Le groupe énergétique français TotalEnergies intensifie sa stratégie de transition énergétique en accélérant le développement de ses activités dans les énergies renouvelables, selon BFM Business. Cette orientation s’inscrit dans un contexte de pression croissante des régulateurs et des investisseurs en faveur de la décarbonation, mais aussi d’opportunités économiques liées à la demande mondiale en solutions vertes.
Ce qu'il faut retenir
- TotalEnergies porte à 10 milliards d’euros par an ses investissements dans les énergies renouvelables, soit une hausse de 50 % par rapport à 2024.
- Le groupe mise sur l’éolien offshore et le solaire, avec des projets en cours au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Afrique.
- L’objectif affiché est de porter la part des énergies renouvelables dans son portefeuille à 35 % d’ici 2030, contre 20 % actuellement.
- Cette stratégie s’accompagne d’un recentrage partiel sur les activités traditionnelles, comme le pétrole et le gaz, jugées encore rentables à moyen terme.
Un plan d’investissement revu à la hausse pour concilier croissance et transition
TotalEnergies a annoncé une révision à la hausse de son budget annuel dédié aux énergies renouvelables, le portant à 10 milliards d’euros pour les prochaines années, contre 6,5 milliards en 2025, comme le rapporte BFM Business. Cette augmentation reflète une volonté de rattraper le retard accumulé face à ses concurrents, notamment européens et américains, qui ont déjà massivement investi dans le solaire et l’éolien. Le groupe mise en priorité sur l’éolien offshore, avec des projets phares en mer du Nord et en Méditerranée, ainsi que sur le solaire, où il détient déjà une capacité installée de 12 gigawatts.
Parallèlement, TotalEnergies maintient ses investissements dans les énergies fossiles, bien que de manière plus sélective. « Nous ne tournons pas le dos au pétrole et au gaz, mais nous ciblons les projets les plus rentables et les moins émetteurs », a indiqué le directeur général Patrick Pouyanné lors d’une conférence de presse à Paris le 1er août 2026. Cette approche « hybride » vise à assurer la rentabilité financière tout en répondant aux exigences climatiques.
Des cibles ambitieuses pour 2030, mais des défis persistants
L’objectif de TotalEnergies est d’atteindre 35 % d’énergies renouvelables dans son mix énergétique d’ici 2030, un chiffre qui reste inférieur à ceux affichés par des concurrents comme Ørsted (Danemark) ou NextEra Energy (États-Unis), qui visent plus de 70 %. Pour y parvenir, le groupe compte sur des partenariats stratégiques, notamment avec des acteurs locaux, et sur l’acquisition de start-up spécialisées dans les technologies vertes. « Nous cherchons à innover, par exemple dans le stockage d’énergie ou l’hydrogène vert, des secteurs où la compétition est féroce », a précisé Pouyanné.
Cependant, des obstacles subsistent. Les coûts d’investissement restent élevés, et certains projets pourraient être retardés en raison des incertitudes réglementaires, notamment en Europe où les délais d’obtention des permis s’allongent. « Le cadre politique est crucial : sans stabilité, les investisseurs hésitent », a souligné un analyste du secteur, cité par BFM Business.
Cette accélération dans les renouvelables marque une étape importante pour TotalEnergies, mais son succès dépendra de sa capacité à concilier ambition climatique et rentabilité économique. Reste à voir si le groupe parviendra à tenir ses promesses sans compromettre sa position sur les marchés traditionnels.
En 2026, TotalEnergies met l’accent sur trois grands projets : le développement de parcs éoliens offshore au Royaume-Uni (capacité prévue de 1,5 gigawatts), l’extension de ses centrales solaires en Inde et au Moyen-Orient, et le lancement d’une première usine de production d’hydrogène vert en France. Ces projets s’ajoutent à des acquisitions récentes dans le stockage d’énergie, comme l’achat de la start-up britannique GridEdge en juin 2026.
Le groupe justifie cette stratégie par la nécessité de générer des cash-flows stables pour financer ses investissements dans les renouvelables. Selon Patrick Pouyanné, « le pétrole et le gaz restent des énergies indispensables dans certaines régions du monde, et leur rentabilité permet de financer la transition ». Cependant, TotalEnergies se concentre sur les projets les moins polluants, comme les gisements offshore en mer du Nord ou les projets de capture de CO₂.