Un ressortissant français a été interpellé en Italie pour trafic d’armes après la découverte de trois missiles antichars et d’autres équipements militaires dans sa camionnette, selon Le Figaro. L’homme, identifié comme Régis N., âgé de 46 ans, a été arrêté en juin dernier dans la ville portuaire de Bari, située dans le sud du pays, et reste en détention provisoire en attendant la conclusion de l’enquête.
Ce qu'il faut retenir
- Un Français de 46 ans, Régis N., a été interpellé en juin 2026 à Bari (Italie) pour trafic d’armes.
- Trois missiles antichars Akeron et un missile d’entraînement inertes ont été découverts dans sa camionnette.
- Les armes étaient dissimulées sous des bandes adhésives bleues imitant le matériel d’entraînement de l’OTAN.
- Régis N. a affirmé transporter le matériel pour le compte de MBDA France, fabricant des missiles Akeron.
- L’enquête se poursuit en raison d’incohérences dans les documents d’accompagnement.
Une arrestation lors d’un contrôle routinier
L’interpellation de Régis N. est survenue alors que les forces de l’ordre effectuaient un contrôle de routine à la descente de son véhicule, un ferry en provenance du port grec de Patras. À l’issue de cette inspection, trois missiles antichars portables « Akeron » et un quatrième missile d’entraînement, dépourvu d’ogive, ont été découverts dans sa camionnette, comme l’a confirmé Le Figaro sur la base d’une décision judiciaire consultée par l’AFP.
Les autorités ont précisé que les engins étaient camouflés sous des bandes adhésives bleues, destinées à masquer les bandes jaunes et noires signalant normalement la présence d’une ogive hautement explosive. Une technique de dissimulation qui visait, selon les procureurs, à les faire passer pour du matériel inerte utilisé lors d’exercices de l’OTAN.
Une version contestée par les documents officiels
Lors de son audition, Régis N. a déclaré aux enquêteurs transporter ce matériel pour le compte de MBDA France, le fabricant français des missiles Akeron. Il a expliqué que les engins avaient été réparés sur l’île grecque de Crète avant d’être rapatriés vers la France. Une affirmation qui n’a pas convaincu les autorités italiennes, celles-ci ayant ordonné la poursuite de l’enquête en raison d’incohérences dans les documents d’accompagnement présentés par le suspect.
Interrogée par Le Figaro, la direction de MBDA France n’a pas immédiatement réagi à ces déclarations. Pourtant, selon le site officiel du groupe, l’Akeron est un missile de combat terrestre et naval de cinquième génération, conçu pour opérer aussi bien en rase campagne que dans des environnements urbains.
Des missiles aux caractéristiques techniques précises
Les missiles saisis, tous de type Akeron, sont des armes antichars modernes dont la portée et la précision en font des équipements stratégiques. Leur utilisation est strictement encadrée par les réglementations internationales, notamment en raison de leur potentiel létal. Les versions inertes, comme celle retrouvée dans la camionnette, sont normalement réservées aux entraînements et portent des bandes bleues pour signaler leur absence d’ogive.
Le camouflage opéré par Régis N. – recouvrir les bandes jaunes et noires par du ruban adhésif bleu – constituait donc une tentative de tromper les contrôles, une manœuvre susceptible de relever du trafic d’armes, un délit sévèrement réprimé en Italie comme dans l’ensemble de l’Union européenne.
Un trafic d’armes qui interroge sur les circuits d’approvisionnement
Cette affaire intervient dans un contexte où les trafics d’armes légères et de munitions représentent une menace persistante en Méditerranée, notamment entre l’Europe et les zones de conflit au Moyen-Orient. Les autorités italiennes, qui collaborent avec Europol et Interpol sur ce dossier, pourraient renforcer les inspections aux points d’entrée maritimes et terrestres, en particulier dans les ports majeurs comme Bari ou Gênes. L’enquête devra également établir si Régis N. agissait de sa propre initiative ou s’il était partie prenante d’un réseau plus large.
Pour l’heure, le parquet de Bari a ordonné le maintien en détention provisoire de l’accusé, estimant que le risque de fuite ou de pression sur les témoins justifiait cette mesure. Les prochaines étapes judiciaires s’annoncent donc déterminantes pour démêler les fils de cette affaire et comprendre comment des missiles de cette nature ont pu transiter à travers plusieurs pays européens sans éveiller les soupçons.
En Italie, le trafic d’armes est passible de peines pouvant aller jusqu’à 20 ans de réclusion, selon la gravité des faits et la quantité d’armes saisies. La tentative de dissimulation et la quantité d’engins militaires impliqués pourraient aggraver la situation de l’accusé.