Un gigantesque cimetière de baleines, contenant **485 fossiles de cétacés** répartis sur un corridor sous-marin de **1 200 kilomètres**, vient d’être identifié par des chercheurs chinois et italiens. Selon Reporterre, cette découverte, publiée le **10 juin 2026** dans la revue Nature, représente le plus vaste ensemble de ce type jamais recensé. Les fossiles reposent à **7 000 mètres de profondeur**, dans la zone Diamantina, située à l’ouest de l’Australie, au cœur de l’océan Indien.

Ce qu'il faut retenir

  • 485 fossiles de cétacés découverts sur un corridor de 1 200 kilomètres
  • Profondeur record de 7 000 mètres sous la surface de l’océan Indien
  • Zone Diamantina, à l’ouest de l’Australie, identifiée comme site du cimetière
  • Le plus ancien squelette daté de 5,3 millions d’années
  • Étude publiée le 10 juin 2026 dans la revue Nature
  • Recherche menée par des équipes chinoises et italiennes

Une découverte majeure pour la paléontologie marine

Cette découverte dépasse en ampleur tout ce qui avait été observé jusqu’à présent. « Nous n’avions jamais rien vu de comparable en termes de concentration de fossiles sur une telle étendue », a déclaré le Pr Liu Wei, paléontologue à l’Université de Pékin et co-auteur de l’étude. D’après les chercheurs, la majorité des squelettes appartiendraient à des espèces aujourd’hui disparues, offrant ainsi un aperçu rare de la biodiversité marine passée. La zone Diamantina, connue pour ses reliefs sous-marins, s’avère être un véritable conservatoire géologique.

Un écosystème préservé sur des millions d’années

Les fossiles, répartis le long d’un corridor sous-marin, témoignent d’une histoire géologique complexe. « L’état de conservation de certains squelettes est exceptionnel », a souligné le Dr Marco Bianchi, géologue à l’Université de Rome et co-auteur de l’étude. Le plus ancien spécimen identifié, âgé de **5,3 millions d’années**, date du Pliocène, une période marquée par des changements climatiques majeurs. Cette découverte pourrait ainsi éclairer les mécanismes d’adaptation des cétacés aux variations environnementales.

Une avancée rendue possible par les technologies modernes

L’identification de ce cimetière géant a été rendue possible grâce à l’utilisation de sonars haute résolution et de robots sous-marins. « Sans ces outils, une telle découverte aurait été impossible », a expliqué le Pr Liu Wei. Les chercheurs ont cartographié la zone sur plusieurs années, révélant une concentration de fossiles bien plus importante que prévu. Cette avancée technologique ouvre la voie à de nouvelles explorations des fonds marins encore inexplorés.

Et maintenant ?

Les chercheurs prévoient désormais d’analyser plus en détail la composition des fossiles afin de reconstituer les écosystèmes passés. Une expédition supplémentaire est d’ores et déjà programmée pour **septembre 2026**, afin de prélever des échantillons supplémentaires. Par ailleurs, cette découverte pourrait inciter à une protection accrue des zones abyssales, encore peu étudiées. Reste à voir si d’autres cimetières de ce type seront identifiés dans les années à venir.

Cette découverte soulève également des questions sur l’impact des activités humaines sur les fonds marins. Certains experts appellent à une meilleure régulation des explorations minières en eaux profondes, afin de préserver ces archives naturelles uniques.

D’après les chercheurs, la profondeur extrême et l’isolement géographique de la zone Diamantina ont limité les perturbations naturelles et anthropiques. Les courants marins et la sédimentation ont favorisé la conservation des fossiles sur de longues périodes.