Le président de l’Union Bordeaux Bègles (UBB), Laurent Marti, s’est exprimé publiquement ce vendredi sur la situation préoccupante de son joueur sud-africain Jean-Luc du Preez, dont l’avenir sportif est désormais incertain. Selon Le Figaro, Marti a confié son inquiétude quant à l’avenir du troisième-ligne, victime de plusieurs commotions cérébrales depuis le début de l’année. « J’ai de gros doutes, mais il y a des experts médicaux pour ça… Si c’était mon fils, je lui demanderais d’arrêter parce que j’ai très peur », a-t-il déclaré.
Ce qu'il faut retenir
- Jean-Luc du Preez, international sud-africain (30 ans, 14 sélections), n’a plus joué depuis mi-janvier en raison de commotions cérébrales à répétition.
- Laurent Marti, président de l’UBB, a exprimé ses craintes quant à la possibilité d’une fin de carrière pour son joueur, évoquant une décision qui pourrait s’imposer pour des raisons médicales.
- Les examens et avis des spécialistes sont attendus dans les prochaines semaines pour déterminer l’avenir professionnel de du Preez.
- L’UBB craint une « grosse perte » si le joueur devait mettre un terme à sa carrière, celui-ci étant perçu comme un élément clé pour le pack bordelais.
- Cette situation intervient dans un contexte où les commotions cérébrales dans le rugby professionnel font l’objet d’une attention accrue, tant sur le plan médical que médiatique.
- À Bayonne, un autre cas similaire s’est soldé par l’arrêt de carrière de Baptiste Chouzenoux, contraint de raccrocher après un dernier KO en avril.
Une recrue phare contrainte à l’arrêt
Recruté à l’été 2025 avec l’étiquette de « recrue phare » pour renforcer le pack de l’UBB, finaliste du Top 14 la saison précédente et double champion d’Europe en titre, Jean-Luc du Preez n’a disputé que trois matchs sous le maillot bordelais. Son dernier match remonte à la mi-janvier, et depuis, son indisponibilité s’est prolongée en raison de problèmes de santé persistants. Selon Laurent Marti, « ce serait une grosse perte pour nous parce que c’est typiquement le joueur qui nous aurait fait beaucoup de bien ».
L’ancien Springbok, habitué aux sélections en équipe nationale, incarne pourtant le profil recherché par les clubs français : une densité physique rare et une expérience internationale. Pourtant, son parcours bordelais s’est rapidement heurté à une réalité médicale alarmante. Les commotions cérébrales, lorsqu’elles se répètent, exposent les joueurs à des risques accrus de séquelles à long terme, un enjeu désormais central dans le débat sur la santé des athlètes dans les sports de contact.
Des craintes partagées par le président bordelais
Interrogé par Sud-Ouest puis relayé par Le Figaro, Laurent Marti a livré un témoignage rare sur les dilemmes éthiques et sportifs auxquels sont confrontés les clubs. « Si c’était mon fils, je lui demanderais d’arrêter parce que j’ai très peur », a-t-il expliqué, soulignant l’ampleur de ses craintes. Le président bordelais a toutefois précisé qu’aucune décision définitive n’avait encore été prise, insistant sur le rôle des experts médicaux dans l’évaluation de l’état de santé du joueur.
Pour l’UBB, la situation de du Preez illustre les tensions croissantes entre la performance sportive et la préservation de la santé des athlètes. Dans un sport où la violence et les impacts répétés font partie intégrante du jeu, les clubs doivent désormais composer avec des protocoles médicaux de plus en plus stricts et des pressions sociales accrues. La question n’est plus seulement sportive, mais aussi éthique : jusqu’où doit-on aller pour la victoire ?
Un contexte médical sous haute tension
Les commotions cérébrales dans le rugby professionnel ne sont pas un phénomène isolé. Ces dernières années, plusieurs cas emblématiques ont mis en lumière les dangers de ces traumatismes, entraînant parfois des arrêts de carrière forcés. À l’UBB même, la saison a été marquée par d’autres blessures lourdes, comme celle de Ben Tameifuna, opéré de l’épaule en cours de saison, ou celle de Romain Buros, victime d’une rupture des ligaments croisés. Autant dire que le club girondin traverse une période particulièrement difficile sur le plan médical.
La situation de du Preez s’inscrit donc dans un contexte plus large, où la Ligue nationale de rugby (LNR) et les instances fédérales renforcent leurs protocoles de gestion des commotions. Les joueurs sont désormais soumis à des tests obligatoires et à des périodes de repos strictes en cas de suspicion de traumatisme crânien. Pourtant, malgré ces avancées, les cas de commotions répétées restent une réalité, comme en témoigne l’arrêt de Baptiste Chouzenoux à Bayonne. Le troisième-ligne basque, âgé de 32 ans, a décidé de mettre un terme à sa carrière après avoir subi un dernier KO le 18 avril face à Pau. Cette saison, il n’aura disputé que sept matchs avant de prendre cette décision difficile.
« À un an de la fin de son contrat avec le club basque, le troisième-ligne de 32 ans a pris la décision de raccrocher les crampons pour préserver sa santé. » — Le Figaro
Quelles suites pour l’UBB et pour du Preez ?
Pour l’UBB, les prochaines semaines seront décisives. Les résultats des examens médicaux de Jean-Luc du Preez, ainsi que l’avis des spécialistes consultés par le club, détermineront la suite à donner à son contrat. Si l’hypothèse d’un arrêt de carrière venait à se confirmer, le club devra se réorganiser rapidement, d’autant que la compétition s’annonce serrée en Top 14. Le mercato estival pourrait alors devenir une priorité pour Laurent Marti et son staff.
Côté joueur, la décision finale appartiendra à du Preez, mais elle sera nécessairement influencée par les avis médicaux et les conseils de son entourage. Son profil de joueur international pourrait également ouvrir d’autres perspectives, notamment en Afrique du Sud, où les clubs de Super Rugby ou les franchises des Stormers ou des Sharks pourraient lui proposer un nouveau départ. Cependant, tout dépendra de son état de santé et de sa capacité à retrouver un niveau compétitif.
En attendant, l’UBB devra composer avec cette incertitude, tout en espérant que son joueur phare puisse un jour retrouver les terrains. Pour du Preez, l’enjeu n’est pas seulement sportif, mais bien de préserver sa santé sur le long terme. Une décision qui, dans tous les cas, marquera la fin d’un chapitre de sa carrière.
Les commotions cérébrales répétées exposent les joueurs à des risques accrus de séquelles neurologiques à long terme, comme le syndrome du second impact, qui peut entraîner des troubles cognitifs, des problèmes de mémoire ou, dans les cas les plus graves, des handicaps permanents. Ces risques ont conduit les instances médicales et sportives à renforcer les protocoles de protection des athlètes.
La question est régulièrement évoquée, notamment lors des négociations entre la Ligue nationale de rugby (LNR) et les syndicats de joueurs. Des mesures comme l’augmentation des sanctions pour plaquages dangereux ou l’obligation de tests supplémentaires pourraient être étudiées dans les prochains mois, mais aucune décision n’a encore été officialisée.