Faire partie du tracé du Tour de France représente un rêve pour de nombreuses communes, mais aussi un pari financier coûteux. Selon Le Figaro, environ 300 candidatures sont déposées chaque année pour accueillir une étape, un départ ou une arrivée. Parmi ces prétendants, des villages de moins de 600 habitants comme Les Angles (Pyrénées-Orientales), des villes moyennes comme Aurillac ou encore des métropoles comme Bordeaux. Pourtant, la sélection reste un parcours du combattant, où seule une poignée de dossiers est retenue par les organisateurs.

Ce qu'il faut retenir

  • Environ 300 candidatures sont déposées chaque année pour intégrer le tracé du Tour de France, selon Cyrille Tricart, chargé du lien avec les villes étapes chez Amaury Sport Organisation (ASO).
  • Les communes doivent engager des dépenses importantes pour soumettre leur candidature, espérant des retombées économiques significatives.
  • La sélection repose sur des critères variés, incluant l’infrastructure, l’attractivité touristique et la capacité à organiser l’événement.
  • Les stations de montagne et les villes touristiques sont particulièrement actives dans le dépôt de dossiers, parfois sur plusieurs années.
  • Les retombées attendues concernent aussi bien le tourisme que le commerce local, mais leur ampleur reste difficile à anticiper.

Un rêve accessible seulement aux mieux préparés

L’engouement pour le Tour de France est tel que même les plus petites communes n’hésitent pas à tenter leur chance. Les Angles, un village de 597 habitants situé dans les Pyrénées-Orientales, illustre cette ambition. Mais comme l’explique Cyrille Tricart, chargé du lien avec les villes étapes chez ASO, « on reçoit environ 300 candidatures qui peuvent être pluriannuelles ». Les stations de montagne, en particulier, multiplient les dossiers pour stimuler leur activité touristique, tandis que d’autres communes ciblent des années spécifiques dans l’espoir d’être sélectionnées.

Pourtant, malgré cette frénésie, les critères de sélection restent opaques pour beaucoup. Si certaines villes bénéficient d’un héritage cycliste ou d’infrastructures adaptées, d’autres doivent investir massivement pour répondre aux exigences de l’organisation. « Passer la publicité » Les retombées économiques, bien que réelles, ne sont jamais garanties, ce qui rend le pari financier risqué pour les collectivités locales.

Des dépenses colossales pour des retombées aléatoires

Devenir une ville étape du Tour de France implique des coûts élevés. Les communes doivent financer la rénovation de leurs infrastructures routières, l’aménagement des espaces d’accueil pour les spectateurs et les médias, ainsi que la sécurité. Sans compter les dépenses liées à la promotion de l’événement et à l’accueil des partenaires officiels. Autant dire que l’investissement peut se chiffrer en millions d’euros pour les grandes métropoles.

Les retombées économiques, elles, dépendent de plusieurs facteurs. L’affluence des spectateurs, la médiatisation de l’étape et l’impact sur le commerce local jouent un rôle clé. Certaines villes, comme Pau ou Annecy, ont su tirer profit de leur passage sur le Tour pour booster leur attractivité touristique. D’autres, en revanche, peinent à rentabiliser leur investissement, faute d’un public suffisant ou d’une couverture médiatique satisfaisante.

« Toutes les stations de montagne ou presque déposent un dossier pour stimuler leurs activités, tandis que d’autres communes demandent des années spécifiques. » — Cyrille Tricart, chargé du lien avec les villes étapes chez ASO, selon Le Figaro

Un enjeu stratégique pour les territoires

Pour les communes, intégrer le tracé du Tour de France représente bien plus qu’un coup de projecteur médiatique. C’est une opportunité de dynamiser leur économie locale et de renforcer leur notoriété. Les retombées se mesurent aussi en termes d’image : une ville étape bénéficie d’une visibilité nationale, voire internationale, pendant plusieurs jours. Pour les stations de ski ou les villes thermales, l’impact est souvent immédiat sur les réservations touristiques.

Cependant, le jeu en vaut-il la chandelle ? Si certaines communes parviennent à rentabiliser leur investissement, d’autres restent sceptiques. Les retombées économiques dépendent en grande partie de la météo, de l’engouement populaire et de la capacité à organiser l’événement dans les meilleures conditions. Autant de variables qui échappent au contrôle des organisateurs locaux.

Et maintenant ?

Le processus de sélection pour les prochaines éditions du Tour de France devrait s’intensifier dans les mois à venir, avec une clôture des candidatures prévue pour la fin de l’année 2026. Les communes intéressées devront alors présenter des dossiers détaillés, mettant en avant leurs atouts touristiques, leurs infrastructures et leur capacité à accueillir l’événement. Reste à voir si les retombées économiques justifieront les dépenses engagées, ou si certaines villes regretteront d’avoir tenté leur chance.

Le Tour de France reste un outil de promotion incontournable pour les territoires, mais son efficacité dépendra toujours de l’adéquation entre les ambitions des communes et les réalités économiques.

Selon Cyrille Tricart de l'ASO, les critères incluent la qualité des infrastructures routières, la capacité d'accueil des spectateurs et des médias, la sécurité, ainsi que l'attractivité touristique et la médiatisation potentielle de la ville. Les dossiers pluriannuels sont également pris en compte, notamment pour les stations de montagne qui cherchent à étaler leur impact sur plusieurs années.

Les coûts varient considérablement selon la taille de la commune. Pour une petite ville, l'investissement peut atteindre plusieurs centaines de milliers d'euros, tandis que pour une métropole, les dépenses se comptent en millions. Ces coûts incluent la rénovation des infrastructures, l'aménagement des espaces publics, la sécurité et la promotion de l'événement.