Un DJ français connu sous le pseudonyme de DJ Krypton fait l’objet de menaces de mort et d’intimidations depuis qu’il a publiquement critiqué, sur les réseaux sociaux, l’hommage rendu par le président du Rassemblement National, Jordan Bardella, à l’artiste électronique Kavinsky lors d’un meeting politique.
Selon Franceinfo - Culture, l’artiste a été la cible, en moins de 48 heures, de plusieurs messages violents et de publications diffamatoires sur les plateformes X (ex-Twitter) et Facebook. Certains internautes ont relayé ses coordonnées personnelles, tandis que d’autres appelaient à des représailles physiques. Franceinfo - Culture révèle que ces menaces ont été signalées aux autorités, sans qu’aucune plainte formelle n’ait encore été déposée à ce stade.
Ce qu'il faut retenir
- Un DJ français, DJ Krypton, fait l’objet de menaces après avoir critiqué un hommage rendu à Kavinsky par Jordan Bardella.
- Des messages violents, incluant des appels à la violence et la diffusion de ses coordonnées personnelles, ont été publiés sur les réseaux sociaux.
- Les autorités ont été saisies, mais aucune plainte n’a encore été déposée pour l’instant.
- L’hommage en question a été rendu lors d’un meeting du Rassemblement National le 5 août 2026.
- DJ Krypton avait exprimé son désaccord en qualifiant cette initiative de « récupération politique » d’un symbole de la culture électronique française.
Un hommage controversé à Kavinsky
Lors d’un meeting organisé par le Rassemblement National à Vitrolles le 5 août 2026, Jordan Bardella a rendu un hommage à Kavinsky, figure majeure de la musique électronique française des années 2010. Le leader d’extrême droite a salué « l’héritage musical français » incarné par l’artiste, dont le titre Nightcall est devenu un tube international.
Cette prise de parole a suscité une vive polémique dans le milieu culturel, plusieurs personnalités du secteur estimant que l’hommage était « instrumentalisé » à des fins politiques. DJ Krypton, dont le vrai nom n’a pas été divulgué, s’est particulièrement exprimé contre cette récupération, qualifiant l’initiative de « détournement » d’une œuvre artistique.
Une réaction en chaîne sur les réseaux sociaux
Dans les heures qui ont suivi la publication des images du meeting, DJ Krypton a partagé son avis sur X, critiquant ouvertement Jordan Bardella. « Ce n’est pas parce qu’on aime un tube des années 2010 qu’on peut s’approprier toute une scène musicale », a-t-il écrit, avant d’ajouter : « La culture n’est pas un outil de propagande. »
Ces propos ont déclenché une vague de réactions, majoritairement négatives. Plusieurs comptes, identifiés comme proches ou sympathisants du RN, ont partagé des captures d’écran de ses publications accompagnées de commentaires insultants. Certains ont même diffusé son numéro de téléphone et son adresse personnelle, une pratique connue sous le nom de « doxxing », passible de sanctions pénales.
Une escalade des menaces et des craintes pour la sécurité
Selon Franceinfo - Culture, les messages adressés à DJ Krypton incluent des appels à « lui faire payer » ou à « lui casser la gueule ». L’un d’eux, particulièrement explicite, promettait : « On sait où tu habites. » Ces menaces ont poussé l’artiste à désactiver temporairement ses comptes sur les réseaux sociaux et à renforcer la confidentialité de ses coordonnées.
Dans un entretien accordé à Franceinfo - Culture, DJ Krypton a indiqué se sentir « traqué » et a appelé à la responsabilité des plateformes numériques. « Les réseaux sociaux ont une responsabilité dans la modération de ces contenus haineux, a-t-il souligné. Aujourd’hui, on est dans un climat où la critique politique peut se transformer en chasse aux sorcières. »
« Ce n’est pas parce qu’on aime un tube des années 2010 qu’on peut s’approprier toute une scène musicale. La culture n’est pas un outil de propagande. »
— DJ Krypton, dans une publication sur X
Pour l’heure, DJ Krypton reste sous protection informelle de ses proches et de sa communauté artistique, tandis que les associations de défense des libertés numériques appellent à une réaction ferme des plateformes et des pouvoirs publics.