Selon Euronews FR, les arrivées de touristes internationaux ont progressé de 2 % au premier trimestre 2026, malgré les perturbations liées à la crise au Moyen-Orient en mars. Avec 307 millions de voyageurs ayant franchi les frontières durant cette période, le secteur affiche une légère croissance de six millions de touristes par rapport au premier trimestre 2025.

Ce qu'il faut retenir

  • Une hausse de 2 % des arrivées touristiques internationales au premier trimestre 2026, malgré les tensions géopolitiques et économiques.
  • 307 millions de touristes ont voyagé à l’international, soit 6 millions de plus qu’au premier trimestre 2025.
  • Le conflit au Moyen-Orient devrait réduire la croissance touristique de 1 à 2 points de pourcentage en 2026.
  • L’Europe, principale région touristique mondiale, enregistre une hausse de 4 % de ses arrivées, portée par l’Europe centrale et orientale (+6 %).
  • Parmi les destinations en forte croissance figurent le Paraguay (+46 %), la Nouvelle-Calédonie (+45 %) et le Salvador (+43 %).

Les prévisions initiales d’ONU Tourisme tablaient sur une progression de 3 % à 4 % pour l’année 2026. Cependant, le conflit au Moyen-Orient et ses répercussions — notamment la flambée des prix du pétrole et la pénurie de kérosène — ont fortement impacté le secteur. « À un moment de fortes tensions géopolitiques et économiques, cela confirme le rôle plus large du tourisme dans le soutien aux économies, la création d’opportunités et le maintien des communautés, bien au-delà du secteur lui-même », a déclaré Shaikha Al Nuwais, secrétaire générale d’ONU Tourisme.

Un tourisme résilient malgré les défis économiques et géopolitiques

Malgré les obstacles, le tourisme international a fait preuve de résilience. Les experts soulignent que la hausse des prix des billets d’avion et la réduction de la capacité aérienne dans certaines régions n’ont pas empêché une croissance modérée. Selon les dernières données d’ONU Tourisme, les touristes continuent de privilégier les destinations offrant le meilleur rapport qualité-prix, tout en se tournant vers des options plus proches de leur domicile en raison de l’inflation.

Les perturbations liées au conflit au Moyen-Orient touchent particulièrement les vols à destination, en provenance et à l’intérieur de la région. La hausse des coûts du transport aérien, combinée à une demande fragilisée, limite les capacités dans d’autres zones du globe. Pourtant, cette situation n’a pas empêché certains pays de connaître une croissance significative de leurs arrivées touristiques.

L’Europe en tête, le Moyen-Orient en difficulté

L’Europe reste la première région touristique mondiale, avec plus de 130 millions de touristes internationaux accueillis au premier trimestre 2026, soit une progression de 4 %. Cette dynamique s’inscrit dans la continuité d’une année 2025 déjà marquée par une croissance de 5 %. L’Europe centrale et orientale affiche même une hausse de 6 %, confirmant sa reprise progressive.

En revanche, le Moyen-Orient subit un repli de 14 % de ses arrivées touristiques, sous l’effet direct du conflit. Plusieurs destinations du Golfe enregistrent des baisses marquées, à l’exception de l’Égypte, qui enregistre une progression de 16 % grâce à une attractivité renforcée auprès des voyageurs. Cette disparité illustre l’impact différencié des tensions géopolitiques sur les flux touristiques régionaux.

Paraguay, Nouvelle-Calédonie, Salvador : les destinations en forte croissance

Plusieurs pays enregistrent des performances remarquables au premier trimestre 2026. Le Paraguay affiche la plus forte progression avec 46 % de croissance, suivi de près par la Nouvelle-Calédonie (+45 %) et le Salvador (+43 %). D’autres destinations comme la Mongolie (+39 %), les Palaos (+37 %) et l’Ouzbékistan (+37 %) complètent ce palmarès. Parmi les pays ayant connu une croissance à deux chiffres figurent également le Pakistan (+60 %), la République de Corée (+38 %), le Maroc (+24 %), le Brunei (+22 %) et le Brésil (+12 %).

Ces hausses reflètent une tendance des voyageurs à explorer des destinations moins conventionnelles, souvent perçues comme plus abordables et authentiques. Cette réorientation des flux touristiques pourrait se poursuivre dans les mois à venir, alors que les prix des voyages internationaux restent élevés.

Le conflit au Moyen-Orient et la hausse des coûts : les principaux défis du secteur

Selon le dernier rapport du Panel d’experts du tourisme, trois facteurs majeurs pèsent sur le secteur en 2026 : le conflit au Moyen-Orient, le coût élevé des transports et de l’hébergement, ainsi que d’autres contraintes économiques. Près de 64 % des experts estiment que le conflit affecte négativement la demande touristique pour leur destination, avec 43 % jugeant l’impact modéré et 21 % important.

Environ 61 % des répondants déclarent que le conflit réduit le tourisme entrant dans leur pays, tandis que 17 % observent une hausse des arrivées grâce aux perturbations dans d’autres destinations. Enfin, 14 % des experts signalent une progression du tourisme intérieur, les voyageurs se rabattant sur des options locales pour limiter leurs dépenses.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’impact réel du conflit au Moyen-Orient sur le tourisme mondial. Si les tensions persistent, une nouvelle baisse des prévisions de croissance pourrait être annoncée d’ici la fin de l’année. Les acteurs du secteur devraient continuer à adapter leurs stratégies pour attirer les voyageurs, en misant sur des offres compétitives et des destinations alternatives. Une révision des prévisions d’ONU Tourisme pourrait intervenir lors de la prochaine assemblée générale, prévue en novembre 2026.

Avec des prix des billets d’avion toujours élevés et une incertitude géopolitique persistante, les touristes pourraient encore privilégier les voyages courts et les destinations accessibles. Les professionnels du secteur devront surveiller de près l’évolution des coûts énergétiques, qui restent un facteur clé pour la rentabilité des compagnies aériennes et des hébergements.

Enfin, la capacité des destinations émergentes à maintenir leur attractivité dépendra de leur capacité à proposer des expériences uniques et à des prix maîtrisés. Si cette tendance se confirme, 2026 pourrait marquer un tournant dans la géographie des voyages, avec une redistribution des flux touristiques au profit des pays moins exposés aux crises économiques et politiques.

Le Moyen-Orient est la région la plus affectée, avec une chute de 14 % des arrivées touristiques au premier trimestre 2026. Plusieurs destinations du Golfe enregistrent des baisses marquées, à l’exception de l’Égypte, qui enregistre une progression de 16 %.

Ces destinations bénéficient d’une combinaison de facteurs : une image de plus en plus attractive, des coûts maîtrisés par rapport à l’Europe ou à l’Amérique du Nord, et une promotion accrue auprès des voyageurs en quête d’expériences originales. Leur croissance reflète une tendance plus large de réorientation vers des destinations moins conventionnelles.