Selon BFM Business, les deux dernières semaines ont été marquées par des délestages à répétition en Tunisie, entraînant des conséquences dévastatrices pour les filières de l'agroalimentaire. La compagnie électrique nationale, Steg, a eu recours à ces coupures tournantes pour soulager le réseau électrique, confronté à une demande accrue due aux fortes chaleurs et à la consommation de climatisation.
Une exploitation avicole d'El Fahs, située à une soixantaine de kilomètres de Tunis, a été particulièrement touchée. Le vétérinaire Hamza Bouchrit estime que les pertes sont « énormes », avec une facture comprise entre 1,4 et 1,5 million de dinars, soit environ 445 000 euros. Près de 90% des volailles ont péri, ce qui équivaut à 400 à 500 tonnes de viande perdues.
Ce qu'il faut retenir
- Des centaines de cadavres de poulets ont été retrouvés dans une exploitation avicole.
- Des milliers de litres de lait ont été jetés en raison des coupures d'électricité.
- Le prix du poisson a doublé en raison de l'augmentation du coût de la glace.
Les conséquences des délestages
Les coupures d'électricité ont également affecté les exploitations laitières. Aziz Bouhejba, éleveur de vaches Holstein, a dû jeter l'équivalent de six jours de traite, soit environ 1 200 litres de lait. Il déplore les pertes sèches que l'on a du mal à récupérer et critique l'absence de visibilité pour les entreprises.
Le secteur de la pâtisserie a également été touché. Samia Diab, présidente de la Chambre de la pâtisserie, indique n'avoir « jamais vécu une telle situation » en 40 ans d'activité. Son atelier d'El Menzah, dans la capitale, est fermé depuis une dizaine de jours, et elle a dû jeter une énorme quantité de pâte à base de fruits secs.
Reactions et critiques
La Steg a expliqué avoir essayé d'être équitable, mais les coupures ont varié selon les quartiers et ont souvent duré de longues heures. Le secteur de la pêche et de la poissonnerie a également été affecté, avec une augmentation du prix de la glace, ce qui a entraîné une hausse du prix du poisson, selon Mohamed Saddam, président de la Chambre des poissonniers.
Le Parlement a consacré lundi une séance plénière à la situation, avec des députés qui ont dénoncé l'absence de représentants du gouvernement. Le député Adel Dhiaf a lancé : « Il est impossible de trouver un responsable qui vous réponde. Sortez et expliquez aux citoyens les raisons de cette situation. »
La situation reste à suivre de près, avec des conséquences potentielles sur l'économie et la stabilité du pays. Les Tunisiens espèrent que des solutions seront trouvées rapidement pour éviter que de tels événements ne se reproduisent.