Un os fossilisé découvert en Antarctique en 1985 et oublié pendant près de quarante ans dans un tiroir du British Antarctic Survey vient d’être identifié comme le tout premier fossile de dinosaure jamais trouvé sur le continent blanc. Selon Futura Sciences, cette vertèbre, appartenant probablement à un titanosaure, réécrit l’histoire de la paléontologie antarctique et éclaire les déplacements des géants du Crétacé.

Ce qu'il faut retenir

  • Un fossile découvert en 1985 sur la péninsule d’Ulu, en Antarctique, a été identifié en 2026 comme le premier dinosaure jamais trouvé sur ce continent.
  • La vertèbre, vieille de 86,2 millions d’années, appartient à un titanosaure, un groupe de sauropodes parmi les plus grands animaux terrestres.
  • Jusqu’à présent, le premier fossile de dinosaure antarctique était considéré comme un ankylosaure découvert en 1986.
  • Les chercheurs estiment que l’animal mesurait entre 6 et 7 mètres, mais son espèce exacte reste indéterminée.
  • Cette découverte pourrait confirmer que les titanosaures ont migré depuis l’Amérique du Sud vers la Zealandia en passant par l’Antarctique.

Un fossile oublié pendant quatre décennies

En 1985, une expédition britannique menée sur la péninsule d’Ulu, au nord-ouest de l’île James Ross, en Antarctique, met au jour un os fossilisé. À l’époque, les scientifiques hésitent sur son origine. Dans ses notes de terrain, le géologue Mike Thomson évoque simplement la possible « vertèbre d’un grand reptile ». Faute d’identification plus précise, le spécimen, vieux de 86,2 millions d’années, est rangé dans les collections géologiques du British Antarctic Survey, à Cambridge, où il reste oublié jusqu’en 2026.

C’est finalement l’examen par des paléontologues du Musée d’histoire naturelle de Londres qui révèle sa véritable nature : il s’agit d’une vertèbre appartenant à un dinosaure, probablement située dans la queue d’un titanosaure. Cette découverte, selon Futura Sciences, change la donne pour l’histoire des dinosaures en Antarctique.

Le premier dinosaure antarctique, un titanosaure

Jusqu’à présent, le premier fossile de dinosaure découvert en Antarctique était considéré comme un squelette partiel d’ankylosaure mis au jour en 1986. Désormais, le fossile collecté un an plus tôt devient officiellement le premier fossile de dinosaure non aviaire trouvé sur ce continent. Selon les chercheurs, cette vertèbre appartenait à un titanosaure, un groupe de sauropodes qui compte parmi les plus grands animaux terrestres ayant jamais existé.

Le spécimen ne représente toutefois qu’une infime partie du squelette, ce qui empêche d’identifier précisément son espèce. Les scientifiques estiment que l’animal mesurait probablement entre 6 et 7 mètres. Ils ignorent s’il s’agissait d’une espèce de petite taille ou d’un individu juvénile au moment de sa mort.

Un indice précieux sur les écosystèmes antarctiques

Les fossiles de dinosaures restent extrêmement rares en Antarctique, dont le registre paléontologique est l’un des plus pauvres au monde. Chaque nouvelle découverte apporte donc des indices précieux sur les écosystèmes qui occupaient autrefois cette région, bien avant qu’elle ne soit recouverte par la glace. Selon Futura Sciences, cette vertèbre pourrait également éclairer les déplacements des titanosaures durant le Crétacé.

À cette époque, l’Antarctique, l’Amérique du Sud, l’Australie et la Zealandia – le continent aujourd’hui en grande partie immergé auquel appartient la Nouvelle-Zélande – étaient encore reliés. Les auteurs de l’étude suggèrent que les titanosaures aient rejoint la Zealandia depuis l’Amérique du Sud en passant par la péninsule Antarctique, plutôt que par l’Australie. Une hypothèse qui expliquerait pourquoi leurs fossiles sont connus en Nouvelle-Zélande, mais toujours absents d’Australie.

Et maintenant ?

Les résultats de ces travaux viennent d’être publiés dans la revue Acta Palaeontologica Polonica. Les chercheurs prévoient désormais d’approfondir l’étude de ce fossile pour tenter d’en savoir plus sur son espèce et son rôle dans l’écosystème antarctique. D’autres expéditions pourraient être organisées pour rechercher de nouveaux spécimens dans la région.

Une découverte qui bouleverse les hypothèses

Cette identification change la chronologie des découvertes de dinosaures en Antarctique. Pendant près de quarante ans, le fossile est resté ignoré, tout comme les indices qu’il pouvait contenir. Aujourd’hui, il offre une nouvelle perspective sur la biodiversité du continent blanc il y a des dizaines de millions d’années. Selon Futura Sciences, cette vertèbre pourrait même permettre de mieux comprendre les routes migratoires des titanosaures entre les continents du Gondwana.

Les paléontologues soulignent que cette découverte rappelle l’importance de réexaminer les collections anciennes. « Ce cas montre qu’il ne faut jamais sous-estimer le potentiel des spécimens oubliés », a déclaré un responsable des collections du British Antarctic Survey. Une preuve que les trésors de la science se cachent parfois là où on ne les attend pas.

La publication de cette étude ouvre également la voie à de nouvelles recherches sur les écosystèmes antarctiques du Crétacé. Si les titanosaures ont bien transité par l’Antarctique pour rejoindre la Zealandia, d’autres fossiles pourraient confirmer cette hypothèse dans les années à venir. En attendant, ce fossile oublié aura marqué l’histoire de la paléontologie.

L’Antarctique possède l’un des registres paléontologiques les plus pauvres au monde. La couverture glaciaire actuelle, mais aussi les conditions extrêmes qui régnaient lors de la fossilisation, rendent les découvertes exceptionnelles. De plus, une grande partie du continent reste inexplorée en raison de son isolement et de ses conditions climatiques.