L’influenceuse Erola Jons, forte de six millions d’abonnés sur les réseaux sociaux, devait initialement commenter le Tour d’Espagne 2026 en direct sur YouTube, X (ex-Twitter), Twitch et Facebook. Pourtant, trois jours après l’annonce de sa participation, la créatrice de contenus est devenue quasiment indésirable auprès du peloton cycliste, selon le Figaro.
Ce qu'il faut retenir
- Erola Jons, 28 ans, cumule 3,2 millions d’abonnés sur Instagram et 2,9 millions sur TikTok.
- Elle devait commenter l’intégralité des 21 étapes du Tour d’Espagne 2026, avec accès au podium et à la zone de changement des coureurs.
- Le choix de l’influenceuse s’inscrivait dans une stratégie de rajeunissement de l’audience de la Vuelta, selon la direction de l’épreuve.
- Spécialisée dans les vidéos humoristiques et les caméras cachées, elle s’est fait connaître en abordant des hommes dans la rue pour des tests de séduction.
Selon nos confrères du Figaro, l’annonce de sa participation avait été faite en grande pompe par Erola Jons elle-même, samedi dernier. Se promenant dans les rues de Monaco, elle avait présenté son rôle en ces termes : « Je présenterai la Vuelta sur les comptes YouTube, X, Twitch, Facebook lors des 21 étapes. On va passer par le podium, la zone où se changent les coureurs, j’irai partout, ça va être incroyable », avait-elle déclaré.
Pourtant, ce qui devait être une opération de communication audacieuse s’est rapidement transformé en un imbroglio. L’influenceuse, dont les vidéos mêlent humour et provocations, n’a visiblement pas séduit l’ensemble du peloton. Si la direction de la course espérait attirer un public plus jeune et moins familier du cyclisme, le pari semble désormais risqué.
Une influenceuse au profil controversé
Âgée de 28 ans, Erola Jons s’est imposée sur les réseaux sociaux grâce à des contenus centrés sur le flirt et les défis de séduction. Ses vidéos, souvent tournées en caméra cachée, la montrent abordant des inconnus dans la rue pour tester leur réaction face à ses avances. Une approche qui, selon elle, vise à « dédramatiser les relations hommes-femmes » et à « briser la glace » dans des situations parfois tendues.
Son style direct et son franc-parler, qui ont fait son succès en ligne, ne semblent pourtant pas avoir convaincu les acteurs du cyclisme. Entre les critiques sur son manque de légitimité dans le domaine sportif et les réticences de certains coureurs, la situation a évolué en l’espace de 72 heures seulement.
Une stratégie de communication remise en question
Le Tour d’Espagne, comme d’autres grands événements sportifs, tente depuis plusieurs années de diversifier son public en s’appuyant sur des personnalités issues des médias sociaux. L’idée ? Élargir l’audience traditionnelle en misant sur des influenceurs capables de toucher une génération moins exposée au cyclisme traditionnel.
Mais dans le cas d’Erola Jons, le pari semble avoir échoué avant même le début de la compétition. « Le peloton ne veut plus la voir », résume sobrement le Figaro. Reste à savoir si cette exclusion de fait sera officialisée ou si l’influenceuse parviendra à négocier sa place auprès des organisateurs.
« Le choix de cette influenceuse s’inscrivait dans une volonté de moderniser l’image de la Vuelta. Mais force est de constater que son profil ne correspond pas aux attentes des acteurs traditionnels du cyclisme », explique un responsable du Tour d’Espagne sous couvert d’anonymat.
Quel avenir pour Erola Jons dans le cyclisme ?
Alors que la Vuelta 2026 doit débuter dans quelques semaines, la question de la présence d’Erola Jons reste en suspens. Si les organisateurs décident de maintenir son exclusion, elle devra se contenter des plateformes numériques pour diffuser son contenu. Dans le cas contraire, elle pourrait être autorisée à couvrir l’événement, mais sous conditions strictes.
Cette situation pose plus largement la question de la place des influenceurs dans les grands événements sportifs. Entre l’envie de toucher de nouveaux publics et le risque de froisser les acteurs historiques, le compromis n’est pas toujours évident à trouver. Pour l’instant, Erola Jons semble avoir été la première à en faire les frais.
Reste à savoir si cette expérience servira de leçon pour les prochaines éditions du Tour d’Espagne, où les influenceurs pourraient être sélectionnés avec davantage de prudence. Une chose est sûre : la Vuelta 2026 s’annonce sous le signe de l’imprévu.
Plusieurs personnalités des réseaux sociaux ont déjà été associées à des compétitions sportives majeures. On peut citer McFly et Carlito, qui ont commenté le Tour de France en 2021 pour la chaîne L’Équipe, ou encore le youtubeur Michou, présent lors de la Coupe du Monde de rugby 2023. Ces collaborations visent généralement à attirer un public plus jeune, mais elles soulèvent parfois des critiques sur le manque de légitimité des intervenants.
Les critères de sélection varient selon les épreuves, mais ils reposent souvent sur l’audience, l’engagement généré et la capacité à créer du contenu viral. Certains organisateurs privilégient les profils spécialisés dans le sport, tandis que d’autres misent sur des influenceurs généralistes pour toucher un public plus large. Dans tous les cas, l’objectif reste de compléter la couverture traditionnelle par des formats adaptés aux nouvelles habitudes de consommation.