays où l’impunité est de mise. Quant aux autres, ils devront désormais composer avec un cadre légal et culturel plus strict que par le passé.
Les nouvelles règles concernent notamment le dépassement de visa, le travail illégal, l’exploitation frauduleuse d’entreprises, l’usage de faux documents ou toute infraction passible d’au moins cinq ans de prison, selon le texte officiel publié dans la Gazette royale.
Le gouvernement thaïlandais table sur l’arrivée de 33,5 millions de touristes étrangers en 2026, un chiffre stable par rapport à 2025, où 33 millions de visiteurs avaient été enregistrés.