L’équipe espagnole Caja Rural-RGA, évoluant en deuxième division du cyclisme professionnel masculin, participera pour la première fois de son histoire au Tour de France 2026. Une annonce rendue publique fin janvier par les organisateurs de la Grande Boucle, qui a suscité des débats dans le milieu cycliste. En effet, cette invitation a été accordée au détriment de l’équipe française Unibet Rose Rockets, basée depuis 2025 sous pavillon tricolore. Selon Franceinfo - Sport, ce choix s’appuie sur des critères sportifs précis, notamment un classement UCI plus favorable en 2025 pour Caja Rural.
Ce qu'il faut retenir
- Première participation : Caja Rural-RGA disputera le Tour de France pour la première fois de son histoire en 2026, après avoir reçu l’une des deux invitations officielles délivrées par les organisateurs.
- Exclusion d’Unibet Rose Rockets : L’équipe française, forte de recrues prestigieuses comme Dylan Groenewegen, Victor Lafay et Wout Poels, n’a pas été retenue malgré ses ambitions affichées.
- Critères de sélection : Caja Rural-RGA termine 23e au classement UCI 2025, devant Unibet Rose Rockets (24e), grâce à la disparition de l’équipe Arkéa-B&B Hôtels et à la fusion entre Lotto et Intermarché.
- Contexte espagnol : Le Grand Départ du Tour 2026, prévu à Barcelone, offre une occasion symbolique à l’équipe, dont le leader Abel Balderstone est originaire de Catalogne.
- Objectifs affichés : Caja Rural-RGA vise des performances en montagne et une victoire d’étape, s’inspirant de son passé sur la Vuelta où elle a remporté des classements et des étapes.
Cette décision des organisateurs, annoncée fin janvier, intervient après une saison 2025 marquée par des performances notables pour Caja Rural-RGA. L’équipe, fondée en 2010 et basée à Pampelune, a terminé 23e au classement par équipes de la Vuelta, devant des formations comme Decathlon-AG2R ou Soudal-Quick Step. « On a pris le même principe que les années précédentes, c’est-à-dire qu’on a pris le classement de la deuxième division », avait expliqué en janvier le directeur de l’épreuve, Christian Prudhomme, lors d’une conférence de presse. « Caja Rural est 25e, mais avec la disparition d’Arkéa-B&B Hôtels et la fusion entre Lotto et Intermarché, elle est 23e. Un rang devant l’équipe française, 24e ».
Pour Christian Prudhomme, le choix s’explique également par des considérations structurelles : « Unibet Rose Rockets ne revendique pas du tout le côté français. Ils ont plus de coureurs néerlandais. [...] C’est une équipe qui rêve du Tour de France sur le long terme. On va regarder tout ça pour les années qui viennent. » Cette distinction a été perçue comme une déception pour une partie du peloton, notamment pour les supporters français, qui espéraient voir évoluer sous le maillot tricolore une équipe aux ambitions affichées de révolutionner le cyclisme.
« Pour nous, participer à cet événement, le plus grand du monde du cyclisme, c’est un vrai privilège, de premier plan, et une opportunité. C’est un rêve qui se réalise, pour nous tous. »
Ruben Martinez, directeur sportif de Caja Rural-RGA
Ruben Martinez, ancien coureur de l’équipe entre 2009 et 2011, a salué une « nouvelle incroyable » pour l’ensemble du collectif. « Le Tour de France, c’est quelque chose que j’ai regardé tout petit à la télé, quelque chose qui m’a motivé à faire du vélo, à devenir coureur cycliste, directeur sportif... » a-t-il confié à Franceinfo - Sport. « On était très contents, on avait la chair de poule à l’annonce de la nouvelle. » L’équipe, qui compte parmi ses rangs le sprinteur colombien Fernando Gaviria — vainqueur de deux étapes sur le Tour de France et porteur du maillot jaune en 2023 — mise sur une stratégie offensive, notamment en montagne où elle espère briller.
Si Unibet Rose Rockets n’a pas été retenue cette année, son directeur, l’ancien coureur Bas Tietema, n’a jamais caché ses ambitions de participer à terme à la Grande Boucle. Le débat autour de son exclusion a été alimenté par la présence de trois anciens vainqueurs d’étapes sur les routes françaises dans son effectif : Dylan Groenewegen, Victor Lafay et Wout Poels. « C’est sûr que cet hiver, en ayant Victor Lafay, Groenewegen et une belle équipe, tu te dis que tu as plus envie de voir Unibet sur le Tour, ce qui est légitime, c’est pour ça que ça a fait un peu débat », a analysé Lilian Calmejane, vainqueur d’une étape sur le Tour et consultant pour France Télévisions. « Sur un Grand Tour, ils auraient été beaucoup plus présents et beaucoup plus à l’attaque sur trois semaines que Caja Rural qui, elle, pourrait surprendre en montagne. »
Pourtant, Caja Rural-RGA a montré des signes encourageants en 2026, notamment lors d’épreuves préparatoires. L’équipe s’est illustrée au Tour Auvergne-Rhône-Alpes, avec deux coureurs dans les 11 premiers, et au Tour de Slovénie, où trois de ses membres figuraient dans le top 6. « Je pense que ce qui a plu au Tour, c’est cette trajectoire solide, de travail constant, qui ne date pas d’hier, au fil des années, je crois que c’est ce qui les a motivés pour qu’on soit ici », a estimé Ruben Martinez. « Ce n’est pas à moi de dire si c’est à une équipe ou à une autre d’y aller. Tout ce que je sais, c’est que nous avons été choisis. »
L’équipe espagnole, qui compte quatre formations en ProTeam (contre une seule en WorldTour avec Movistar), a déjà une expérience des Grands Tours, ayant participé à la Vuelta à 12 reprises depuis 2012. Ses meilleurs résultats incluent des classements de la montagne obtenus par Luis León Sánchez en 2014 et Omar Fraile en 2015, ainsi qu’une victoire d’étape signée Antonio Piedra en 2012. Pour 2026, Caja Rural-RGA mise sur ses jeunes talents, décrits comme de « très bons grimpeurs », et sur l’expérience de coureurs comme Fernando Gaviria. « On va y aller avec toute notre énergie, pour chercher la montagne, parce que c’est un très bon objectif pour nous », a souligné Ruben Martinez. « On va aussi essayer d’aller chercher une victoire d’étape, même si on sait aussi que ça va être très difficile. »
Cette édition 2026 pourrait également offrir l’occasion à Abel Balderstone, leader de l’équipe et 13e du classement général de la dernière Vuelta, de briller devant son public catalan. Pour les organisateurs, l’enjeu est de taille : maintenir l’équilibre entre tradition et innovation, tout en valorisant des équipes émergentes. Une chose est sûre : le Tour de France 2026 s’annonce sous le signe de l’imprévu.
Selon les organisateurs, le choix s’est basé sur des critères sportifs, notamment le classement UCI 2025 de Caja Rural-RGA, 23e contre 24e pour Unibet Rose Rockets. La disparition d’Arkéa-B&B Hôtels et la fusion entre Lotto et Intermarché ont joué en faveur de l’équipe espagnole, explique Christian Prudhomme.