Un agriculteur de Quingey, dans le Doubs, a été convoqué par les gendarmes à la suite d’une plainte pour atteinte à l’environnement. Cette démarche intervient après qu’il ait été suspecté d’avoir jeté une quantité importante de déchets en plastique dans un ruisseau, dans le but d’éloigner des castors installés sur ses terres. Selon Ouest France, la convocation a eu lieu samedi 30 mai 2026, et l’enquête se poursuit pour déterminer les responsabilités.
Ce qu'il faut retenir
- Un agriculteur de Quingey (Doubs) a été convoqué par la gendarmerie le 30 mai 2026 pour une enquête liée à une pollution environnementale.
- Il est accusé d’avoir abandonné des déchets plastiques dans un ruisseau pour chasser des castors présents sur ses terres.
- L’agriculteur justifie son geste par des inondations répétées qu’il attribue aux barrages construits par ces animaux.
- L’enquête, toujours en cours, vise à établir les circonstances exactes des faits et d’éventuelles infractions au code de l’environnement.
Une action radicale pour lutter contre les inondations
D’après les éléments recueillis par Ouest France, l’agriculteur aurait délibérément utilisé des déchets plastiques pour perturber l’écosystème local. Son objectif affiché ? Inciter les castors à quitter les lieux, qu’il considère responsables de perturbations sur ses terres. « Les castors provoquent des inondations qui endommagent mes cultures et rendent mes terres inutilisables », a-t-il expliqué à nos confrères. Pourtant, cette méthode radicale lui a valu une convocation immédiate par les autorités.
Les castors, protégés en France depuis 1968, jouent pourtant un rôle écologique majeur en créant des zones humides favorables à la biodiversité. Leur présence peut effectivement modifier localement le débit des cours d’eau, mais les solutions légales pour gérer ces conflits existent. La destruction de leurs barrages est encadrée par la loi, et les propriétaires fonciers doivent suivre des procédures administratives pour obtenir des dérogations.
Une enquête en cours pour déterminer les responsabilités
Les gendarmes du secteur ont ouvert une procédure pour vérifier si les faits reprochés à l’agriculteur constituent une infraction au titre de la pollution des milieux aquatiques. L’article L. 214-3 du code de l’environnement interdit en effet le rejet de déchets de toute nature dans les cours d’eau, sous peine de sanctions pouvant aller jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende.
« Les investigations se poursuivent pour établir la chronologie des événements et recueillir les témoignages nécessaires », précise une source proche du dossier. Si la pollution est avérée, l’agriculteur pourrait être poursuivi pour des faits de mise en danger d’un écosystème protégé. Par ailleurs, les autorités locales pourraient être amenées à évaluer l’impact réel des castors sur les terres agricoles, afin de proposer des solutions alternatives.
Cette affaire rappelle l’importance de concilier développement économique et respect de la biodiversité, dans un contexte où les espèces protégées, comme le castor, voient leur habitat s’étendre. Les prochains mois pourraient voir émerger de nouvelles discussions sur les moyens de limiter les impacts des espèces animales sur les activités humaines, tout en garantissant leur protection.
Selon le code de l’environnement, le rejet de déchets dans un cours d’eau est passible de deux ans d’emprisonnement et jusqu’à 150 000 euros d’amende. Ces peines peuvent être alourdies en cas de préjudice écologique avéré ou si l’infraction touche une zone protégée. Les sanctions administratives, comme le versement de dommages et intérêts, peuvent également s’ajouter.