Le retour de Star Wars au cinéma avec The Mandalorian and Grogu s’est soldé par un échec retentissant aux États-Unis, selon Numerama. Pour son deuxième week-end d’exploitation, le film n’a engrangé que 25 millions de dollars, enregistrant une chute abyssale de 69 % par rapport au premier week-end. Ce résultat place The Mandalorian and Grogu comme le pire lancement de la franchise depuis des décennies, dépassant même le flop de Solo : A Star Wars Story en 2018.

Ce qu'il faut retenir

  • Le film a rapporté 25 millions de dollars lors de son deuxième week-end aux États-Unis, en chute de 69 % par rapport au premier.
  • Ce score représente le pire démarrage de l’histoire de la franchise, devant Les Derniers Jedi (-67,5 %).
  • Sept ans après la fin de la postlogie, Lucasfilm misait sur une valeur sûre : Din Djarin et Grogu, mais le public n’a pas suivi.
  • Deux films indépendants, Backrooms et Obsession, ont surpassé The Mandalorian and Grogu au box-office, illustrant un changement des attentes du public.

Un retour attendu, mais un échec cuisant

Sept ans après la conclusion chaotique de la postlogie de Star Wars en 2019, Lucasfilm et Disney espéraient un retour triomphal avec The Mandalorian and Grogu. Le studio avait choisi de capitaliser sur les personnages emblématiques de la série Disney+ : Din Djarin, interprété par Pedro Pascal, et Grogu, l’adorable « Bébé Yoda ». Pourtant, ce pari s’est transformé en désaveu public immédiat, selon Numerama.

Le bilan est sans appel : non seulement le film réalise des scores inférieurs à ceux de Solo en 2018, mais il enregistre également le pire plongeon de l’histoire de la franchise. Le deuxième week-end aux États-Unis a vu les recettes chuter de 69 %, un effondrement bien plus marqué que celui des Derniers Jedi (-67,5 %). Un résultat qui pose question sur la santé de la licence.

L’indifférence du public, pire que la critique

Comme l’explique Numerama, le problème ne réside pas dans une aversion marquée des spectateurs, mais dans une indifférence généralisée. Le film n’est pas « fondamentalement mauvais », mais il manque cruellement d’ambition. Après sept ans d’attente, les fans espéraient une œuvre à la hauteur des enjeux, comme Rogue One, et non une aventure simpliste et répétitive, comparable à un simple épisode étiré de la série. « On ne peut pas priver le public de cinéma pendant sept ans pour revenir avec une intrigue basique », souligne l’analyse de Numerama.

Ce choix créatif s’inscrit dans une tendance plus large : celui du remplissage. Après le traumatisme de L’Ascension de Skywalker ( Épisode IX ), Lucasfilm devait proposer une œuvre forte, capable de redonner confiance aux fans. Au lieu de cela, le studio a livré une histoire sans envergure, proche de la tiédeur de Han Solo, un autre échec marquant de la franchise.

Les indépendants s’imposent face aux géants

Alors que Star Wars peine en salles, deux films indépendants ont prouvé que le public cherche avant tout de la nouveauté. Backrooms, produit par A24 pour seulement 10 millions de dollars, a réalisé un démarrage historique avec 81,5 millions de dollars dès son premier week-end, s’emparant de la première place du box-office. Réalisé par Kane Parsons, le film adapté du mème internet a ainsi terrassé la concurrence, y compris celle de Disney.

Autre surprise : Obsession, un thriller d’horreur, maintient une dynamique exceptionnelle. Après trois semaines en salles, il continue d’augmenter ses recettes (+10 %), cumulant 26,4 millions de dollars. Il devance ainsi The Mandalorian and Grogu, relégué à la troisième place. Ces performances illustrent un phénomène plus large : les studios indépendants savent capter les attentes du jeune public, là où les majors peinent à innover.

« Ce phénomène en dit long sur la santé du cinéma actuel. Les maisons de production indépendantes ont su se remuer les méninges et capter les attentes du public, tandis que Disney gère mal ses licences historiques. »
— Numerama

Un échec qui interroge l’avenir de Star Wars

Ce revers commercial pour The Mandalorian and Grogu intervient dans un contexte déjà tendu pour la franchise. Après l’échec critique et public de la postlogie (trilogie Sequels ), Lucasfilm doit désormais se réinventer. Le studio mise sur des projets ambitieux, comme la série Star Wars: Dawn of the Jedi, prévue pour 2027, ou des films dérivés centrés sur des personnages secondaires. Pourtant, ce nouvel échec rappelle que la confiance du public, une fois perdue, est difficile à regagner.

Selon Numerama, l’indifférence des spectateurs face à The Mandalorian and Grogu n’est pas un simple raté commercial, mais un symptôme plus profond. Les fans attendent des récits originaux et audacieux, pas des produits dérivés étirés. Bref, l’ère du remplissage semble révolue, et les studios qui ne l’ont pas compris risquent de payer le prix fort.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront décisifs pour Lucasfilm. Le studio devra non seulement relancer l’engouement autour de Star Wars, mais aussi prouver qu’il peut se passer du soutien des personnages iconiques comme Din Djarin ou Grogu. Une refonte de la stratégie cinématographique, avec des projets plus risqués et moins formatés, pourrait s’avérer nécessaire. Pour l’heure, Disney n’a pas communiqué sur d’éventuelles modifications de son planning. Reste à voir si le prochain film de la franchise, attendu pour fin 2026, parviendra à inverser la tendance.

Ce revers rappelle également que le paysage cinématographique est en pleine mutation. Les succès de Backrooms et Obsession montrent que les studios indépendants, avec des budgets maîtrisés, peuvent rivaliser avec les géants du secteur. Pour Disney, la leçon est claire : il ne suffit plus de miser sur des licences établies pour garantir le succès. L’innovation et l’audace restent les clés pour captiver un public de plus en plus exigeant.