Le nombre de touristes en provenance du Moyen-Orient a fortement diminué depuis le mois de mars, ce qui pénalise directement l’économie des Seychelles, selon Le Monde. Cette baisse s’explique par le conflit déclenché par les États-Unis et Israël, entraînant une réduction des capacités aériennes et une méfiance des voyageurs. Les petits hébergements, souvent dépendants de cette clientèle, subissent de plein fouet les conséquences de cette situation.

Ce qu'il faut retenir

  • Baisse des arrivées touristiques aux Seychelles depuis mars 2026, liée à la guerre au Moyen-Orient.
  • Les compagnies aériennes du Golfe, historiquement majeures pour l’acheminement des touristes, réduisent leurs vols.
  • Les petits établissements hôteliers et guesthouses sont les plus touchés par cette chute d’activité.
  • L’archipel des Seychelles, très dépendant du tourisme, enregistre une baisse de fréquentation estimée à plus de 40 % sur certains segments.

Un secteur en crise après des années de croissance

Les Seychelles, paradis touristique de l’océan Indien, enregistraient jusqu’ici une croissance régulière de leur fréquentation, portée notamment par les voyageurs en provenance des Émirats arabes unis, de l’Arabie saoudite ou encore du Qatar. Ces destinations représentaient en 2025 près de 30 % des touristes internationaux, selon les chiffres officiels des autorités locales. Pourtant, depuis le début du conflit opposant Israël et les États-Unis à certains groupes armés du Moyen-Orient, les réservations en provenance de cette région ont chuté de manière spectaculaire. Les compagnies aériennes, comme Emirates ou Qatar Airways, ont réduit leurs fréquences vers Mahé, la principale île de l’archipel, ou réorienté leurs appareils vers des destinations jugées plus sûres.

Les petits hébergements, premières victimes de la crise

Les grands resorts, souvent gérés par des groupes internationaux, disposent de réserves financières leur permettant de traverser cette période difficile. En revanche, les petites structures — guesthouses, hôtels familiaux ou locations touristiques — ne disposent pas des mêmes marges de manœuvre. « Nous avons perdu 60 % de nos clients en trois mois, confie un gérant de guesthouse à Victoria, la capitale des Seychelles. Sans subventions ou aides, plusieurs établissements pourraient fermer d’ici la fin de l’année », ajoute-t-il. Les autorités locales évoquent déjà des discussions avec les banques pour faciliter l’accès au crédit à taux zéro pour les professionnels du secteur.

Un impact économique qui dépasse le tourisme

L’archipel des Seychelles, où le tourisme représente près de 60 % du PIB, subit de plein fouet cette crise. Les recettes en devises, essentielles pour importer des denrées alimentaires et des produits de première nécessité, sont en baisse. Le gouvernement, qui a déjà dû puiser dans ses réserves pour soutenir certains secteurs, pourrait annoncer dans les prochaines semaines un plan d’urgence pour les professionnels du tourisme. « Nous travaillons sur un fonds de solidarité pour les petites entreprises, a indiqué le ministre du Tourisme, Jean-François Ferrari, lors d’une conférence de presse à Victoria. Les discussions sont en cours avec nos partenaires internationaux », précise-t-il.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’ampleur des dégâts. Les autorités se donnent jusqu’à la fin du mois de juin pour finaliser un plan de soutien, tandis que les professionnels du secteur attendent avec impatience un retour à la normale des liaisons aériennes depuis le Moyen-Orient. Si la situation persiste, certains experts estiment que jusqu’à 20 % des emplois liés au tourisme pourraient être menacés d’ici la fin 2026. Une réunion entre les représentants du gouvernement, des compagnies aériennes et des acteurs locaux est prévue le 15 juin pour tenter de trouver des solutions concrètes.

Reste à savoir si cette crise, bien que grave, restera temporaire ou si elle marquera un tournant dans la stratégie touristique des Seychelles, qui pourraient chercher à diversifier leurs marchés émetteurs. Les prochaines semaines diront si l’archipel parviendra à surmonter cette épreuve sans perdre son attractivité.

Les compagnies du Golfe comme Emirates, Qatar Airways et Etihad Airways ont toutes réduit leurs fréquences ou suspendu certains vols vers Mahé depuis mars 2026. Ces ajustements sont directement liés aux risques perçus dans la région et à la baisse de la demande touristique en provenance du Moyen-Orient.