Une dizaine d’exploitations bovines ont été touchées depuis fin juillet par un virus émergent dans l’Est de la France, selon BFM Business. Transmis par des moucherons piqueurs, ce pathogène, de type Shamonda, provoque des diarrhées et une perte d’appétit chez les animaux. Les autorités sanitaires soulignent cependant que son impact reste « pour le moment jugé faible » dans les élevages concernés, contrairement à la dermatose nodulaire contagieuse bovine, responsable en 2025 de l’abattage de plus de 3 000 vaches.
Ce qu'il faut retenir
- Une dizaine d’élevages bovins touchés par un virus de type Shamonda depuis fin juillet dans l’Est de la France
- Transmission par des moucherons piqueurs ; symptômes : diarrhées et perte d’appétit chez les bovins
- Impact « faible » selon le ministère de l’Agriculture, contre des pertes bien plus lourdes lors de l’épisode de dermatose nodulaire en 2025
- Première détection en France de ce virus, originaire du Nigeria dans les années 1960 ; l’Allemagne et la Suisse recensent également des cas
- Pertes économiques estimées à 4 kg de lait par vache et par jour, selon un éleveur de l’Ain
- Aucun risque pour l’humain : le virus n’est pas transmissible à l’homme et n’affecte pas la consommation de lait ou de viande
Un virus émergent et une situation « évolutive »
Ce virus, détecté pour la première fois au Nigeria dans les années 1960, n’avait encore jamais été signalé en France. D’après les autorités sanitaires, sa propagation pourrait s’expliquer par la mobilité des vecteurs, les moucherons piqueurs, dont l’activité est favorisée par les conditions climatiques actuelles. « La situation reste évolutive », a indiqué le ministère de l’Agriculture, qui précise surveiller « de près » les exploitations touchées. Si le bilan humain reste inexistant, les conséquences économiques pèsent déjà sur les éleveurs, déjà fragilisés par les vagues de chaleur et la sécheresse des derniers mois.
Parmi les régions concernées, plusieurs départements de l’Est, comme l’Ain ou le Jura, figurent parmi les plus touchés. Les symptômes observés chez les bovins – diarrhées, baisse d’appétit et, dans certains cas, une légère fièvre – restent modérés, mais leur persistance pourrait fragiliser davantage des troupeaux déjà affaiblis par les épisodes caniculaires. « On évalue une perte de 4 kilos de lait par vache et par jour », a déclaré Didier Farfouillon, éleveur et secrétaire général de la chambre d’agriculture de l’Ain (FDSEA), auprès de BFM Business.
Des craintes pour les naissances futures et un impact économique direct
Au-delà des pertes immédiates en production laitière, les professionnels redoutent des répercussions sur les naissances à venir. Le virus Shamonda est connu pour provoquer, dans certains cas, des malformations chez les nouveau-nés. « Cela va être compliqué de motiver les troupes pour reprendre les fermes », s’inquiète Frédéric Fontis, éleveur bovin interrogé par BFM Business. « Tous les éléments s’accumulent contre nous. À un moment, on a envie de baisser les bras. »
Les pertes, bien que moins lourdes que lors de l’épisode de dermatose nodulaire de 2025, restent significatives. En Ariège, cet épisode avait conduit à l’abattage de 207 vaches, avec un impact sanitaire et économique bien plus grave. Cette fois, aucune mesure d’abattage n’a encore été décidée. Les autorités sanitaires insistent sur le fait que le virus ne représente « aucun risque » pour la consommation de lait ou de viande. Pour les éleveurs, en revanche, le cumul des difficultés – canicules, sécheresse, puis ce nouveau virus – crée une pression inédite.
Un contexte déjà éprouvant pour le secteur
Les éleveurs de l’Est de la France subissent depuis plus d’un an une succession de crises. Après les épisodes de sécheresse et de canicule de 2025, qui avaient réduit les rendements fourragers et accru la mortalité animale, ce nouveau virus intervient comme un coup de massue. « Cela va être difficile de se relever », confie un éleveur du Doubs, sous couvert d’anonymat. Les chambres d’agriculture locales multiplient les appels à la vigilance, tout en rassurant sur l’absence de danger pour les consommateurs.
Le ministère de l’Agriculture a rappelé que le virus Shamonda n’était « pas transmissible » à l’homme. « Il n’y a aucun impact pour la consommation de lait ou de viande », a-t-il précisé dans un communiqué. Une information qui, pour l’instant, ne suffit pas à apaiser les craintes des professionnels, habitués à gérer des crises sanitaires de plus en plus fréquentes.
En attendant, les professionnels du secteur appellent à une meilleure prévention contre les vecteurs de transmission. La mise en place de zones de traitement insecticide ou de filets de protection dans les pâturages pourrait être envisagée, bien que son efficacité reste à prouver. La question se pose également de savoir si ce virus, jusqu’alors absent du territoire, pourrait s’étendre à d’autres régions françaises.
Un virus sans précédent, mais des réponses déjà connues
Si le virus Shamonda est une nouveauté pour la France, sa gestion ne diffère pas fondamentalement de celle d’autres maladies animales émergentes. Les protocoles d’isolement des troupeaux infectés, la traçabilité des mouvements d’animaux et la surveillance vétérinaire restent les piliers de la lutte contre sa propagation. « On suit les mêmes procédures que pour tout pathogène animal », a expliqué un responsable de la Direction générale de l’alimentation (DGAl).
Pour les éleveurs, la résilience sera la clé. Après des années de crises successives – grippe aviaire, peste porcine, dermatose nodulaire –, le secteur bovin doit désormais composer avec un nouveau défi. « On a l’habitude de gérer l’imprévu, mais là, c’est un peu trop », résume un éleveur de Haute-Saône, résigné mais déterminé à poursuivre son activité.
À ce stade, aucune mesure d’abattage n’a été décidée, car l’impact du virus est jugé « faible » par les autorités. Une surveillance accrue des élevages touchés est mise en place, et des protocoles d’isolement des troupeaux infectés peuvent être appliqués. Les moucherons piqueurs, vecteurs de transmission, font l’objet d’une attention particulière, mais aucun traitement massif n’a encore été recommandé.
Non. Le ministère de l’Agriculture a confirmé que le virus Shamonda n’était pas transmissible à l’homme et n’avait « aucun impact » sur la consommation de lait ou de viande. Les produits issus des animaux infectés restent propres à la consommation, sous réserve du respect des normes d’hygiène habituelles.