Cinq millions de voyageurs en un an, une ponctualité en hausse et une fréquentation en progression de 45 %. Un an après son lancement, la ligne TER Transdev entre Marseille, Toulon et Nice, exploitée par l’opérateur privé depuis juin 2025, affiche des résultats qui tranchent avec les critiques initiales. Selon BFM Business, l’exploitant, la Région Sud et les usagers se félicitent de ce bilan, même si les syndicats restent plus réservés sur les coûts et la pertinence de cette ouverture à la concurrence.
Ce qu'il faut retenir
- La ligne TER Transdev Marseille-Nice a transporté 5 millions de voyageurs en un an, soit une hausse de 45 % par rapport à l’année précédente.
- La ponctualité est passée de 94 % en 2024 à 98,4 % au premier semestre 2026, selon les chiffres de la Région Sud.
- L’offre a été doublée : un train par heure entre Marseille, Toulon et Nice, contre un train toutes les deux heures auparavant.
- Le prix de l’abonnement a baissé de 20 %, une mesure saluée par les usagers.
- La Région Sud a investi 300 millions d’euros dans l’achat de 16 trains neufs et la construction d’un centre de maintenance.
- Les syndicats contestent l’ouverture à la concurrence, estimant que la SNCF aurait pu obtenir les mêmes résultats avec des moyens équivalents.
Un démarrage chaotique suivi d’un rebond marqué
Le 1er juin 2025, Transdev remplaçait SNCF Voyageurs sur cette ligne stratégique, marquant l’un des premiers grands marchés remportés par un opérateur privé en France dans le cadre de l’ouverture à la concurrence du secteur ferroviaire. Selon BFM Business, les débuts avaient été difficiles : retards dans la livraison des trains neufs commandés à Alstom, dysfonctionnements opérationnels et une grève des salariés après six mois d’exploitation, en raison de rémunérations jugées insuffisantes et de conditions de travail dégradées.
Pourtant, un an plus tard, le bilan est jugé satisfaisant par la plupart des acteurs. La Région Sud, qui supervise ce service public régional, met en avant une baisse de 20 % du prix de l’abonnement, une ponctualité en forte amélioration et une fréquentation en forte hausse. « L’ouverture à la concurrence est le bon choix pour les usagers et notre service public régional. Au lancement de la ligne Transdev Marseille-Toulon-Nice, on nous prédisait le chaos. Un an plus tard, le bilan est là », a déclaré Renaud Muselier, président de la Région Sud, cité par BFM Business.
Une ponctualité en hausse et une offre largement améliorée
Les chiffres avancés par la Région Sud sont éloquents. Entre Marseille, Toulon et Nice, l’offre a été doublée : un train par heure, contre un train toutes les deux heures auparavant, soit 14 allers-retours quotidiens. La ponctualité, mesurée à 94 % en 2024, atteint désormais 98,4 % au premier semestre 2026. « On a gagné au moins trois points par rapport à ce que faisait la SNCF précédemment en ponctualité opérateur. On a la chance d’avoir des trains neufs, qui sont plus fiables », a souligné Thierry Mallet, PDG du groupe Transdev, lors d’un entretien avec BFM Business.
Les voyageurs semblent également conquis. Selon un sondage cité par la Région, 96 % des usagers se déclarent satisfaits du service. « C’était la pagaille, il y avait toujours des problèmes. Après un an, je pense que ce sont les meilleurs trains. Ils sont à l’heure, il y en a toutes les heures. C’est très bien », témoigne une utilisatrice régulière interrogée par Radio France, reprise par BFM Business.
Des investissements publics massifs pour un bilan contrasté
Si les résultats sont salués, les syndicats pointent du doigt le coût de cette ouverture à la concurrence. Selon eux, c’est la Région Sud — et donc le contribuable — qui a massivement investi pour permettre à Transdev d’améliorer le service. « La concurrence dans le ferroviaire ne crée pas des économies, elle impose la duplication des moyens de production et engendre des dépenses publiques supplémentaires », estime la CGT dans un communiqué cité par BFM Business.
La Région a en effet déboursé 300 millions d’euros pour l’achat de 16 trains neufs à Alstom et la construction d’un centre de maintenance flambant neuf. Les syndicats estiment que, avec les mêmes moyens, la SNCF aurait pu offrir un service tout aussi performant. « Si la SNCF avait bénéficié des mêmes moyens que Transdev, notamment ces trains neufs, son service aurait été grandement amélioré », souligne Sud Rail, une organisation syndicale citée par BFM Business.
Par ailleurs, les syndicats rappellent que la Région fixe les tarifs, ce qui limite la portée de la concurrence sur les prix. « La fréquentation a bondi de 45 %, mais c’est avant tout parce que la région a imposé à Transdev de doubler l’offre avec quatorze allers-retours quotidiens », rappellent-ils.
Une ponctualité réelle à nuancer
Malgré les progrès affichés, Sud Rail met en garde contre une vision trop optimiste de la ponctualité. L’organisation rappelle que la SNCF affichait un taux de ponctualité de 96 % sur cette ligne en 2024, avec des trains vieillissants datant des années 1980. « Les problèmes de réseau ou externes, qui ne sont pas imputables à Transdev, altèrent la ponctualité réelle des trains de la ligne », explique Sud Rail à BFM Business.
De plus, certains retards peuvent être liés à des aléas indépendants de la volonté de l’opérateur, comme des perturbations sur le réseau ou des conditions météorologiques difficiles, notamment dans une région aussi exposée que la Côte d’Azur.
Reste à voir comment évoluera cette ligne dans les mois à venir, notamment face à la concurrence accrue des transports routiers et aériens sur cet axe très fréquenté. Une chose est sûre : Transdev et la Région Sud comptent bien poursuivre sur cette voie, avec l’espoir d’en faire un modèle pour d’autres régions.
La Région Sud a fait ce choix dans le cadre de l’ouverture à la concurrence du secteur ferroviaire, une politique encouragée par l’État pour améliorer la qualité des services et réduire les coûts. Transdev a remporté l’appel d’offres lancé par la Région, permettant ainsi à un opérateur privé de prendre le relais de SNCF Voyageurs sur cette ligne stratégique.
Transdev a pour objectif d’améliorer encore l’expérience des voyageurs, notamment en maintenant un haut niveau de ponctualité et en optimisant la gestion des flux. L’opérateur devra également veiller à la satisfaction des salariés, après une grève survenue en 2025, et à la pérennité financière du service, dans un contexte de coûts élevés pour la Région.