Un miracle s’est produit ce jeudi 4 juin 2026 sur les pentes de l’Everest, où un guide népalais de 30 ans, Hillary Dawa Sherpa, a été retrouvé vivant après six jours de disparition. Selon BMF - International, il a été secouru alors qu’il rampait en direction du camp de base, à près de 8 849 mètres d’altitude.

La nouvelle a été confirmée par Pemba Sherpa, de la compagnie 8K Expeditions, chargée des opérations de secours. « Il a été retrouvé ce matin alors qu’il rampait vers le camp de base », a-t-il déclaré à l’AFP. Un hélicoptère a ensuite pris en charge le grimpeur pour le transporter vers un hôpital de Katmandou, sans que son état de santé ne soit précisé dans l’immédiat.

Ce qu'il faut retenir

  • Hillary Dawa Sherpa, guide népalais de 30 ans, a été retrouvé vivant ce 4 juin 2026 après six jours de disparition sur l’Everest.
  • Il a été secouru alors qu’il rampait vers le camp de base, à près de 8 849 mètres d’altitude.
  • Son compagnon de cordée, l’alpiniste britannique Chris Thrall, avait perdu sa trace le 30 mars 2026 lors de la descente du camp 4 vers le camp 3.
  • Cette saison printanière 2026 a battu plusieurs records de fréquentation sur l’Everest, avec plus d’un millier d’ascensions.
  • Cinq décès ont déjà été recensés cette année sur les pentes du « toit du monde ».

Une ascension marquée par une séparation brutale

Hillary Dawa Sherpa avait atteint le sommet de l’Everest le 29 mars 2026, en compagnie de Chris Thrall. Le lendemain, lors de la descente, le Britannique a perdu de vue son compagnon de cordée. « Il s’est assis pour faire une pause avec son sac sur le dos », a raconté Thrall dans une vidéo postée peu après. « Je me suis retourné et je lui ai demandé : *Hillary, ça va mon frère ?* Il m’a répondu : *Oui, oui, ça va Chris, s’il te plaît, vas-y, vas-y*. »

L’alpiniste britannique a ensuite croisé la route d’un grimpeur polonais en difficulté, mettant fin à sa recherche immédiate. « Le temps était très changeant, c’était une situation très délicate », a-t-il expliqué. « Je devais faire demi-tour pour retrouver Sherpa, dont je pouvais supposer qu’il allait repartir comme il l’avait fait des centaines de fois ? Ou aider l’autre alpiniste, sans oxygène, les doigts gelés et à l’évidence pas très loin de l’hypothermie ? »

Un sauvetage réalisé par une équipe locale dédiée au nettoyage

C’est une équipe du Sagarmatha Pollution Control Committee, chargée de l’élimination des déchets laissés par les grimpeurs, qui a localisé Hillary Dawa Sherpa ce matin-là. « Il rampait vers le camp de base quand notre équipe l’a repéré », a précisé Pemba Sherpa. L’homme, visiblement affaibli, a été évacué par hélicoptère vers Katmandou, où son état médical reste à évaluer.

Cette saison printanière 2026 sur l’Everest s’est distinguée par une fréquentation record. Selon le département népalais du tourisme, plus d’un millier d’alpinistes ont atteint le sommet, un chiffre inédit. Plusieurs records ont été battus : celui du plus grand nombre d’ascensions en une seule journée (275, le 21 mai 2026) et celui du nombre de permis délivrés à des étrangers (494).

Un bilan humain contrasté sur l’Everest

Alors que Hillary Dawa Sherpa a pu être sauvé, le bilan humain de l’année 2026 sur l’Everest reste lourd. Cinq grimpeurs sont déjà décédés sur les pentes du « toit du monde » : deux Indiens et trois Népalais. À titre de comparaison, la saison 2023 avait été la plus meurtrière avec 18 décès recensés.

Les conditions extrêmes, les changements météorologiques brutaux et la surfréquentation du site expliquent en partie ces chiffres. Les secours soulignent régulièrement les risques liés à l’altitude, aux températures glaciales et à l’épuisement des alpinistes.

Un témoignage qui illustre les dilemmes des alpinistes

Le récit de Chris Thrall met en lumière les choix cornéliens auxquels sont confrontés les grimpeurs en haute montagne. Entre poursuivre sa descente ou porter secours à un compagnon en difficulté, les marges de manœuvre sont étroites. « C’était une décision impossible », a-t-il reconnu dans sa vidéo.

Cette situation rappelle que chaque ascension sur l’Everest reste une épreuve physique et mentale, où la solidarité se heurte parfois aux limites de l’endurance. Le sort de Hillary Dawa Sherpa, miraculeusement retrouvé, contraste avec les tragédies qui jalonnent l’histoire du « toit du monde ».

Et maintenant ?

Les autorités népalaises pourraient renforcer les mesures de sécurité pour les prochaines saisons, notamment en limitant le nombre de permis ou en imposant des accompagnements obligatoires. Un rapport sur les causes de la disparition de Hillary Dawa Sherpa devrait être rendu public dans les prochains jours, afin d’éclairer les circonstances exactes de cet incident.

Dans l’immédiat, l’état de santé du guide népalais reste une priorité. Les autorités sanitaires de Katmandou n’ont pas communiqué d’informations complémentaires, mais une surveillance médicale prolongée est à prévoir.

La question des secours en haute montagne se pose une nouvelle fois. Avec une fréquentation record, les moyens logistiques et humains doivent-ils être réévalués pour éviter que de telles situations ne se reproduisent ? Autant dire que les prochaines semaines pourraient apporter des réponses concrètes.