D'après France 24, la thèse selon laquelle la majorité des victimes des événements de la place Tiananmen, le 4 juin 1989, seraient des soldats tués par les manifestants est infirmée par les archives officielles du gouvernement chinois. Ces documents, longtemps inaccessibles au public, révèlent une réalité bien différente.

Ce qu'il faut retenir

  • Les archives chinoises indiquent que la majorité des victimes du 4 juin 1989 étaient des civils, et non des militaires.
  • Les chiffres officiels chinois, longtemps contestés, font état de 200 à 300 soldats tués lors des affrontements, contre plusieurs centaines de civils.
  • Les manifestants n’étaient pas armés et les violences ont été déclenchées par l’intervention de l’armée, selon les mêmes sources.
  • La répression a fait entre plusieurs centaines et plus de 1 000 morts, selon les estimations, dont une grande partie parmi les civils.

Des archives chinoises qui contredisent la version officielle pro-gouvernement

Depuis des années, des internautes et médias pro-gouvernementaux chinois avancent que les soldats auraient été les principales victimes des violences du 4 juin 1989 à Pékin. Selon cette thèse, les manifestants, alors en pleine contestation pro-démocratie, auraient tué un grand nombre de militaires lors d’affrontements. Pourtant, les archives rendues publiques par les autorités chinoises depuis 2020 – et analysées par France 24 – démontrent l’inverse.

Ces documents, longtemps classifiés, révèlent que sur les plusieurs centaines de morts dénombrés, la majorité étaient des civils. Les chiffres officiels chinois, bien que toujours considérés comme partiels et contestés par les organisations de défense des droits humains, font état de 200 à 300 soldats tués lors des opérations militaires, contre plusieurs centaines de civils. Un bilan qui infirme totalement la thèse d’une majorité de victimes militaires.

Un bilan humain longtemps minimisé et contesté

Le nombre exact de victimes des événements de Tiananmen reste un sujet de débat international. Les estimations varient considérablement : entre 200 et plus de 1 000 morts, selon les sources. Les organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International ou Human Rights Watch, estiment que plusieurs centaines de civils ont été tués lors de la répression militaire. Les archives chinoises, bien que partielles, confirment cette tendance.

« Les manifestants étaient majoritairement désarmés et pacifiques », a rappelé un historien spécialiste de la Chine, cité par France 24. « L’intervention de l’armée, avec l’utilisation de chars et d’armes à feu, a transformé une mobilisation étudiante en une tragédie humaine. » Les documents confirment également que les soldats tués l’ont été principalement lors d’affrontements avec d’autres militaires ou des miliciens locaux, et non par les manifestants.

La propagande d’État face à la réalité des archives

Malgré ces révélations, la version officielle chinoise, toujours en vigueur aujourd’hui, continue de présenter les événements sous un angle radicalement différent. Les médias d’État et les comptes pro-gouvernementaux sur les réseaux sociaux persistent à affirmer que les soldats auraient été les principales victimes, justifiant ainsi la répression par la « défense de l’ordre public ». Cette narration, largement diffusée en Chine, vise à discréditer le mouvement pro-démocratie de 1989.

Pourtant, les archives chinoises, bien que partielles et filtrées, apportent des éléments concrets qui contredisent cette version. « Les rapports militaires internes mentionnent clairement des pertes civiles importantes », souligne un chercheur interrogé par France 24. « Même si ces documents ne donnent pas le chiffre exact, ils confirment que la majorité des victimes étaient des civils. »

Et maintenant ?

La publication de ces archives, bien que limitée, pourrait relancer le débat sur la réhabilitation des victimes de Tiananmen en Chine. Pour l’instant, le gouvernement chinois maintient sa version officielle et interdit toute commémoration publique des événements. Les prochaines grandes échéances, comme le 37e anniversaire des événements en 2026, devraient voir une nouvelle fois les autorités renforcer la censure autour de ce sujet sensible. Reste à voir si ces révélations, aussi partielles soient-elles, pourraient, à terme, influencer la perception publique en Chine.

En attendant, les familles des victimes, pour la plupart réduites au silence, continuent de réclamer justice et vérité. Les organisations de défense des droits humains appellent à une reconnaissance officielle des responsabilités, sans laquelle le processus de réconciliation restera impossible.