Un avion russe de type « Bear-F » a été intercepté par deux avions de chasse britanniques le 2 juillet après avoir largué plusieurs bouées acoustiques à proximité immédiate du porte-avions HMS Prince of Wales, selon Le Figaro. Cet incident s’est produit alors que le groupe aéronaval britannique participait à une mission de dissuasion de l’Otan dans l’Atlantique Nord, plus précisément en mer de Norvège.

Dans un communiqué publié ce lundi, le ministère britannique de la Défense a qualifié ces manœuvres de « dangereuses et non professionnelles ». L’appareil russe, un avion de patrouille maritime et de lutte anti-sous-marine, est passé à basse altitude et inutilement près du porte-avions avant de déployer les bouées acoustiques, utilisées pour la détection de sous-marins.

Ce qu'il faut retenir

  • Un avion russe de type « Bear-F » a été intercepté le 2 juillet en mer de Norvège par deux chasseurs britanniques.
  • L’appareil a largué des bouées acoustiques à proximité immédiate du porte-avions HMS Prince of Wales.
  • Le ministère britannique de la Défense a qualifié ces manœuvres de « dangereuses et non professionnelles ».
  • L’incident s’est déroulé dans le cadre d’une mission de dissuasion de l’Otan en Atlantique Nord.
  • L’avion russe a été escorté par deux F-35 britanniques jusqu’à ce qu’il quitte la zone.

Un avion russe en manœuvres jugées à risque près d’un porte-avions britannique

Selon les informations communiquées par le ministère britannique de la Défense, l’incident s’est produit alors que le groupe aéronaval britannique, composé du HMS Prince of Wales, de plusieurs navires, d’hélicoptères et d’avions de combat, opérait dans le cadre de l’opération Firecrest.

Le porte-parole du ministère a précisé que l’avion russe, un Tu-142 Bear-F — appareil conçu pour la surveillance maritime et la lutte anti-sous-marine — a effectué plusieurs passages à basse altitude autour du porte-avions avant de larguer les bouées acoustiques. Ces dispositifs, largués à proximité immédiate du navire, servent généralement à détecter la présence de sous-marins.

« Il est passé à basse altitude et inutilement près du HMS Prince of Wales et a largué un grand nombre de bouées acoustiques à proximité immédiate du porte-avions », a indiqué le porte-parole, soulignant le caractère « dangereux et non professionnel » de ces actions.

Une interception rapide des F-35 britanniques

Face à cette situation, l’avion russe a été intercepté par deux F-35 Lightning II britanniques, qui l’ont escorté jusqu’à ce qu’il quitte la zone. « L’appareil a été intercepté et escorté par deux F-35 britanniques (...) jusqu’à ce qu’il quitte la zone », a confirmé le porte-parole du ministère dans son communiqué.

Cet incident illustre la montée des tensions entre l’Otan et la Russie depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022. Depuis cette date, l’Alliance atlantique a considérablement renforcé sa présence militaire dans l’Atlantique Nord et la région Arctique, où les activités russes sont désormais surveillées de près.

Contexte sécuritaire en Atlantique Nord et en Arctique

En février 2026, l’Otan a lancé la mission Arctic Sentry, visant à renforcer la sécurité dans la région Arctique. Cette initiative s’inscrit dans un contexte de tensions accrues avec Moscou, alors que la Russie étend ses activités militaires dans le Grand Nord.

En mars dernier, des avions de chasse norvégiens avaient déjà été déployés à plusieurs reprises pour identifier des appareils russes lors d’un exercice de l’Otan dans le Grand Nord norvégien. Ces incidents, bien que fréquents, soulignent l’importance accordée par l’Alliance à la surveillance des activités aériennes et maritimes dans cette zone stratégique.

Une région sous haute surveillance

La mer de Norvège, située entre la Norvège, l’Islande et le Groenland, est une voie maritime majeure pour les forces de l’Otan. Elle représente également une zone de passage stratégique pour les sous-marins, notamment ceux opérant depuis les ports russes de la péninsule de Kola.

La présence accrue de la Russie dans cette région, combinée à des manœuvres militaires parfois perçues comme provocatrices, a conduit l’Otan à adapter sa stratégie de dissuasion. Les missions de patrouille maritime et les exercices militaires se multiplient pour garantir la sécurité des voies de communication et maintenir une présence dissuasive.

Et maintenant ?

Alors que les tensions persistent en Arctique, les prochains mois pourraient voir une augmentation des patrouilles aériennes et maritimes de l’Otan dans la région. La mission Arctic Sentry, prévue pour durer plusieurs années, devrait continuer à mobiliser des moyens humains et matériels significatifs. Par ailleurs, une réunion du Conseil de l’Atlantique Nord est attendue en septembre 2026 pour évaluer les mesures de sécurité supplémentaires à mettre en place.

Les autorités britanniques n’ont pas précisé si d’autres incidents similaires avaient été recensés ces derniers mois. Cependant, ce type de manœuvre russe, bien que régulier, reste toujours susceptible de dégénérer en situation de crise.

Le Tu-142 Bear-F est un avion de patrouille maritime et de lutte anti-sous-marine développé par l’Union soviétique et toujours utilisé par la Russie. Il est conçu pour surveiller les activités sous-marines ennemies, notamment en détectant les sous-marins grâce à des bouées acoustiques et d’autres capteurs. Son rayon d’action et ses capacités de surveillance en font un appareil clé pour les missions de défense dans les régions arctiques et en haute mer.

Le HMS Prince of Wales est l’un des deux porte-avions de classe Queen Elizabeth de la Royal Navy. Il sert principalement de plateforme pour des missions de projection de puissance, de dissuasion, et de soutien aux opérations de l’Otan. Dans le cadre de l’opération Firecrest, il participe à des exercices de dissuasion et à des patrouilles en Atlantique Nord, visant à garantir la sécurité des voies maritimes et à contrer les activités russes dans la région.