Selon Le Figaro, la ville de Tbilissi, capitale de la Géorgie, est au cœur d'une controverse suite à la décision des autorités de démolir un complexe culturel à moitié terminé, connu sous le nom de « Tubes », dont l'allure futuriste divise la population. Les deux cylindres de métal argenté et de verre, installés en plein centre-ville dans un parc au bord de la Koura, tranchent dans le panorama historique de Tbilissi.

Conçu par les architectes italiens Massimiliano et Doriana Fuksas et construit dans le quartier historique de Rike en 2011-2012, le complexe devait abriter une salle de concert et un centre d'exposition, mais les travaux ont été interrompus en 2012 après la défaite du Mouvement national uni de Mikhaïl Saakachvili face au Rêve géorgien, laissant les intérieurs inachevés. Il a ensuite été vendu pour une somme bien inférieure à celle engagée pour sa construction.

Ce qu'il faut retenir

  • Le complexe culturel, symbole de la modernisation de la Géorgie, est menacé de démolition.
  • Les autorités de Tbilissi ont approuvé la démolition du site pour laisser place à un hôtel.
  • Le complexe a coûté environ 29 millions de dollars, financés par des fonds publics.
  • Mikhaïl Saakachvili, ancien président de la Géorgie, s'oppose à la démolition, considérant le site comme un « chef-d'œuvre culturel et architectural mondial ».

Contexte et réactions

La Géorgie est secouée depuis plusieurs années par des luttes entre tenants d’une intégration à l’Union européenne et un gouvernement aux méthodes de plus en plus antidémocratiques. Le pays est déchiré entre ceux qui souhaitent s'orienter vers l'Europe et ceux qui préfèrent maintenir des relations étroites avec la Russie. Le centre culturel, initialement perçu comme un symbole de modernisation et d'émancipation face à la Russie, est devenu un enjeu de ce conflit.

Massimiliano Fuksas, l'architecte du projet, a critiqué la décision de démolir le complexe, la qualifiant de « folie ». Il a souligné que si de l'argent public a été dépensé pour construire quelque chose, il n'y a aucune raison de le détruire. L'architecte a également proposé de discuter d'usages alternatifs du complexe, mais n'a reçu aucune réponse des autorités géorgiennes.

Et maintenant ?

L'actuel propriétaire privé des bâtiments a jusqu'au 25 décembre pour finir la démolition. Les partisans du centre culturel espèrent encore pouvoir le sauver, mais les perspectives sont sombres. La décision de démolition est considérée par beaucoup comme une tentative du Rêve géorgien, parti au pouvoir, d'effacer les symboles architecturaux associés à Mikhaïl Saakachvili, ancien président aujourd'hui en prison.

La situation reste tendue, et il est difficile de prédire comment les événements vont se dérouler. Cependant, il est clair que la décision concernant le centre culturel de Tbilissi aura des implications significatives pour l'avenir de la Géorgie et son orientation géopolitique.

La communauté internationale observe avec intérêt le développement de cette situation, consciente de l'importance de préserver les symboles culturels et architecturaux d'un pays, mais également des défis politiques et économiques auxquels la Géorgie est confrontée.