Dans un revirement inattendu, Carlo Cordeiro, ancien président de la fédération américaine de football (US Soccer) et figure clé de la candidature victorieuse des États-Unis pour l’organisation du Mondial 2026, a annoncé sa démission de son poste de conseiller auprès du président de la FIFA, Gianni Infantino. Cette décision, révélée dans une interview accordée au média britannique Sky News et rapportée par Libération, intervient en pleine polémique autour du projet de privatisation partielle de l’événement.

Selon Libération, Carlo Cordeiro a justifié son départ en invoquant des désaccords profonds avec la direction actuelle de la FIFA sur la gouvernance future de la Coupe du monde. Il a notamment mis en garde contre les risques liés à une éventuelle privatisation, qu’il qualifie de menace pour l’avenir du football mondial.

Ce qu'il faut retenir

  • Carlo Cordeiro, artisan de la candidature américaine pour le Mondial 2026, quitte son poste de conseiller de Gianni Infantino.
  • Sa démission est motivée par son opposition au projet de privatisation de la Coupe du monde.
  • Il estime que ce projet « va hypothéquer le futur du football » selon ses déclarations à Sky News.
  • L’annonce a été faite dans une interview au média britannique Sky News, reprise par Libération.
  • Gianni Infantino reste à la tête de la FIFA, dont la gouvernance est désormais critiquée par l’un de ses proches collaborateurs.

Un départ symbolique dans un contexte de tensions

Carlo Cordeiro n’est pas un simple conseiller : il a joué un rôle central dans la réussite de la candidature conjointe États-Unis-Canada-Mexique pour l’édition 2026. Sa démission intervient alors que la FIFA, dirigée par Gianni Infantino, envisage de réformer en profondeur l’organisation de la Coupe du monde, notamment en intégrant davantage d’acteurs privés dans sa gestion. Une réforme que Cordeiro juge incompatible avec les valeurs historiques du football.

Dans ses propos rapportés par Libération, il a précisé : « Cela va hypothéquer le futur du football. Je ne peux pas cautionner une telle évolution. » Ces mots, prononcés devant Sky News, résument l’ampleur du désaccord qui l’oppose désormais à la ligne directrice de la FIFA.

La privatisation, un sujet clivant au sein de la FIFA

Le projet de privatisation partielle de la Coupe du monde, bien que jamais officiellement validé, suscite des débats houleux au sein des instances dirigeantes. Certains y voient une opportunité de modernisation et d’ouverture à de nouveaux investissements, tandis que d’autres, à l’image de Cordeiro, craignent une dérive commerciale au détriment de l’équité sportive. Ce dernier a d’ailleurs souligné que la privatisation risquait d’accroître les inégalités entre les fédérations nationales, les plus riches bénéficiant mécaniquement d’un avantage compétitif.

Cette divergence de vues s’ajoute à une série de controverses entourant la gouvernance de Gianni Infantino, déjà critiqué pour son manque de transparence dans la gestion des contrats commerciaux de la FIFA. En 2020, il avait notamment été au cœur d’une enquête du parquet fédéral suisse pour corruption présumée, finalement classée sans suite.

Et maintenant ?

La démission de Carlo Cordeiro pourrait relancer le débat sur la gouvernance de la FIFA, alors que la Coupe du monde 2026 approche à grands pas. Les prochaines semaines devraient être décisives : une réunion extraordinaire du Conseil de la FIFA est prévue pour le 20 septembre 2026, afin d’examiner les propositions de réforme de l’organisation. Si le projet de privatisation est effectivement soumis au vote, les divisions internes risquent de s’accentuer, avec un possible départ en cascade d’autres membres influents.

Pour l’heure, Gianni Infantino n’a pas réagi publiquement à cette démission. Reste à savoir si ce départ isolé aura un effet d’entraînement au sein de l’institution. Une chose est sûre : la pression sur la FIFA pour clarifier sa stratégie s’intensifie, à quelques mois du coup d’envoi d’une compétition qui promet d’être historique.

Il s’agit d’une réforme envisagée par la FIFA pour confier une partie de l’organisation de la Coupe du monde à des acteurs privés, notamment en matière de commercialisation des droits audiovisuels et de gestion des infrastructures. Ce projet, jamais officiellement adopté, vise à moderniser l’événement mais suscite des craintes de dérive commerciale.