Un ancien commandant taliban afghan a été condamné, mardi 9 juin, à 42 ans de prison par un tribunal fédéral de New York. Haji Najibullah, 50 ans, a plaidé coupable en avril 2025 pour prise d'otages et soutien matériel à des actes de terrorisme ayant entraîné la mort, selon BMF - International.

Ce qu'il faut retenir

  • Haji Najibullah, 50 ans, a été condamné à 42 ans de prison pour des faits remontant à 2007-2009.
  • Il a été arrêté en Ukraine en octobre 2020 et transféré aux États-Unis, où il a plaidé coupable en 2025.
  • Parmi les chefs d'accusation : l'enlèvement d'un journaliste américain et de deux Afghans, ainsi que des attaques ayant coûté la vie à trois militaires américains.
  • Le procureur général par intérim, Todd Blanche, a rappelé que « ceux qui portent atteinte à des Américains et se livrent à des actes de terrorisme seront traqués et traduits en justice, quel que soit le temps que cela prend ».

Une carrière criminelle marquée par des attaques contre les forces américaines

Selon l'acte d'accusation, Haji Najibullah, ancien commandant taliban, a participé à l'organisation d'une série d'attaques entre 2007 et 2009. L'une des plus meurtrières a eu lieu en juin 2008 : un convoi militaire américain a été visé, faisant trois morts parmi les soldats américains et leur interprète. Ces faits lui ont valu une inculpation en 2021, soit plus d'une décennie après les événements.

Les autorités américaines ont souligné que Najibullah n'agissait pas seul. « En tant que commandant taliban, il a soutenu des attentats terroristes brutaux qui ont tué des militaires américains et a organisé la prise en otage barbare d'un journaliste américain et de civils afghans », a déclaré Todd Blanche, procureur général par intérim des États-Unis, dans un communiqué.

L'enlèvement d'un journaliste américain et de deux civils afghans

Les charges retenues contre Najibullah incluent également l'enlèvement d'un journaliste américain et de deux Afghans en 2008. Leur identité n'a jamais été officiellement révélée, mais les éléments recueillis par la justice américaine et les médias de l'époque permettent d'éclairer cette affaire. Selon les informations disponibles, il s'agirait de David Rohde, journaliste du New York Times, accompagné d'un traducteur et d'un chauffeur.

Les ravisseurs ont retenu leurs otages pendant sept mois. David Rohde a réussi à s'échapper en juin 2009, grâce à une opération clandestine. Le New York Times avait alors choisi de taire l'enlèvement pour ne pas mettre en danger la vie des otages. Cette affaire avait marqué l'opinion publique américaine, en pleine guerre en Afghanistan.

Un parcours judiciaire s'étalant sur près de deux décennies

L'arrestation de Najibullah en octobre 2020 en Ukraine, puis son transfert vers les États-Unis, a marqué une étape clé dans ce dossier. Les autorités ukrainiennes avaient coopéré avec Washington pour le remettre aux mains de la justice américaine. Son procès s'est ouvert des années après les faits, en raison de la complexité des enquêtes et des procédures d'extradition.

En avril 2025, Najibullah a plaidé coupable des chefs d'accusation retenus contre lui. Cette décision a permis d'éviter un procès long et coûteux, tout en garantissant une condamnation ferme. La juge fédérale de New York a finalement prononcé une peine de 42 ans de prison, reflétant la gravité des actes commis et leur impact sur les victimes et leurs familles.

« Ceux qui portent atteinte à des Américains et se livrent à des actes de terrorisme seront traqués et traduits en justice, quel que soit le temps que cela prenne. »
Todd Blanche, procureur général par intérim des États-Unis

Une condamnation symbolique dans le contexte géopolitique actuel

Cette affaire survient dans un contexte où les États-Unis maintiennent une présence militaire résiduelle en Afghanistan, malgré le retrait officiel des troupes en 2021. La condamnation de Najibullah envoie un message clair aux groupes armés et aux individus impliqués dans des actes de terrorisme visant des Américains. Elle rappelle aussi l'engagement des autorités judiciaires à poursuivre les crimes commis il y a plusieurs décennies, même lorsque les faits remontent à une époque de conflit ouvert.

Pour les familles des victimes, cette condamnation apporte une forme de justice tardive. Cependant, elle ne rendra pas les vies perdues ni ne réparera les souffrances endurées. Les proches des militaires américains tués en 2008 et des otages retenus en 2008-2009 espéraient depuis des années que la justice finirait par prévaloir.

Et maintenant ?

La condamnation de Haji Najibullah marque la fin d'une procédure judiciaire longue de près de vingt ans. Aucune information n'a été communiquée concernant d'éventuelles poursuites contre d'autres membres des talibans impliqués dans ces attaques. Les autorités américaines pourraient, à l'avenir, chercher à obtenir l'extradition d'autres individus recherchés pour des actes similaires. Par ailleurs, cette affaire pourrait relancer le débat sur la coopération internationale en matière de lutte contre le terrorisme, notamment avec les pays ayant servi de refuge à des anciens combattants.

Pour les observateurs, cette condamnation rappelle aussi que les crimes de guerre et les actes de terrorisme ne connaissent pas de prescription aux États-Unis, où les poursuites peuvent être engagées des décennies après les faits.

Haji Najibullah a été arrêté en Ukraine en octobre 2020 dans le cadre d'une coopération judiciaire entre Kiev et Washington. Les autorités ukrainiennes ont accepté de le transférer aux États-Unis, où il a été inculpé pour des faits remontant à la guerre en Afghanistan. Aucune information officielle n'a précisé les circonstances exactes de son arrestation en Ukraine, mais ce type de coopération est courant dans les affaires de terrorisme international.