Une nouvelle plateforme sociale se présentant comme le « vrai » Twitter a été lancée cette semaine aux États-Unis, en pleine bataille judiciaire contre la société X d’Elon Musk. Baptisée Twitter.now, cette initiative portée par la start-up Operation Bluebird – fondée notamment par l’ex-directeur juridique historique de Twitter, Stephen Coates – propose une alternative aux quelque 33 millions d’utilisateurs déçus par les transformations imposées par Musk à l’ancien réseau social, selon nos confrères de Euronews FR.

Ce qu'il faut retenir

  • Lancée par Operation Bluebird, une start-up basée en Virginie, la plateforme Twitter.now a été présentée comme une réponse aux changements apportés par Elon Musk à l’ancien Twitter, devenu X.
  • La société a déposé en décembre 2025 une requête auprès de l’USPTO pour tenter de faire annuler les marques « Twitter » et « tweet » détenues par X, arguant que ces dernières avaient été abandonnées après le rebranding.
  • Un tribunal fédéral a rendu une décision provisoire en faveur d’Operation Bluebird, permettant à la start-up de poursuivre son projet malgré une action en justice intentée par X.
  • La plateforme propose un modèle basé sur la « liberté d’expression plutôt que liberté de portée », avec une fonctionnalité permettant aux utilisateurs de filtrer les contenus selon leur niveau de fiabilité.
  • Les premiers utilisateurs peuvent s’inscrire comme « fondateurs » pour 20 dollars (17 euros), tandis que la start-up invite à soutenir financièrement sa bataille juridique contre X en versant 40 dollars (34 euros).

Le lancement de Twitter.now intervient après que Elon Musk a pris le contrôle de Twitter en octobre 2022, avant de rebaptiser la plateforme en X en juillet 2023. Ce changement radical – incluant la suppression du logo bleu emblématique de l’oiseau et la refonte de l’algorithme – a suscité de vives critiques parmi les utilisateurs historiques. « Il existait un endroit où le monde entier venait discuter. L’homme le plus riche du monde l’a acheté et l’a cassé. Nous sommes une petite équipe qui reprend Twitter, reconstruit sur la confiance », peut-on lire sur la page d’accueil de la nouvelle plateforme.

Stephen Coates, cofondateur d’Operation Bluebird et ancien membre du conseil d’administration de Twitter, a officialisé l’arrivée de Twitter.now via un message sur LinkedIn, déclarant : « « Get over your X. The bird is back. »** » Ce choix de slogan souligne l’intention de la start-up de se réapproprier l’héritage de la plateforme historique, malgré les obstacles juridiques. Selon nos confrères de Euronews FR, la start-up justifie son projet par le souhait de redonner aux utilisateurs le contrôle sur leur expérience en ligne, en s’appuyant sur le principe de « freedom of speech, not freedom of reach » (liberté d’expression plutôt que liberté de portée).

Une bataille judiciaire au cœur du projet

Le différend entre Operation Bluebird et X trouve son origine dans un dépôt de requête effectué en décembre 2025 auprès de l’Office américain des brevets et des marques (USPTO). La start-up a demandé l’annulation des marques « Twitter » et « tweet » détenues par X, arguant que ces dernières avaient été abandonnées après le rebranding. « X avait supprimé l’identité visuelle de Twitter tout en déposant simultanément une demande pour enregistrer sa propre marque Twitter, ce qui constitue une preuve de renoncement à l’ancien nom », explique-t-on du côté d’Operation Bluebird.

Cette stratégie a conduit X à engager des poursuites contre la start-up, l’accusant de violation du droit d’auteur. Pourtant, le 26 août 2026, le juge fédéral Colm Connolly a rendu une décision provisoire en faveur d’Operation Bluebird, estimant que X pourrait avoir abandonné ses droits de propriété intellectuelle. « Le tribunal a considéré que X avait potentiellement renoncé à ses marques en supprimant toute référence à Twitter, ouvrant ainsi la voie à la création de Twitter.now », précise l’article d’Euronews FR.

