Près de 2 500 coureurs s’élanceront ce vendredi 28 août 2026 pour la 24ᵉ édition de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB), contre 700 participants lors de sa première édition en 2003. 174 kilomètres à parcourir en trois pays – France, Italie et Suisse – avec un dénivelé positif cumulé de 9 900 mètres, le tout sans dormir, ou presque. 40 heures : c’est le temps moyen que met le peloton pour boucler l’épreuve, selon nos confrères du Figaro, qui souligne l’ampleur d’une discipline en pleine explosion en France.
Ce qu'il faut retenir
- 174 km et 9 900 m de dénivelé : le parcours phare de l’UTMB, qui traverse la France, l’Italie et la Suisse en un seul trajet.
- Une épreuve sans sommeil : les coureurs doivent tenir environ 40 heures d’effort continu.
- 40 % des participants abandonnent, principalement en raison de troubles digestifs, de fatigue extrême ou de blessures musculo-squelettiques.
- L’UTMB rassemble aujourd’hui 2 500 coureurs, contre 700 en 2003, signe d’un engouement croissant pour les ultra-trails.
- Plusieurs définitions coexistent pour qualifier un ultra-trail : au-delà d’un marathon, d’une durée de 6 heures ou d’une distance de 80 km.
Un défi physique et mental sans équivalent
L’UTMB n’est pas une simple course à pied. C’est une épreuve d’endurance où chaque coureur doit gérer son effort sur plusieurs jours, parfois dans des conditions extrêmes. Les abandons, souvent liés à des troubles digestifs ou à l’épuisement, sont fréquents : près de deux coureurs sur cinq ne terminent pas l’épreuve. « C’est une performance titanesque, où le corps est poussé à ses limites », explique Guillaume Millet, professeur de physiologie de l’exercice à l’université… et lui-même spécialiste des sports d’ultra-endurance.
Les coureurs doivent aussi affronter des conditions météo changeantes, entre chaleur diurne et froid nocturne, sur des terrains variés : sentiers de montagne, pistes forestières, passages rocheux. Le tracé, qui emprunte des chemins historiques comme la Haute Route, ajoute une dimension culturelle à l’effort physique. Autant dire que chaque détail compte, de l’alimentation à la gestion du sommeil, en passant par le choix du matériel.
L’essor des ultra-trails en France : un phénomène de société
Si l’UTMB reste la référence mondiale, la pratique des ultra-trails explose en France. Les courses se multiplient, attirant des milliers de participants, des athlètes confirmés aux néophytes en quête de dépassement. Les raisons de cet engouement ? La recherche de défis personnels, le contact avec la nature, ou encore l’esprit de communauté qui se crée autour de ces événements. Le Figaro note que la définition même d’un ultra-trail fait encore débat : pour certains, il s’agit de toute distance supérieure à un marathon, pour d’autres, d’une épreuve durant plus de six heures ou couvrant plus de 80 km.
Cette popularité s’accompagne aussi de critiques. Certains médecins s’interrogent sur les risques pour la santé à long terme, notamment en cas de pratique intensive. Les troubles digestifs, fréquents en course, peuvent avoir des conséquences graves si mal gérés. D’autres soulignent l’impact environnemental de ces événements, qui mobilisent des milliers de bénévoles et génèrent des déchets sur les parcours.
« Plusieurs définitions sont possibles. Certains disent que ce sont toutes les distances supérieures à un marathon, d’autres considèrent que c’est plutôt après 6 heures d’effort ou 80 kilomètres. »
— Guillaume Millet, professeur de physiologie de l’exercice à l’université
Les enjeux de sécurité et de santé publique
Face à l’augmentation du nombre de participants, les organisateurs renforcent les dispositifs de sécurité. Chaque coureur doit obligatoirement posséder une trousse de premiers secours, et des points de ravitaillement sont installés tous les 10 à 15 km. Pourtant, les abandons restent nombreux, souvent liés à des erreurs de stratégie plutôt qu’à un manque de préparation physique. Les troubles digestifs, par exemple, peuvent être évités avec une alimentation adaptée et une hydratation régulière.
Les fédérations sportives et les professionnels de santé tirent la sonnette d’alarme sur la nécessité de mieux encadrer ces pratiques. « L’ultra-trail n’est pas une discipline anodine, rappelle un médecin du sport interrogé par Le Figaro. Elle exige un suivi médical rigoureux, surtout pour les coureurs qui enchaînent les épreuves sans période de récupération suffisante. »
L’ultra-trail, entre passion et défi, continue de fasciner. Mais à quel prix pour les coureurs et pour l’environnement ? La réponse pourrait façonner l’avenir de cette discipline en pleine mutation.
Le record masculin est détenu par François D’Haene, avec un temps de 20 heures, 57 minutes et 13 secondes en 2017. Chez les femmes, Courtney Dauwalter détient le record avec 22 heures, 30 minutes et 54 secondes, établi en 2021.