Ugreen abandonne les processeurs Intel pour ses nouveaux NAS et lance son premier modèle équipé d'un AMD Ryzen, le NASync DXP4800 GT. Ce boîtier 4 baies, doté de deux ports 10 GbE et d'un processeur Ryzen Embedded R2514, s'adresse aux créateurs de contenu et aux foyers connectés exigeants en stockage. Selon Frandroid, qui a passé une journée à l'évaluer en conditions réelles, ce modèle se distingue par ses performances réseau, mais accuse des limites en transcodage vidéo et en consommation énergétique par rapport à son prédécesseur Intel.
Ce qu'il faut retenir
- Processeur AMD Ryzen Embedded R2514 : 4 cœurs / 8 threads, jusqu'à 3,7 GHz, contre un Intel sur le modèle précédent
- Double connectivité 10 GbE : débit théorique maximal de 9,42 Gb/s en TCP, contre un seul port 10 GbE et un 2,5 GbE sur le DXP4800 Plus
- Transcodage limité : 75 fps en H.264 4K→1080p contre 142 fps pour le modèle Intel, et incapacité à décoder l'AV1 ou le VP9 en matériel
- Consommation accrue : 5,1 W au repos contre 1,2 W pour le modèle Intel, soit un facteur 4
- Prix de lancement : 659,99 €, avec une remise de 10 % ramenant le tarif à environ 590 €
- Système eMMC lent : démarrage en 1 min 50 contre 1 min 09 pour le modèle avec NVMe, et débit séquentiel de 305 Mo/s seulement
Un châssis robuste et une connectique généreuse
Le DXP4800 GT se présente comme un cube métallique compact (257 x 178 x 178 mm, 3,8 kg), sobre et bien fini, avec des liserés dorés discrets. Selon Frandroid, son design évoque une « grosse cafetière », mais son alimentation externe de 150 W peut sembler encombrante pour certains utilisateurs. La façade intègre un lecteur de cartes SD 3.0, un port USB-C et un port USB-A à 10 Gb/s, permettant des sauvegardes rapides depuis des cartes mémoire — une fonctionnalité particulièrement utile pour les photographes ou vidéastes en déplacement.
À l'arrière, les deux ports RJ45 10 GbE, gérés par des contrôleurs Aquantia AQC113, dominent l'espace. S'y ajoutent une sortie HDMI 4K, trois ports USB-A (dont deux à 5 Gb/s) et la prise d'alimentation. Le refroidissement repose sur un ventilateur arrière, maintenant les températures sous contrôle : le CPU oscille entre 44 °C et 57 °C sous charge, tandis que les contrôleurs réseau restent stables entre 44 °C et 48 °C.
Flexibilité matérielle et limites logicielles
Le DXP4800 GT accepte quatre disques 3,5" ou 2,5" SATA, ainsi que des SSD U.2 NVMe dans les baies 1 et 2, une option haut de gamme réservée aux utilisateurs les plus exigeants. Deux emplacements M.2 NVMe supplémentaires sont disponibles pour du cache ou du stockage rapide, mais ne peuvent pas héberger le système, qui réside sur une puce eMMC de 64 Go. La mémoire vive, au format DDR4, est extensible jusqu'à 64 Go (8 Go fournis en standard), avec prise en charge de l'ECC mono-puce pour les données critiques.
Côté logiciel, le NAS tourne sous UGOS Pro, un système maison basé sur Debian 12 qui offre une interface web claire et un accès SSH complet. Cependant, Frandroid souligne que l'écosystème d'applications reste jeune : la plupart des outils (Plex, Jellyfin) s'installent via Docker plutôt qu'en versions natives. Par ailleurs, l'absence de snapshots et de gestionnaire de machines virtuelles grand public place UGOS Pro en retrait face à des concurrents comme Synology ou QNAP, même si Ugreen promet des mises à jour futures.
Des performances contrastées selon les usages
Les tests menés par Frandroid révèlent un matériel performant en débit réseau, mais moins à l'aise en transcodage ou en calcul brut. Sur le benchmark 7-Zip, le DXP4800 GT affiche 19 135 points en multi-thread (contre 21 016 pour le modèle Intel), un écart de 10 % en faveur de l'Intel. En mono-thread, le retard se creuse à 14 % (3 971 contre 4 527 points). En revanche, le Ryzen prend l'avantage sur le SHA-256, où il devance son concurrent de 12 %.
Le point noir concerne le transcodage vidéo. Le GPU intégré (VCN 1.0, architecture 2018) permet de transcoder un flux 4K en 1080p à 75 fps en H.264 et 81 fps en HEVC, contre 142 fps et 97 fps pour le modèle Intel. Pire encore, il ne gère pas l'AV1 ni le VP9 en matériel, contraignant le processeur à effectuer ces tâches — une limite qui pèsera à l'avenir avec la généralisation de ces codecs. Enfin, le disque système eMMC de 64 Go ralentit les opérations quotidiennes : démarrage en 1 min 50, contre 1 min 09 pour le modèle avec NVMe, et un débit aléatoire de seulement 11 100 IOPS.
Consommation et rapport qualité-prix
Le DXP4800 GT consomme davantage que son prédécesseur : 5,1 W au repos contre 1,2 W pour le DXP4800 Plus, et 20,9 W en charge contre 15,6 W. Selon Frandroid, cette différence pourrait peser sur la facture électrique à long terme pour un appareil destiné à fonctionner 24h/24. En contrepartie, son double port 10 GbE lui permet d'atteindre un débit réseau quasi théorique (9,42 Gb/s en TCP), un atout pour les transferts de gros fichiers ou les montages vidéo en réseau.
Sur le plan tarifaire, le DXP4800 GT est proposé à 659,99 € en lancement, avec une remise de 10 % ramenant son prix autour de 590 €. Il se positionne ainsi au même niveau que le DXP4800 Plus, qui reste cependant plus polyvalent grâce à ses performances en transcodage et sa consommation réduite. Pour Frandroid, le choix entre les deux modèles dépend donc largement de l'usage : le GT est idéal pour les utilisateurs priorisant le débit réseau, tandis que le Plus conviendra mieux aux foyers multimédias ou aux créateurs de contenu.
En conclusion, le DXP4800 GT est une machine sérieuse, dotée d'un matériel robuste et d'un double 10 GbE performant. Cependant, ses limites en transcodage et sa consommation accrue en font un choix niche, réservé aux utilisateurs ayant des besoins spécifiques en débit réseau. Pour la majorité des usages multimédias, le modèle Intel DXP4800 Plus reste, à ce jour, le meilleur compromis.
Selon Frandroid, le constructeur justifie ce changement par une volonté de diversifier ses sources d'approvisionnement et de proposer des performances réseau accrues avec l'architecture AMD. Le DXP4800 GT est présenté comme un appareil « conçu pour la vitesse, l'endurance et un fonctionnement 24/7 », avec deux ports 10 GbE contre un seul sur le modèle Intel précédent.
Oui, comme le précise Frandroid, le DXP4800 GT est un PC x86 standard avec un firmware UEFI classique et une sortie HDMI. Il est donc possible d'y installer des systèmes alternatifs comme TrueNAS SCALE, OpenMediaVault ou même DSM de Synology via des chargeurs communautaires, bien que cette dernière solution reste dans une zone grise légale.