Un homme de 62 ans, hospitalisé pour une séance de dialyse au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Rennes, a été déclaré mort à tort après un arrêt cardiaque avant de se réveiller trois heures plus tard. L’incident, survenu le samedi 23 avril 2026, illustre la rareté du syndrome de Lazare, une affection où les signes vitaux, bien que extrêmement faibles, ne disparaissent jamais complètement. L’état de santé du patient s’est ensuite rapidement amélioré, permettant son transfert en soins intensifs cardiorespiratoires quelques jours plus tard.
Ce qu'il faut retenir
- Didier, 62 ans, était en dialyse au CHU de Rennes pour une insuffisance rénale liée à un cancer.
- Il a présenté un arrêt cardiaque pendant la séance, entraînant une tentative de réanimation de 40 minutes.
- Les médecins l’ont déclaré mort, informant sa famille, avant qu’un pouls ne soit détecté trois heures plus tard.
- Son état s’est ensuite stabilisé, et il a été transféré en soins intensifs cardiorespiratoires le 29 avril 2026.
- Les médecins évoquent le syndrome de Lazare, une affection rarissime recensée 76 fois entre 1982 et 2022.
- Le syndrome se caractérise par une perfusion sanguine maintenue malgré des signes vitaux indétectables.
Un arrêt cardiaque suivi d’un réveil inexpliqué
Didier, atteint d’un cancer ayant conduit à l’ablation d’un rein, suivait une dialyse trois fois par semaine au CHU de Rennes. Le 23 avril 2026, lors d’une séance, il a présenté un arrêt cardiaque. Après 40 minutes de réanimation, l’équipe médicale a déclaré son décès et informé ses proches. Mais trois heures plus tard, surprise : les soignants ont détecté un pouls. « On nous a annoncé qu’ils avaient retrouvé un pouls », a raconté sa nièce Allisson auprès d’Ouest France. L’homme, alors en état critique, a été placé sous coma artificiel.
Son réveil progressif a permis un transfert en soins intensifs cardiorespiratoires dès le 29 avril. Didier a qualifié cette issue de « beaucoup de chance » et évoqué une « intervention divine ». Pourtant, les médecins privilégient une explication médicale : le syndrome de Lazare, une affection si rare que seuls 76 cas ont été recensés entre 1982 et 2022 selon une étude citée par Franceinfo - Santé.
Le syndrome de Lazare, une pathologie aux mécanismes encore flous
Ce phénomène, baptisé d’après le personnage biblique Lazare ressuscité par Jésus, désigne un état où les signes vitaux deviennent si faibles qu’ils échappent aux examens classiques, donnant l’illusion d’un décès. « Dans les faits, cette personne n’est jamais morte, à aucun moment », explique Bruno Mégarbane, chef du service de réanimation médicale et toxicologique à l’hôpital Lariboisière Fernand-Widal à Paris. « Pendant cette période, la perfusion sanguine, notamment cérébrale mais aussi de l’ensemble des organes y compris du cœur, ne s’est jamais arrêtée. Elle était extrêmement faible, difficile à détecter, mais elle ne s’est jamais arrêtée. »
Cette situation pose des défis majeurs pour les équipes médicales, qui doivent distinguer un syndrome de Lazare d’un décès réel. Les critères de diagnostic restent flous, et la prise en charge nécessite une vigilance extrême pour éviter des erreurs aux conséquences dramatiques.
Un patient en dialyse pour une insuffisance rénale sévère
Didier souffrait d’une insuffisance rénale chronique, complication d’un cancer ayant conduit à l’ablation de son rein gauche. La dialyse, traitement de substitution, était indispensable pour filtrer son sang et éliminer les toxines. Les séances, répétées trois fois par semaine, visaient à maintenir son équilibre vital. Son état initial, déjà fragile, rendait l’incident d’autant plus critique. « Il a eu beaucoup de chance », a-t-il souligné après son réveil, reconnaissant la rareté de son cas.
Les services hospitaliers impliqués dans sa prise en charge, notamment le CHU de Rennes, n’ont pas communiqué sur les mesures prises pour éviter un nouvel incident. Cependant, cet événement rappelle l’importance des protocoles de surveillance en milieu hospitalier, où les arrêts cardiaques, bien que rares, peuvent survenir même lors de soins de routine.
Cet épisode soulève également des questions éthiques sur la déclaration de décès en milieu hospitalier, où la frontière entre vie et mort peut parfois sembler ténue. Les avancées médicales, bien que salvatrices, imposent une remise en question constante des pratiques pour éviter de telles erreurs.
Le syndrome de Lazare est une affection rarissime où les signes vitaux deviennent si faibles qu’ils échappent aux examens médicaux classiques, donnant l’illusion d’un décès. La perfusion sanguine, notamment cérébrale, se maintient à un niveau extrêmement bas mais jamais nul, ce qui explique les réveils inattendus.