Les forces américaines ont de nouveau frappé un pétrolier accusé de contourner le blocus imposé sur les ports iraniens, selon Euronews FR. Cette opération, la troisième en sept jours, a eu lieu dans le golfe d’Oman dans la nuit de mercredi à jeudi. Elle intervient alors que Washington renforce sa pression maritime sur Téhéran, tandis que les tensions dans la région persistent depuis le début du conflit en février.
Ce qu'il faut retenir
- Une frappe menée à 4 h 20 (heure d’Europe centrale), jeudi 11 juin 2026, contre un pétrolier battant pavillon de la Guinée-Bissau, après que son équipage a refusé à plusieurs reprises de se soumettre aux instructions des forces américaines.
- L’appareil américain a tiré deux missiles Hellfire dans la salle des machines du navire, le mettant hors service.
- Cette attaque porte à neuf le nombre total de navires neutralisés depuis le début du blocus américain, déclaré le 13 avril 2026.
- L’Inde a confirmé la mort de trois de ses ressortissants à bord d’un pétrolier visé mercredi, après avoir convoqué l’ambassadeur des États-Unis à New Delhi pour protester.
- Depuis le 13 avril, 135 navires conformes ont été redirigés, tandis que 42 bâtiments transportant de l’aide humanitaire ont été autorisés à poursuivre leur route.
- Le détroit d’Ormuz, passage stratégique, est soumis à deux blocus rivaux : celui de Téhéran, en place depuis le 28 février, et celui des États-Unis ciblant tous les navires liés à l’Iran.
Une troisième frappe en moins d’une semaine
Dans la nuit de mercredi à jeudi, un appareil militaire américain a neutralisé un pétrolier en train de contourner le blocus des ports iraniens, selon le Commandement central américain (CENTCOM). L’opération, menée vers 4 h 20 (heure d’Europe centrale), a consisté en l’envoi de deux missiles Hellfire dans la salle des machines du navire battant pavillon de la Guinée-Bissau. L’équipage avait à plusieurs reprises ignoré les injonctions des forces américaines, justifiant ainsi l’intervention.
Cette frappe marque la troisième du genre en une semaine et la neuvième depuis le début de l’embargo américain, entré en vigueur le 13 avril 2026. Le CENTCOM, qui supervise les opérations militaires américaines au Moyen-Orient, a confirmé l’opération dans un communiqué publié sur la plateforme X.
Incendie signalé par le centre britannique de surveillance maritime
Jeudi à l’aube, le centre britannique UK Maritime Trade Operations (UKMTO) a signalé l’incendie d’un pétrolier à 21 milles nautiques au nord-est de Sohar, dans les eaux omanaises. L’ambassade d’Inde à Oman a précisé que la marine omanaise était en train d’évacuer les membres d’équipage. Selon la société britannique de sécurité maritime Vanguard, le navire transportait 20 personnes à son bord.
Cette intervention survient moins de 24 heures après une frappe similaire contre le MT Settebello, un pétrolier battant pavillon des Palaos, lui aussi accusé de contourner le blocus. Un avion de combat américain avait alors tiré des munitions de précision dans la salle des machines après que l’équipage eut refusé de se conformer aux instructions.
L’Inde exige des comptes après la mort de trois marins
L’Inde a réagi avec fermeté à l’attaque contre le MT Settebello, qui a coûté la vie à trois de ses ressortissants. Mercredi, New Delhi a convoqué le plus haut diplomate américain en poste dans la capitale indienne pour lui remettre une « vive protestation », selon les termes du ministère indien des Affaires étrangères. Ces trois marins, portés disparus après la frappe de mercredi, ont depuis été officiellement déclarés morts.
Cette tragédie s’ajoute à une série d’incidents impliquant des équipages internationaux dans la région. Elle illustre les risques encourus par les marins opérant dans une zone soumise à des tensions géopolitiques croissantes, où les règles du jeu restent floues.
Le blocus américain : entre contrôle et contestation
Depuis le 13 avril, les États-Unis imposent un blocus maritime visant l’ensemble des navires et ports iraniens, une mesure présentée comme une réponse aux activités jugées déstabilisatrices de Téhéran dans la région. Selon le CENTCOM, 135 navires conformes aux règles américaines ont été redirigés, tandis que 42 bâtiments transportant de l’aide humanitaire ont été autorisés à poursuivre leur route sans entrave.
Cette politique s’inscrit dans un contexte de rivalité accrue entre Washington et Téhéran, chacun imposant son propre blocus dans le détroit d’Ormuz. Depuis le 28 février, date du début de la guerre, l’Iran a interrompu le trafic des cargos dans ce passage stratégique, tandis que les États-Unis ciblent désormais tous les navires suspectés de soutenir l’économie iranienne.
Un détroit sous haute tension
Le détroit d’Ormuz, par lequel transite près d’un tiers du pétrole mondial, est devenu un point chaud des tensions internationales. Les deux blocus rivaux – celui de l’Iran et celui des États-Unis – compliquent davantage la navigation commerciale dans une zone déjà instable. Les frappes américaines de ces derniers jours s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à asphyxier l’économie iranienne, tout en limitant l’influence de Téhéran dans la région.
Les autorités américaines justifient ces interventions par la nécessité de faire respecter leur embargo, tout en insistant sur le caractère sélectif de leurs cibles. Cependant, les conséquences humanitaires et diplomatiques de ces opérations restent un sujet de préoccupation pour plusieurs pays, dont l’Inde, dont les ressortissants sont directement affectés.
Enfin, l’Union européenne, qui observe avec inquiétude l’escalade des tensions, pourrait tenter de jouer un rôle de médiateur dans les prochaines semaines. Reste à voir si Washington et Téhéran parviendront à trouver un terrain d’entente avant que la situation ne dégénère davantage dans une région déjà en proie à de multiples crises.
Selon les autorités américaines, ces navires sont souvent utilisés par des entreprises ou des intermédiaires pour contourner les sanctions imposées à l’Iran. En ciblant ces bâtiments, Washington cherche à frapper les circuits de financement du régime iranien, tout en évitant de toucher directement des navires battant pavillon d’États alliés. Cette stratégie permet également de limiter les risques de conflit direct avec des pays comme la Chine ou la Russie, qui soutiennent Téhéran.
Les sanctions imposées par Washington ont déjà eu des répercussions majeures sur l’économie iranienne, avec une inflation galopante et des pénuries dans plusieurs secteurs, notamment celui des médicaments. L’ONU et plusieurs ONG ont alerté à plusieurs reprises sur le risque d’une crise humanitaire, surtout dans les zones les plus vulnérables. Cependant, les États-Unis affirment que leurs mesures visent uniquement le gouvernement iranien et non la population civile.