Pour la première fois, un système d’arme laser conçu pour neutraliser les petits drones a été installé et testé à bord d’un porte-avions américain. Selon Futura Sciences, le canon Locust, développé par l’entreprise AeroVironment, a atteint un taux de destruction de 100 % lors d’essais menés à bord de l’USS George H.W. Bush, un porte-avions nucléaire de la US Navy.

Ce qu'il faut retenir

  • Premier déploiement d’un canon laser anti-drones sur un porte-avions américain, selon Futura Sciences.
  • Le système Locust, développé par AeroVironment, a neutralisé 100 % de ses cibles lors des essais.
  • Le canon, d’une puissance de 35 kW, est conçu pour abattre des drones volant jusqu’à 650 km/h.
  • Capacité prouvée à résister aux conditions maritimes, notamment au brouillard salin et à l’humidité.
  • Le système est modulable, transportable et peut être alimenté par batterie ou par le réseau électrique du navire.

Un canon laser embarqué pour la première fois sur un porte-avions

L’US Navy a franchi une étape majeure dans la modernisation de ses systèmes de défense anti-drones en testant avec succès un canon laser à bord d’un porte-avions. Baptisé Locust (Laser Weapon System), ce système a été évalué à bord de l’USS George H.W. Bush, un navire nucléaire de classe Nimitz. Selon Futura Sciences, les essais ont démontré une efficacité parfaite : l’arme a neutralisé l’intégralité des cibles, des petits drones, lors de simulations d’attaques.

Contrairement aux systèmes laser fixes, souvent volumineux et exigeants en énergie, le Locust se distingue par sa modularité. Monté sur une plateforme palettisée, il peut être installé rapidement sur un navire, un véhicule terrestre ou même directement sur le pont d’un bateau. Avec un poids d’environ 1,5 tonne et une mise en service opérationnelle en seulement 15 minutes, ce canon offre une flexibilité inédite pour les forces armées.

Des atouts techniques adaptés aux menaces modernes

Le Locust se concentre sur la neutralisation de drones de petite taille, une menace de plus en plus prisée dans les conflits contemporains. Grâce à une puissance maximale de 35 kW, il est capable de concentrer son faisceau laser sur une zone de moins de 0,5 cm de diamètre, réduisant ainsi toute cible à néant. Selon AeroVironment, cité par Futura Sciences, la formation des opérateurs ne nécessite qu’une heure pour maîtriser le système, dont la commande s’effectue via une interface intuitive s’apparentant à une manette de console de jeu.

Autres innovations notables : le canon intègre une intelligence artificielle pour détecter, classer et suivre automatiquement les menaces. Il peut pivoter à 360 degrés et est conçu pour compenser les mouvements du navire lors de ses tirs. Les essais ont également validé sa résistance aux conditions extrêmes, comme le brouillard salin et l’humidité, essentielle pour une utilisation en milieu maritime.

Une réponse aux défis posés par les essaims de drones

L’utilité d’un tel système sur un porte-avions en mer peut sembler limitée, les petits drones représentant une menace mineure en haute mer. En revanche, son déploiement prend tout son sens lorsque le navire est à quai, notamment dans des zones à risque où des drones peuvent être utilisés pour des missions d’espionnage, d’intimidation ou de sabotage. Comme le rappelle Futura Sciences, les conflits récents, comme l’attaque iranienne contre des cibles américaines en 2024, ont montré la vulnérabilité des grandes plateformes face à des essaims de drones peu coûteux mais difficiles à intercepter avec des moyens conventionnels.

Les systèmes de défense traditionnels, tels que les missiles ou les canons conventionnels, sont souvent trop coûteux pour neutraliser des drones de faible valeur. Les canons laser, en revanche, offrent une solution économique et réactive. Plusieurs pays, dont la France et la Chine, développent des technologies similaires, mais les États-Unis accélèrent le déploiement de ces armes pour renforcer leur supériorité technologique sur les théâtres d’opérations.

Un système encore limité par ses contraintes opérationnelles

Malgré ses performances impressionnantes, le Locust présente quelques limites. D’abord, il ne peut gérer qu’un maximum de trois cibles simultanément, devant les abattre une par une. Ensuite, sa puissance de 35 kW le destine principalement à des drones de petite taille, excluant les missiles ou les drones de combat plus imposants. Enfin, son autonomie dépend de l’alimentation électrique disponible à bord, ce qui peut poser problème en cas de panne prolongée.

Selon Futura Sciences, AeroVironment travaille déjà sur des versions plus puissantes, capables de neutraliser des cibles plus larges ou de gérer un plus grand nombre de menaces en parallèle. Ces améliorations pourraient étendre l’utilité du Locust bien au-delà de la simple défense anti-drone légère.

Et maintenant ?

Les résultats des essais menés sur l’USS George H.W. Bush pourraient accélérer le déploiement du Locust sur d’autres navires de la US Navy. AeroVironment, qui a déjà livré d’autres systèmes laser à l’armée américaine, pourrait recevoir de nouvelles commandes dans les mois à venir. Par ailleurs, la France et d’autres pays européens, qui testent également des canons laser, pourraient s’inspirer de cette démonstration pour accélérer leurs propres programmes. Reste à voir si ces technologies deviendront un standard dans les années à venir ou si elles resteront réservées à des usages ciblés.

L’un des enjeux majeurs sera de déterminer si ces systèmes pourront être intégrés de manière permanente sur les porte-avions, ou s’ils resteront des solutions temporaires en attendant des technologies plus avancées. Une chose est sûre : la menace des drones, qu’ils soient rustiques ou sophistiqués, ne fera que croître, obligeant les marines du monde entier à adapter leurs défenses.

Bien que les petits drones ne représentent qu’une menace limitée en haute mer, leur utilisation lors des escales ou dans des zones à risque (comme les détroits ou les ports) peut être problématique. Un canon laser permet de « nettoyer » rapidement le ciel de ces intrus, évitant espionnage, intimidation ou sabotage. Selon Futura Sciences, cette solution est particulièrement adaptée aux ports où la densité de drones peut être élevée.