Alors que Ciryl Gane s’apprête à affronter Alex Pereira pour le titre intérimaire des poids lourds (-120 kg) lors de l’UFC Freedom 250, programmé dans la nuit du 14 au 15 juin 2026 à la Maison-Blanche, le Français doit composer avec une polémique tenace. Depuis son combat inachevé contre Tom Aspinall en octobre 2025 à Abu Dhabi, où le Britannique l’a accusé d’avoir volontairement enfoncé ses doigts dans ses yeux, Gane est désormais associé à l’image d’un « dirty fighter » par une partie des fans et observateurs. Selon RMC Sport, ces accusations ont pris de l’ampleur sur les réseaux sociaux, où des compilations de coups prétendument illégaux du Français circulent depuis des années.
Ce qu'il faut retenir
- Un combat inachevé en octobre 2025 : Ciryl Gane et Tom Aspinall se sont affrontés à Abu Dhabi, mais le Français a été accusé d’avoir glissé ses doigts dans les yeux de son adversaire, ce qui a conduit à l’arrêt du combat.
- Des accusations de tricherie : Aspinall a qualifié Gane de « tricheur » et a dénoncé un geste volontaire pour l’affaiblir, une allégation qui a gagné en visibilité après la médiatisation prolongée de sa blessure dans les vlogs du Britannique.
- Une compilation de coups contestés : Depuis 2020, plusieurs gestes de Gane ont été pointés du doigt, notamment un coup bas contre Jon Jones, un hammer fist contre Tai Tuivasa, un doigt dans l’œil d’Alexander Volkov ou encore un coup de coude à l’arrière du crâne de Junior Dos Santos.
- Gane assume son style : Le Français a réagi avec ironie et assurance, affirmant que ces gestes relevaient du « combat » et que les règles du MMA encadrent ces situations.
- Fernand Lopez défend son poulain : L’entraîneur de Gane a catégoriquement rejeté l’idée d’un combattant « vicieux », soulignant que les arbitres sont là pour sanctionner les excès si nécessaire.
- Un palmarès à comparer : Lopez a rappelé qu’Aspinall avait déjà été disqualifié en 2016 pour un coup de coude illégal, tandis que Gane n’a jamais subi de sanction similaire dans sa carrière.
Un héritage de gestes contestés
Depuis son arrivée à l’UFC, Ciryl Gane a souvent été pointé du doigt pour des actions jugées limites par certains observateurs. Selon RMC Sport, les réseaux sociaux ont amplifié ces critiques après son affrontement avec Tom Aspinall, où le geste controversé dans les yeux a été interprété comme une tentative délibérée de nuire à son adversaire. Pourtant, Gane a toujours minimisé ces accusations, les qualifiant de simples « accidents de parcours » inhérents au MMA.
Parmi les exemples souvent cités, on retrouve un coup de coude à l’arrière du crâne de Junior Dos Santos en 2020, qui avait alors fait réagir le Brésilien. Gane a depuis expliqué que son geste avait touché l’oreille de Dos Santos avant que ce dernier ne tourne la tête, rendant le coup légal selon les règles. « Mon coup touche l’oreille. Il tourne un peu la tête, ce sont des choses qui arrivent… fréquemment, assure-t-il. À un moment donné, tu essaies de lancer un kick, le mec se baisse de 5 ou 10 cm, ça suffit pour lui toucher les parties, mais ça arrive tous les jours. »
Gane et Aspinall : une polémique qui dépasse le cadre sportif
Le conflit entre les deux combattants dépasse le simple cadre sportif. Aspinall a longuement documenté sa blessure dans ses vlogs, une médiatisation qui a lassé Gane, selon ses propres termes. « J’ai dénoncé une communication catastrophique de sa part, a-t-il déclaré à RMC Sport. On a des mitaines, on lance, on vise une cible mobile. Elle peut bouger. Ce sont des choses qui arrivent. » Le Français a également rappelé que d’autres grands noms du MMA, comme Conor McGregor, avaient été pointés du doigt pour des gestes similaires sans subir de conséquences majeures.
Pourtant, Aspinall a réussi à mobiliser une partie de la communauté MMA derrière son accusation. Des compilations vidéo mettant en avant les gestes contestés de Gane ont circulé massivement, alimentant l’idée d’un combattant systématiquement limite. « Il y a des highlights de McGregor, de tellement de combattants, de tellement de champions qui touchent l’arrière du crâne sur une action. C’est bateau, vraiment bateau », a-t-il répliqué.
Fernand Lopez : « Ciryl n’a jamais été vicieux »
Face à cette avalanche de critiques, Fernand Lopez, l’entraîneur de Gane, a pris la parole pour défendre son poulain. Dans un entretien rapporté par RMC Sport, il a catégoriquement rejeté l’idée que Gane puisse être un « dirty fighter ». « Non, ce n’est pas du vice. Ciryl, c’est le gars le moins vicieux que je connais », a-t-il affirmé. Lopez a également rappelé que le règlement de l’UFC prévoit des sanctions claires en cas de faute avérée, et que les arbitres sont là pour trancher en temps réel.
Il a également pointé du doigt le passé d’Aspinall, rappelant que ce dernier avait déjà été disqualifié en 2016 pour un coup de coude illégal. « Si on va regarder les combats, on va se rendre compte que Tom Aspinall, sur son palmarès, a déjà eu une disqualification. Ciryl n’a jamais été disqualifié dans un combat. Mais Tom Aspinall, checkez son Tapology, a déjà été disqualifié. Et moi j’aime fonctionner selon ce que les règles disent. » Lopez a conclu en soulignant que Gane était avant tout un combattant technique et respectueux, victime d’une campagne de dénigrement.
« Moi je pense que Ciryl Gane, c’est un mec qui travaille dur, qui est un beau combattant, qui est technique. Et puis on essaie d’entacher son image par des trucs. »
Un enjeu plus large pour l’image du MMA
Cette polémique autour de Gane soulève une question plus large sur la perception des « dirty fighters » dans le MMA. Si certains gestes limites font partie intégrante de l’arsenal des combattants, leur répétition ou leur médiatisation peut nuire à l’image du sport. Le cas de Gane illustre comment une seule action controversée peut éclabousser une carrière entière, malgré les dénégations du principal intéressé. À l’ère des réseaux sociaux, où les extraits de combats sont disséqués et partagés en masse, la frontière entre geste technique et faute intentionnelle devient de plus en plus floue.
Pour Gane, le défi ne sera pas seulement sportif, mais aussi médiatique. Une victoire contre Pereira pourrait lui permettre de tourner la page des accusations, tandis qu’une défaite risquerait d’alimenter les spéculations sur ses méthodes. Quoi qu’il en soit, le combat du 14 juin s’annonce comme un tournant pour le Français, à la fois sur le plan sportif et sur le plan de son image publique.
Reste à savoir si le public et les instances de l’UFC parviendront à distinguer les accidents de parcours des véritables manquements à l’éthique sportive. Une chose est sûre : dans le MMA, où chaque coup peut faire la différence, la limite entre la légalité et la tricherie est parfois aussi fine que l’épaisseur d’un gant.
Si Gane l’emporte contre Alex Pereira, il pourrait affronter Jon Jones dans un combat pour unifier les ceintures des poids lourds. En cas de défaite, il devra probablement rebondir pour retrouver le haut de l’affiche.