Un jeune homme de 19 ans a été condamné, ce vendredi 5 juin 2026, à dix ans de réclusion criminelle par la cour d'assises des mineurs de la Moselle. Selon BFM - Faits Divers, il était jugé pour des faits de viols et agressions sexuelles commis à l'encontre de sept fillettes et adolescentes de son entourage, entre 2013 et 2023. La peine, assortie d'un suivi socio-judiciaire de cinq ans, intervient après des années de violences sexuelles et physiques, parfois sous la menace d'armes blanches.
Ce qu'il faut retenir
- 10 ans de réclusion prononcés contre un homme de 19 ans pour des faits de viols et agressions sexuelles sur sept victimes mineures.
- La cour a retenu l'irresponsabilité pénale pour les faits commis avant ses 13 ans, tout en écartant l'excuse de minorité pour les circonstances et sa personnalité.
- Les agressions, parfois accompagnées de violences physiques (coups, menaces de couteau), ont duré jusqu'en 2019 pour certaines victimes, puis se sont poursuivies en 2022 et 2023.
- Sept parties civiles se sont constituées, dont des cousines, des camarades de lycée et trois petites amies, dénonçant des actes sous contrainte ou pendant leur sommeil.
- La défense a évoqué un trauma et un manque d'affection dans l'enfance, tandis que l'avocat de deux victimes a salué une « belle condamnation ».
Né en 2007, l'accusé a commencé ses agressions dès 2013, ciblant principalement des membres de sa famille. Selon BFM - Faits Divers, il a violé et agressé sexuellement deux de ses cousines, nées en 2007 et 2012, pendant plusieurs années, en utilisant parfois la violence (gifles, coups de poing) ou des menaces avec un couteau. Ces faits se sont poursuivis jusqu'en 2019, avant de reprendre en 2022 avec une nouvelle victime, une camarade de lycée.
En 2022, alors qu'il était lycéen, il a suivi une camarade à la sortie du bus et l'a contrainte à des baisers et attouchements. L'année suivante, il a profité du demi-sommeil d'une autre camarade, chez des amis, pour lui imposer des caresses. Ces deux faits ont également fait l'objet de poursuites. Côté relations amoureuses, trois petites amies, nées entre 2005 et 2008, se sont aussi constituées parties civiles. Elles ont dénoncé des attouchements ou rapports sexuels sous la contrainte, avec des menaces de diffuser des photos dénudées ou de nuire à leur réputation, ainsi que des violences physiques lorsqu'elles tentaient de le repousser.
La cour a finalement retenu treize chefs d'accusation pour des faits s'étalant sur une décennie. Le parquet avait initialement requis treize ans de réclusion, assortis d'un suivi socio-judiciaire de quatorze ans. Cependant, la défense, représentée par Me Sophie Friha, a estimé que la peine de dix ans était « acceptable », soulignant que « sept victimes pour lesquelles il reconnaît l'entièreté des faits ». Elle a également mis en cause la société et la famille de l'accusé, évoquant un « cruel manque d'amour » et des traumatismes subis dans l'enfance.
« La société est responsable, comme ses parents. Il a été victime de ses traumas et l'audience a démontré que cet enfant était en cruel manque d'amour. »
— Me Sophie Friha, avocate de la défense
Du côté des parties civiles, Me Zakia Ait Ali Slimane, avocate de deux victimes, a salué une « belle condamnation », estimant que la cour avait « tenu compte de son âge, de sa dangerosité et de la multiplicité des victimes ». Le parquet, lui, avait demandé à écarter l'excuse de minorité en raison de la gravité des faits et de la personnalité de l'accusé. La cour a finalement retenu l'irresponsabilité pénale pour les actes commis avant ses 13 ans, mais a considéré qu'il était capable de discernement pour les faits ultérieurs.
Cette affaire soulève à nouveau la question de la responsabilité pénale des mineurs auteurs d'infractions graves, ainsi que celle de la prise en charge des traumatismes subis dans l'enfance. En France, l'excuse de minorité permet généralement de réduire les peines pour les moins de 18 ans, mais des exceptions existent lorsque la gravité des faits ou la maturité de l'accusé le justifient. Les débats autour de cette affaire ont ainsi mis en lumière les tensions entre la protection des mineurs et la nécessité de sanctionner des actes d'une extrême gravité.
Cette condamnation intervient dans un contexte où les questions de protection de l'enfance et de lutte contre les violences sexuelles occupent une place centrale dans le débat public. En 2025, la France a renforcé les peines pour les violences sexuelles commises sur mineurs, avec une inscription explicite du consentement dans la loi. Pourtant, les associations dénoncent encore des lacunes dans la prise en charge des victimes et dans la prévention des récidives chez les auteurs.
Les prochaines étapes pourraient inclure une réflexion sur la prise en charge des mineurs auteurs de violences sexuelles, notamment ceux ayant eux-mêmes subi des traumatismes. Des experts plaident pour un accompagnement psychologique précoce et un suivi prolongé après la majorité, afin de briser le cycle de la violence. Une mission parlementaire sur la protection de l'enfance, prévue pour 2026, pourrait intégrer des propositions issues de cette affaire.
En France, l'excuse de minorité permet de réduire les peines pour les moins de 18 ans, mais elle peut être écartée si la cour estime que l'accusé était capable de discernement au moment des faits. Dans cette affaire, la cour a considéré que les faits commis avant ses 13 ans relevaient d'une irresponsabilité pénale en raison de son jeune âge, mais a retenu sa pleine responsabilité pour les agressions ultérieures, jugées préméditées et d'une extrême gravité.