Alors que le conflit entre Washington et Téhéran s’enlise depuis plus de cinq mois, le président américain Donald Trump a réaffirmé lundi 8 août 2026 que des pourparlers avec l’Iran étaient en cours, contestant ainsi les démentis officiels de la République islamique. Selon Euronews FR, Trump a évoqué une « dernière chance » pour l’Iran de conclure un accord, tout en maintenant une pression maximale sur son régime.
Ce qu'il faut retenir
- Donald Trump affirme que des négociations avec l’Iran sont en cours, malgré le démenti de Téhéran, et parle d’une « dernière chance avant la décapitation » pour la République islamique
- Les discussions portent notamment sur la réouverture du détroit d’Ormuz et la dénucléarisation de l’Iran, un processus qui, selon le président américain, « pourrait prendre un certain temps »
- Un cargo a été touché mardi matin par un « projectile inconnu » dans le détroit d’Ormuz, au large d’Oman, selon l’agence britannique UKMTO
- L’Iran, qui nie toute négociation avec Washington, affirme discuter avec Oman pour un accord de gestion conjointe du détroit d’Ormuz, sans pour autant rouvrir la voie maritime
- La guerre entre les États-Unis et l’Iran a débuté le 28 février 2026, après des frappes surprises américaines et israéliennes contre Téhéran
Des négociations sous haute tension et des démentis croisés
S’exprimant depuis la Maison Blanche, Donald Trump a indiqué avoir accepté de poursuivre les négociations avec l’Iran à la demande de plusieurs pays de la région, dont l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar. « Nous discutons en ce moment même », a-t-il affirmé, qualifiant les pourparlers de « dernière chance pour l’Iran de signer un bon accord ». Trump a même employé une formule plus menaçante en déclarant vouloir « leur donner une ultime chance avant la décapitation ».
Le ton employé par le président américain contraste fortement avec les déclarations du ministère iranien des Affaires étrangères, qui a démenti toute négociation avec Washington. « Nos négociations se tiennent avec Oman afin de garantir le passage par le détroit d’Ormuz », a rétorqué le porte-parole du ministère, Esmaeil Baqaei, lors d’une intervention télévisée. Pour Téhéran, l’objectif est de trouver un accord avec Mascate pour gérer conjointement cette voie maritime stratégique, sans pour autant en rouvrir l’accès aux navires commerciaux.
Un blocus persistant et des tensions récurrentes dans le détroit d’Ormuz
Le détroit d’Ormuz, par lequel transite près d’un tiers du pétrole mondial, reste un point de friction majeur entre les deux pays. Depuis l’effondrement du cessez-le-feu en juillet, l’Iran a rétabli le blocus qu’il avait imposé au début du conflit, tirant sur des bâtiments commerciaux et entravant la libre circulation des navires. Dimanche, Esmaeil Baqaei a précisé qu’un accord était « en passe d’être conclu » avec Oman pour un itinéraire « acceptable pour les deux parties », ni au nord ni au sud du détroit, mais un tracé respectant les droits souverains des deux États. « Un accord ne signifie pas la réouverture du détroit », a-t-il tenu à souligner.
Cette annonce survient alors qu’un cargo a été touché mardi 8 août au matin par un « projectile inconnu » dans le détroit d’Ormuz, selon l’UKMTO, l’agence britannique de sécurité maritime. Le navire, dont l’identité n’a pas été divulguée, a signalé avoir été touché, mais les autorités n’ont pas précisé s’il y avait des dégâts ou des blessés. Cet incident illustre la persistance des tensions dans une région où le risque d’escalade reste élevé.
Un conflit né de la question nucléaire et des frappes surprises de février
La guerre entre les États-Unis et l’Iran a débuté le 28 février 2026, lorsque Washington et Israël ont lancé des frappes surprises contre des infrastructures militaires et énergétiques iraniennes. Selon Donald Trump, cette intervention visait à stopper le programme nucléaire de Téhéran, que les pays occidentaux accusent de chercher à se doter de l’arme atomique. L’Iran, de son côté, dément ces accusations et affirme que son programme est strictement civil. « La dénucléarisation de l’Iran doit avoir lieu », a rappelé le président américain lors de sa conférence de presse.
Plus de cinq mois après le début des hostilités, l’Iran conserve la capacité de tirer des missiles et des drones sur des cibles américaines et alliées dans la région, tout en maintenant ses stocks d’uranium enrichi. Trump a également évoqué un contre-blocus américain des ports iraniens, déclarant : « Rien ne parvient jusqu’en Iran, à moins que nous ne le voulions, et rien n’y parviendra tant qu’un accord — ou une capitulation totale — n’aura pas été conclu. »
Un scénario déjà vu : menaces puis recul
La semaine dernière, Donald Trump avait menacé de frapper l’Iran « très durement », évoquant même la possibilité de nouvelles attaques contre les infrastructures énergétiques du pays. Pourtant, samedi, il a fait machine arrière en affirmant que les « paramètres » d’un accord étaient en place. Un revirement similaire à celui observé ces derniers mois, où le président américain alterne entre fermeté et ouverture, selon les réactions internationales et régionales.
Cette stratégie de tension contrôlée a été dénoncée par certains médias iraniens, qui ont démenti que Téhéran ait demandé à Washington de surseoir à des frappes supplémentaires. Trump, lui, a assuré que l’Iran, ainsi que des partenaires régionaux des États-Unis, l’avaient incité à éviter une escalade majeure. « Les frappes que j’aurais pu ordonner auraient constitué la plus grande attaque depuis la Seconde Guerre mondiale », a-t-il confié à des journalistes à bord d’Air Force One ce week-end. Une déclaration qui laisse planer le doute sur l’issue réelle des négociations en cours.
Ce conflit, qui a déjà coûté la vie à des centaines de personnes et perturbé les approvisionnements énergétiques mondiaux, rappelle que la région reste un foyer de tensions majeures. Alors que les négociations se poursuivent sous haute surveillance, une chose est sûre : le détroit d’Ormuz, artère vitale du commerce mondial, reste au cœur des enjeux géopolitiques.
Le détroit d’Ormuz est le principal point de passage pour les exportations de pétrole du Golfe vers l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord. Environ un tiers du pétrole mondial transite par cette voie maritime, ce qui en fait un enjeu économique et géopolitique majeur. Son contrôle influence directement les prix de l’énergie et la stabilité des marchés mondiaux.
L’Iran affirme que son programme nucléaire est à vocation civile, mais les pays occidentaux, dont les États-Unis, soupçonnent Téhéran de chercher à se doter de l’arme atomique. Malgré les inspections de l’AIEA, les tensions persistent sur la question de l’enrichissement d’uranium et des inspections surprises.