Selon Le Monde, la major pétrolière française TotalEnergies a procédé à un désengagement partiel de ses actifs russes, tout en conservant des intérêts stratégiques dans le pays. L’entreprise a cédé sa participation dans le projet Arctic LNG 2, situé dans le Grand Nord russe, mais reste actionnaire de deux autres entités clés : le groupe Novatek, deuxième producteur de gaz russe, et l’usine de liquéfaction Yamal LNG, située en Sibérie occidentale.

Ce qu'il faut retenir

  • TotalEnergies a vendu sa participation dans le projet Arctic LNG 2, un terminal gazier en construction dans l’Arctique russe.
  • L’entreprise conserve une participation dans Novatek, le principal partenaire du projet Arctic LNG 2.
  • TotalEnergies reste également actionnaire de Yamal LNG, une usine de liquéfaction de gaz opérationnelle en Sibérie.
  • Ce recentrage intervient dans un contexte de pression géopolitique et de sanctions internationales contre la Russie.

Un désengagement partiel des actifs russes

TotalEnergies a officialisé, selon Le Monde, la cession de sa part dans le projet Arctic LNG 2, un mégaprojet gazier situé sur la péninsule de Gydan, en Russie. Ce terminal, dont la production est prévue à partir de 2027, devait initialement s’inscrire dans la stratégie d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) de Moscou vers l’Asie et l’Europe. La cession de cette participation marque une réduction de l’exposition directe du groupe français au gaz russe, un marché marqué par des tensions géopolitiques persistantes.

Pour autant, ce désengagement ne signifie pas un retrait total. TotalEnergies conserve une présence indirecte via sa participation dans Novatek, dont elle détient environ 19,4 % du capital. Novatek, contrôlé par le milliardaire russe Leonid Mikhelson, est le principal actionnaire du projet Arctic LNG 2, aux côtés de partenaires chinois et japonais.

Des intérêts maintenus dans deux projets clés

Au-delà d’Arctic LNG 2, TotalEnergies reste impliquée dans deux autres projets majeurs en Russie. L’entreprise détient une participation de 20 % dans Yamal LNG, une usine de liquéfaction de gaz située à Sabetta, en Sibérie, opérationnelle depuis 2017. Ce site, exploité en partenariat avec Novatek et des acteurs chinois, produit chaque année plusieurs millions de tonnes de GNL, principalement destinées à l’export.

Par ailleurs, TotalEnergies conserve des intérêts dans d’autres actifs russes, notamment dans le secteur pétrolier, où elle est partenaire de projets comme Kharyaga, un champ pétrolier dans le nord de la Russie. Ces participations, bien que réduites, illustrent la volonté du groupe de maintenir une présence minimale dans un pays sous sanctions internationales, tout en limitant les risques juridiques et financiers.

Un contexte géopolitique et économique tendu

Cette stratégie de désengagement partiel s’inscrit dans un environnement marqué par la guerre en Ukraine et les sanctions occidentales contre la Russie. Depuis 2022, l’Union européenne a progressivement réduit ses importations de gaz russe, tandis que les États-Unis et leurs alliés ont imposé des restrictions à l’exportation de technologies énergétiques vers Moscou. Dans ce cadre, TotalEnergies, comme d’autres majors européennes, a dû adapter sa stratégie pour se conformer aux réglementations tout en préservant ses actifs.

Selon des analystes cités par Le Monde, ce recentrage pourrait également refléter une volonté de limiter les risques réputationnels. Plusieurs entreprises occidentales ont été critiquées pour leur maintien de leurs activités en Russie, accusées de financer indirectement l’effort de guerre russe. TotalEnergies, qui avait déjà réduit ses investissements dans le pays après l’invasion de l’Ukraine, semble privilégier une approche progressive.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes pour TotalEnergies dépendront en grande partie de l’évolution des sanctions internationales et des relations entre l’Europe et la Russie. Le groupe pourrait être amené à réévaluer ses participations restantes si les pressions géopolitiques s’intensifient. Par ailleurs, la mise en service d’Arctic LNG 2, initialement prévue pour 2027, pourrait être retardée en raison des sanctions technologiques imposées à la Russie. Une décision définitive sur le maintien ou non des autres actifs russes n’a pas encore été annoncée par la direction de TotalEnergies.

Cette stratégie de désengagement progressif illustre les défis auxquels sont confrontées les entreprises occidentales dans un contexte de guerre et de sanctions. Entre impératifs économiques et pressions géopolitiques, les majors énergétiques doivent sans cesse ajuster leur présence pour concilier rentabilité et conformité aux réglementations internationales.

Selon nos confrères du Monde, ce désengagement s’inscrit dans le cadre d’une réduction de l’exposition du groupe aux actifs russes, dans un contexte de sanctions internationales et de pression géopolitique. TotalEnergies a également indiqué vouloir limiter les risques juridiques et financiers liés à ses activités en Russie.