Le 6 avril 1994, l'attentat contre l'avion du président hutu Juvénal Habyarimana a déclenché le génocide des Tutsis au Rwanda, qui a duré 100 jours et a tué environ 800 000 personnes.
Selon Le Figaro, la justice française a décidé mercredi le renvoi devant les assises spéciales d'un ancien lieutenant-colonel hutu, Cyprien Kayumba, soupçonné de livraisons d'armes ayant servi à exterminer des Tutsis lors du génocide.
Cyprien Kayumba, âgé de 71 ans et d'origine hutue, a fait toute sa carrière dans l'armée rwandaise. Il était, au moment du génocide, directeur des services financiers au sein du ministère de la Défense, et chargé de la commande et de la livraison des armes.
Ce qu'il faut retenir
- Cyprien Kayumba est soupçonné de livraisons d'armes ayant servi à exterminer des Tutsis lors du génocide de 1994 au Rwanda.
- Il a été renvoyé devant les assises spéciales à Paris pour complicité de génocide et de crimes contre l'humanité.
- Cyprien Kayumba a fait toute sa carrière dans l'armée rwandaise et était directeur des services financiers au sein du ministère de la Défense au moment du génocide.
- Il a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de sortir du territoire national.
Cyprien Kayumba avait bénéficié en janvier 2025 d'un non-lieu par une juge d'instruction du pôle crimes contre l'humanité du tribunal de Paris. Mais le parquet national antiterroriste (Pnat), qui demandait un procès pour complicité de génocide et de crimes contre l'humanité, avait aussitôt fait appel.
La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a ainsi donné raison au Pnat, infirmant l'ordonnance de non-lieu, comme l'avait demandé l'avocat général dans son réquisitoire daté du 14 janvier.
Cyprien Kayumba sera jugé, à une date encore non précisée, des chefs de complicité de génocide et complicité de crimes contre l'humanité, devant la cour d'assises de Paris spécialement composée.
La chambre de l'instruction a ordonné son placement sous contrôle judiciaire, avec interdiction de sortir du territoire national, remise de son passeport et obligation de pointage.
La conclusion du procès de Cyprien Kayumba pourrait avoir des conséquences importantes pour la justice française et la communauté internationale.
