Depuis trois jours, les deux journalistes français Gaël Mocaër et Sébastien Perez Pezzani, ainsi que leur fixeur Fred Vedomey, sont placés en détention provisoire par les autorités togolaises pour « fausses déclarations », selon Euronews FR.
Reporters sans Frontière (RSF) a dénoncé une procédure « injustifiée que disproportionnée » et a demandé leur libération immédiate. L'organisation est particulièrement inquiète pour l'état de santé de l'un des deux journalistes, Sébastien Perez Pezzani, qui souffre d'une maladie et risque une septicémie, comme le précise Patrice Lucchini, directeur général de Tony Comiti Production.
Ce qu'il faut retenir
- Les deux journalistes français et leur fixeur sont détenus pour « fausses déclarations » depuis trois jours.
- RSF dénonce une procédure « injustifiée que disproportionnée » et demande leur libération immédiate.
- L'état de santé de Sébastien Perez Pezzani suscite des inquiétudes, il risque une septicémie.
Les faits
Gaël Mocaër, Sébastien Perez Pezzani et Fred Vedomey ont été interpellés le 27 juillet alors qu'ils filmaient un marché situé à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec le Bénin, dans la région de Kara. Arrêtés pour « espionnage » selon les autorités togolaises, ils ont ensuite été libérés sous l'ordre d'un juge qui n'a trouvé aucun élément compromettant dans leurs images.
Cependant, ils ont été interpellés de nouveau le même jour puis ont été transférés vers Lomé, le 4 août, avant d'être placés en détention et inculpés le 17 août, a révélé le média L'Alternative. RSF assure qu'ils sont entrés dans le pays après avoir fait une demande de visa de travail et disposaient d'une autorisation de tournage délivrée par le ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts pour l'émission documentaire « Les routes de l'impossible ».
Liberté de la presse et défis sécuritaires
Ce dossier s'inscrit dans un climat particulièrement tendu pour la presse internationale au Togo. Depuis juin 2025, RFI et France 24 y sont réduites au silence après leur suspension par le pouvoir local, qui les accuse d'avoir relayé des informations « inexactes et tendancieuses » en marge de contestations populaires. À ce jour, aucun des deux médias n'a pu reprendre ses diffusions dans le pays, selon l'AFP.
La situation de la liberté de la presse suscite régulièrement l’inquiétude des organisations de défense des journalistes. L'épisode marquant de 2024 en témoigne : le reporter français Thomas Dietrich, envoyé par « Afrique XXI », avait été interpellé en pleine couverture des manifestations. Condamné à six mois de prison avec sursis, il avait ensuite été reconduit à la frontière.
Le sort de ces journalistes soulève des inquiétudes sur la liberté de la presse et les conditions de travail des journalistes dans des pays où la liberté d'expression est restreinte. Les organisations de défense des droits de l'homme et des journalistes suivront de près cette affaire, exhortant les autorités à garantir la sécurité et la liberté des professionnels des médias.