Un olivier vieux de plus de deux millénaires, considéré comme l’un des plus anciens du Monténégro, a retrouvé sa vitalité après des années de lutte contre l’humidité et les incendies, comme le rapporte Le Figaro. Situé dans le petit village de Mirovica, cet arbre emblématique, dont les branches ont survécu à deux feux au XXe siècle, produit à nouveau des olives, attirant désormais des dizaines de milliers de visiteurs chaque année.

Ce qu'il faut retenir

  • Un olivier de 2 250 ans, estimé à cet âge par une étude turque de 2015, a été sauvé après des années de déclin.
  • Le problème initial était lié à un niveau élevé de la nappe phréatique, causé par l’urbanisation et l’artificialisation des sols.
  • Des travaux de drainage menés en octobre 2025 ont permis à l’arbre de retrouver sa production d’olives, offrant une deuxième récolte début juin 2026.
  • À Mirovica, une tradition locale veut que les visiteurs fassent trois fois le tour de l’olivier pour la santé, l’amour et la chance ou l’argent.
  • L’arbre, qui aurait été rapporté par les Grecs anciens, attire désormais des touristes internationaux, devenant un symbole de résilience.

Un sauvetage qui tient du miracle

L’histoire de cet olivier, niché entre les sommets montagneux et la côte adriatique, est celle d’une survie contre toute attente. Selon les habitants, l’arbre avait commencé à dépérir en 2021, ses branches séchant sous l’effet d’un ennemi inattendu : l’humidité. « Il a commencé à décliner, à s’assécher », témoigne Marija Markoc, directrice de la Maison des olives, une entité locale chargée de préserver ce patrimoine végétal. Le responsable ? Un niveau de nappe phréatique anormalement élevé, conséquence directe, selon les autorités locales, des décennies d’urbanisation et d’imperméabilisation des sols dans la région.

Les oliviers, explique Marija Markoc, « aiment le soleil, la sécheresse et la pierre ». L’excès d’eau dans le sous-sol leur est donc fatal. Après des années de lutte contre ce fléau, une solution a été trouvée : des travaux de drainage ont été engagés en octobre 2025. Le résultat ne s’est pas fait attendre. L’arbre, que les scientifiques turcs avaient daté de 2 250 ans en 2015, a retrouvé sa vitalité. « Nous avons réussi à redonner vie à cet endroit et à offrir à cet arbre une existence durable », s’est félicitée Marija Markoc. « C’est un grand honneur, mais aussi une responsabilité énorme. »

Une tradition millénaire et un symbole de paix

À Mirovica, cet olivier n’est pas qu’un simple arbre. Ses branches, qui ont survécu à des incendies et à des décennies de négligence, ont aussi vu des clans ennemis sceller des pactes de paix. Aujourd’hui, il attire des milliers de touristes chaque année, venus des quatre coins du monde pour admirer ce géant végétal. La tradition locale veut que les visiteurs fassent trois fois le tour de l’olivier. « Le premier tour est pour la santé, le deuxième pour l’amour, et le troisième – certains disent pour la chance, d’autres pour l’argent », explique Marija Markoc. Une coutume qui, selon elle, « montre le respect des gens pour cet arbre, symbole de résilience et de paix ».

L’âge exact de l’olivier reste cependant sujet à caution. Les légendes locales évoquent son origine grecque, mais sa datation précise est complexe. « La croissance des oliviers rend presque impossible de trouver leur tronc original avec certitude », rappelle Marija Markoc. En 2015, une étude turque avait attribué à l’arbre un âge de 2 250 ans, mais cette estimation reste débattue parmi les experts. Autant dire que la valeur symbolique de cet olivier dépasse largement son âge réel.

Un attrait touristique qui dépasse les frontières

Depuis sa résurrection, l’olivier de Mirovica est devenu une véritable attraction. Les touristes, de plus en plus nombreux, viennent admirer cet arbre hors du commun, mais aussi goûter à ses olives, récoltées deux fois par an. Début juin 2026, de petites olives vertes ont commencé à poindre sur ses branches, offrant une récolte prometteuse. « Personne ne voulait être la génération qui aurait vu cet olivier, après plus de deux millénaires, cesser de produire », confie Marija Markoc. Un soulagement qui dépasse largement le cadre local.

Le phénomène a également attiré l’attention des médias internationaux, faisant de Mirovica une destination incontournable pour les amateurs de patrimoine naturel. Les autorités monténégrines, conscientes de l’opportunité, misent désormais sur cet arbre pour développer un tourisme durable autour de l’écologie et de l’histoire. « Cet olivier est bien plus qu’un arbre. C’est un symbole de la capacité humaine à préserver ce qui semble perdu », souligne Marija Markoc. Une vision qui séduit autant les visiteurs que les habitants.

Et maintenant ?

Si la résurrection de l’olivier de Mirovica a été saluée comme un succès, sa survie à long terme dépendra de plusieurs facteurs. Les autorités locales prévoient de maintenir les travaux de drainage et de surveiller la santé de l’arbre. Un projet de valorisation touristique, incluant des visites guidées et des ateliers sur la culture de l’olivier, est également à l’étude. D’ici 2027, une nouvelle étude pourrait être menée pour affiner la datation de l’arbre, tandis que les autorités espèrent attirer encore plus de visiteurs, sans pour autant compromettre la préservation du site.

Cette histoire rappelle aussi l’importance de protéger les écosystèmes anciens face aux défis modernes, comme l’urbanisation ou le changement climatique. « Cet olivier est un rappel que la nature peut se régénérer si on lui en donne les moyens », conclut Marija Markoc. Une leçon qui dépasse largement les frontières du Monténégro.

Les autorités prévoient de maintenir les travaux de drainage et de surveiller régulièrement la santé de l’arbre. Un projet de valorisation touristique, incluant des visites guidées et des ateliers sur la culture de l’olivier, est également à l’étude pour les prochaines années.