L’Union des associations européennes de football (UEFA) prépare activement l’élection présidentielle de la FIFA en 2027, prévue pour succéder à Gianni Infantino. Selon Ouest France, l’instance continentale pousse discrètement en faveur d’une candidature alternative, celle de Nasser al-Khelaïfi, le président du Paris Saint-Germain. Une initiative qui s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre l’UEFA et la direction actuelle de la FIFA, marquée par des désaccords sur la gouvernance, la répartition des revenus ou encore la réforme des compétitions.
Ce qu'il faut retenir
- L’UEFA envisagerait de présenter Nasser al-Khelaïfi comme candidat face à Gianni Infantino en 2027, selon Ouest France.
- Le Qataris, président du PSG, a déjà indiqué ne pas postuler officiellement, tout en bénéficiant d’un soutien important au sein de l’UEFA.
- Cette initiative s’inscrit dans un contexte de tensions entre l’UEFA et la FIFA sur des sujets comme la gouvernance ou les revenus.
- L’élection présidentielle de la FIFA en 2027 pourrait ainsi opposer une coalition européenne à la candidature d’Infantino.
Une candidature envisagée, mais pas encore officialisée
Selon les informations révélées par Ouest France, l’UEFA étudie sérieusement la possibilité de soutenir Nasser al-Khelaïfi pour défier Gianni Infantino lors du scrutin de 2027. Le dirigeant qataris, à la tête du PSG depuis 2011, est perçu comme une figure capable de fédérer une opposition crédible à l’actuel président de la FIFA, en poste depuis 2016. Cependant, celui-ci a déjà fait savoir qu’il ne souhaitait pas se porter candidat, du moins pour l’instant. « Je ne suis pas candidat à la présidence de la FIFA », avait-il déclaré en mars 2024, tout en restant ouvert à une discussion sur l’avenir du football.
Cette prudence s’explique en partie par les enjeux géopolitiques et sportifs liés à sa candidature. Al-Khelaïfi, déjà président de beIN Sports et membre influent du Comité exécutif de l’UEFA, dispose d’un réseau solide. Mais sa position au PSG, club emblématique du football français, pourrait aussi compliquer une éventuelle candidature face à Infantino, dont le mandat a été marqué par une centralisation accrue du pouvoir à Zurich.
Un contexte de tensions entre l’UEFA et la FIFA
La volonté de l’UEFA de trouver un rival à Infantino s’inscrit dans un climat de défiance croissante entre les deux instances. Les désaccords portent notamment sur la répartition des revenus issus de la Coupe du Monde, les réformes des compétitions (comme la Ligue des Nations ou la Coupe du Monde des clubs élargie), ou encore la gouvernance interne de la FIFA. En 2023, l’UEFA avait déjà exprimé son mécontentement face à la gestion du Mondial 2026, co-organisé par les États-Unis, le Canada et le Mexique, critiquant notamment les choix arbitraux et les conditions d’organisation.
Ces tensions ont été exacerbées par le refus de la FIFA de renouveler l’accord commercial avec l’UEFA pour la diffusion des matchs de Ligue des Champions en Europe, un dossier toujours en suspens. « La relation entre les deux instances est tendue depuis plusieurs années », confirme un observateur du football européen sous couvert d’anonymat. « Une candidature al-Khelaïfi pourrait servir de levier pour renégocier certaines clauses ou, à défaut, pour préparer une transition après 2027. »
L’élection présidentielle de la FIFA en 2027 s’annonce donc comme un scrutin clé, où s’affronteront non seulement des personnalités, mais aussi deux visions du football mondial. Entre la centralisation chère à Infantino et une approche plus décentralisée portée par l’UEFA, le choix des 211 fédérations membres pourrait redéfinir l’équilibre des pouvoirs dans le sport le plus populaire au monde.
L’UEFA reproche à Gianni Infantino une gouvernance trop centralisée et des désaccords sur la répartition des revenus, notamment issus des grandes compétitions comme la Coupe du Monde. La volonté de trouver un rival s’inscrit aussi dans une stratégie de défense des intérêts des fédérations européennes, souvent en première ligne face aux décisions de la FIFA.