Cette victoire juridique temporaire a permis à la start-up de lancer sa plateforme en phase d’accès anticipé. Les utilisateurs peuvent s’y inscrire en tant que « fondateurs » pour un tarif de 20 dollars (17 euros), une somme qui leur donne accès à la plateforme et leur permet de réserver un pseudonyme. Par ailleurs, la start-up propose aux internautes de soutenir financièrement sa bataille contre X en versant 40 dollars supplémentaires (34 euros), une somme présentée comme un engagement dans ce qui est décrit comme une lutte « David contre Goliath ».

Un modèle axé sur la transparence et le contrôle utilisateur

Twitter.now se distingue par son approche en matière de modération et de personnalisation des contenus. La plateforme introduit une fonctionnalité permettant aux utilisateurs de « régler le curseur » pour ajuster la proportion de contenus considérés comme « de confiance » ou « peu fiables » dans leur fil d’actualité. Bien que la méthode de détermination de cette fiabilité n’ait pas encore été détaillée, la start-up précise que son fonctionnement sera régi par la « Birdhouse Constitution and Community Guidelines », un ensemble de règles censé garantir un environnement plus sain.

Operation Bluebird s’engage à interdire les contenus illégaux, l’exploitation d’enfants, les menaces de violence, le harcèlement, les escroqueries et autres comportements nuisibles. Les règles de modération, encore en cours d’élaboration, devraient évoluer en fonction des retours des utilisateurs. « Notre objectif n’est pas de recréer l’ancienne plateforme, mais de construire un espace où les utilisateurs ont le pouvoir de façonner leur expérience », a expliqué Stephen Coates dans son message sur LinkedIn.

Cette initiative répond à un mécontentement croissant parmi les anciens utilisateurs de Twitter, dont certains ont migré vers des plateformes alternatives perçues comme plus respectueuses de la vie privée ou moins polarisantes. Selon des estimations citées par Euronews FR, près de 33 millions d’utilisateurs dans le monde auraient quitté X depuis le changement de direction, cherchant des alternatives jugées plus fiables ou plus adaptées à leurs attentes.

Et maintenant ?

La prochaine étape pour Operation Bluebird consistera à élargir l’accès à Twitter.now au-delà de la phase d’essai, tout en poursuivant son combat judiciaire contre X. Le calendrier judiciaire reste cependant incertain : X pourrait faire appel de la décision provisoire rendue par le juge Connolly, prolongeant ainsi un conflit qui pourrait s’étendre sur plusieurs mois. Par ailleurs, la start-up devra rapidement clarifier les critères de sa « Birdhouse Constitution », sous peine de voir sa crédibilité remise en question par les utilisateurs. Enfin, l’accueil réservé à cette plateforme par les anciens utilisateurs de Twitter – dont certains restent attachés à X malgré les critiques – déterminera son avenir à moyen terme.

L’issue de cette confrontation juridique entre deux visions opposées de l’avenir des réseaux sociaux suscite déjà de nombreuses questions. La capacité d’Operation Bluebird à fédérer une communauté suffisamment large pour menacer la domination de X dépendra en grande partie de sa capacité à se différencier et à garantir un environnement sûr et transparent. Reste à voir si les utilisateurs préféreront une plateforme fondée sur la confiance ou continueront à utiliser X, malgré les controverses qui l’entourent.

La start-up soutient que X a renoncé à ces marques après avoir supprimé l’identité visuelle de Twitter et l’avoir remplacée par le logo « X » en juillet 2023. Elle argue que ce changement équivaut à un abandon, justifiant ainsi son droit à utiliser le nom « Twitter » pour sa nouvelle plateforme.

Les utilisateurs doivent s’acquitter de 20 dollars (17 euros) pour s’inscrire en tant que « fondateurs ». Cette somme leur permet d’accéder à la plateforme en phase d’essai et de réserver un pseudonyme. Un supplément de 40 dollars (34 euros) est proposé pour soutenir financièrement la bataille juridique d’Operation Bluebird contre X.