La Thaïlande durcit sa politique à l’encontre des visiteurs étrangers dont le comportement est jugé problématique. Selon le Figaro, le gouvernement thaïlandais a adopté un cadre réglementaire visant à faciliter et accélérer l’expulsion des étrangers considérés comme indésirables. Cette mesure, entrée en vigueur le 28 août 2026, s’inscrit dans une volonté de préserver l’ordre public et les bonnes mœurs du pays.
Ce qu'il faut retenir
- Le nouveau règlement, publié le 27 août dans la Royal Gazette, permet au ministre de l’Intérieur d’engager une procédure d’expulsion pour tout comportement jugé préjudiciable à l’ordre public ou aux bonnes mœurs.
- Les touristes français, comme les autres visiteurs, pourront être expulsés pour troubles, irrespect envers la culture locale ou infraction grave.
- Six catégories de situations sont ciblées, dont le travail illégal, l’exploitation frauduleuse d’entreprises ou l’utilisation de faux documents.
- La durée du séjour sans visa pour les Français sera réduite de 60 à 30 jours, mais cette mesure n’est pas encore applicable.
- Le gouvernement thaïlandais privilégie désormais une politique de « Value over Volume », axée sur la qualité des visiteurs plutôt que leur quantité.
Un cadre légal plus strict pour les touristes en infraction
Le texte, signé par le Premier ministre Anutin Charnvirakul, offre une marge d’appréciation importante aux autorités. Il permet au ministre de l’Intérieur d’engager une procédure d’expulsion si un étranger adopte un comportement portant atteinte à l’ordre public, aux bonnes mœurs ou au bien-être de la population thaïlandaise. Cette formulation volontairement large laisse aux services concernés une grande latitude pour apprécier les situations.
Le ministre du Tourisme, Surasak Phancharoenworakul, a précisé les contours de cette politique. Les visiteurs provoquant des troubles, menaçant des habitants ou enfreignant les lois locales pourront voir leur droit de séjour révoqué, être expulsés, voire se voir interdire un retour dans le pays. Le ministère promet une application de « tolérance zéro », en coordination avec la police touristique et les services de l’immigration.
Six cas d’expulsion clairement identifiés
Le nouveau règlement cible six catégories précises de comportements. Sont concernés les étrangers séjournant illégalement, ceux travaillant sans autorisation ou exploitant illégalement une entreprise, ainsi que les auteurs de faux documents officiels. Les personnes condamnées pour des infractions passibles d’au moins cinq années de prison figurent également dans cette liste. Les complices ou instigateurs de ces infractions peuvent aussi être visés.
Pour les étrangers condamnés, les autorités pénitentiaires doivent transmettre leur dossier au ministère de l’Intérieur avant leur libération, afin d’organiser leur expulsion dès leur sortie de prison. Cette mesure vise à éviter tout séjour prolongé après une condamnation.
Une réaction aux incidents répétés dans les destinations touristiques
Ce durcissement n’est pas isolé. Depuis plusieurs mois, les médias thaïlandais rapportent régulièrement des incidents impliquant des touristes étrangers, notamment dans des zones très fréquentées comme Phuket, Pattaya ou Koh Samui. En juillet 2026, un touriste américain a été arrêté à l’aéroport de Bangkok alors qu’il s’apprêtait à quitter le pays. Il était accusé d’avoir frappé un employé après un différend concernant la location de jet-skis à Phuket.
Sur l’île de Koh Samui, les autorités ont intensifié leurs contrôles contre les étrangers soupçonnés d’utiliser des prête-noms thaïlandais pour exploiter illégalement des hôtels, des sociétés ou des biens immobiliers. Ces exemples illustrent la volonté des autorités de mettre un terme aux abus commis par certains visiteurs.
La Thaïlande passe d’une logique de volume à une logique de valeur
Ce virage réglementaire s’inscrit dans une stratégie plus large du gouvernement thaïlandais. Après avoir enregistré 32,97 millions d’arrivées internationales en 2025, la Tourism Authority of Thailand table sur environ 33 millions de touristes en 2026. Mais l’objectif n’est plus seulement d’attirer un maximum de visiteurs, comme en témoigne le slogan « Value over Volume ». Il s’agit désormais de privilégier la qualité des touristes plutôt que leur nombre, afin de générer une valeur économique plus durable et respectueuse des populations locales.
Cette approche vise aussi à améliorer l’image du pays, souvent ternie par des comportements inappropriés de certains visiteurs. La Thaïlande cherche ainsi à concilier attractivité touristique et préservation de son patrimoine culturel et social.
Les Français concernés par la réduction de la durée du séjour sans visa
Autre volet de ce tour de vis : la Thaïlande a décidé de raccourcir la durée du séjour sans visa pour de nombreuses nationalités, dont la France. Le principe d’un passage de 60 à 30 jours a été approuvé par le gouvernement. Cependant, cette mesure n’est pas encore entrée en vigueur.
Les textes du ministère de l’Intérieur doivent encore être publiés dans la Royal Gazette, et la nouvelle réglementation ne s’appliquera que quinze jours après cette publication. En attendant, l’exemption actuelle de 60 jours reste valable pour les voyageurs français. Il faudra donc patienter avant de savoir si cette réduction sera effective à court terme.
Rappel des bonnes pratiques pour les voyageurs
Pour la grande majorité des touristes, cette évolution réglementaire ne change pas grand-chose. Respecter la durée autorisée de séjour et les lois locales reste la règle d’or pour éviter tout problème. Comme le rappelle le ministère du Tourisme, un billet d’avion n’accorde pas tous les droits. La Thaïlande souhaite rappeler que son hospitalité légendaire s’accompagne d’attentes en matière de respect et de civisme.
Les autorités thaïlandaises insistent sur l’importance de se familiariser avec les coutumes locales avant de visiter le pays. Des guides et des conseils sont disponibles pour éviter les malentendus ou les comportements inappropriés, souvent à l’origine des incidents les plus graves.
Ce durcissement reflète une tendance plus large en Asie du Sud-Est, où plusieurs destinations touristiques cherchent à mieux contrôler l’afflux de visiteurs et à améliorer leur image. La Thaïlande, première destination de la région, montre ainsi l’exemple en matière de gestion des flux touristiques et de préservation de son environnement culturel et social.
Les motifs incluent le séjour illégal, le travail sans autorisation, l’exploitation frauduleuse d’une entreprise, l’utilisation de faux documents, les infractions graves passibles d’au moins cinq années de prison, ainsi que les comportements portant atteinte à l’ordre public ou aux bonnes mœurs. Les complices ou instigateurs de ces infractions peuvent aussi être concernés.
Non, cette mesure n’est pas encore applicable. Les textes officiels doivent encore être publiés dans la Royal Gazette, et la nouvelle réglementation n’entrera en vigueur que quinze jours après cette publication. En attendant, les Français bénéficient toujours d’un séjour sans visa de 60 jours.