Un nonagénaire suisse se retrouve confronté à une facture mensuelle supplémentaire de près de 800 euros pour des soins liés à sa déshydratation, selon Capital. Hans Kölliker, 99 ans, doit désormais payer 1 092,75 francs suisses – soit environ 1 200 euros – chaque mois depuis septembre 2025 pour des « mesures régulières de préparation et d’accompagnement » destinées à éviter sa déshydratation. Cette somme s’ajoute à son tarif initial et correspond à un passage du niveau 1 au niveau 2 de « besoins en soins », un changement motivé par la distribution de seulement deux verres d’eau par jour.
Ce qu’il faut retenir
- Hans Kölliker, 99 ans, doit payer 800 euros supplémentaires par mois pour deux verres d’eau quotidiens en maison de retraite.
- Cette hausse de 728,50 francs suisses (soit près de 800 euros) est entrée en vigueur en septembre 2025.
- Le retraité suisse dénonce une facture « difficile à comprendre », alors que sa caisse maladie ne prend en charge qu’une partie des coûts.
- La direction de l’Ehpad justifie cette tarification par le respect des directives officielles en matière de soins.
- Kölliker envisage d’écrire une lettre détaillée pour contester l’évaluation de ses besoins en soins.
Un système de soins devenu coûteux pour deux verres d’eau
Entré dans une maison de retraite il y a trois ans, Hans Kölliker n’avait jusqu’alors jamais été confronté à des frais aussi élevés. Pourtant, depuis septembre 2025, il doit s’acquitter d’un supplément de 728,50 francs suisses – équivalent à près de 800 euros – chaque mois. La raison ? Son établissement a décidé de lui fournir deux verres d’eau par jour, accompagnés d’un rappel régulier pour éviter sa déshydratation. Cette mesure a entraîné son passage du niveau 1 au niveau 2 de « besoins en soins », un changement qui impacte directement sa facture.
Pour le nonagénaire, cette décision administrative est incompréhensible. « On me facture 728,50 francs par mois pour un verre d’eau deux fois par jour et un rappel de boire suffisamment. C’est difficile à comprendre », a-t-il expliqué au journal suisse Beobachter, repris par Capital. Ce dernier souligne que Kölliker n’est pas seul dans cette situation, mais que son cas illustre les tensions entre les directives sanitaires et leur traduction financière pour les résidents.
Une direction contrainte par les règles officielles
Face à l’incompréhension du retraité, la maison de retraite a tenu à préciser qu’elle n’était pas à l’origine de ces tarifs. « Ce n’est pas nous qui fixons les règles du jeu. Nous ne pouvons que faire de notre mieux pour les respecter correctement », a indiqué la direction à Capital. Selon elle, cette hausse s’inscrit dans le cadre des protocoles en vigueur pour garantir la santé des résidents, notamment les plus vulnérables comme les personnes âgées.
Cependant, cette justification ne convainc pas Hans Kölliker, qui estime que les coûts devraient être mieux répartis ou pris en charge. Seule une partie de la facture est remboursée par sa caisse maladie, laissant à sa charge un reste à payer de 470 euros par mois. Une situation qui, pour lui, souligne les limites du système de santé suisse, où les directives administratives peuvent avoir des répercussions financières disproportionnées pour les usagers.
Une contestation en préparation pour contester l’évaluation
Déterminé à ne pas accepter cette facture sans réagir, Hans Kölliker prépare une réponse écrite à destination de la direction de l’Ehpad. L’objectif ? Contester l’évaluation de ses besoins en soins et demander une révision de sa prise en charge. « Je devrais écrire une justification détaillée de l’évaluation des besoins en soins », a-t-il indiqué, laissant entendre qu’il pourrait solliciter un recours si nécessaire. Cette démarche pourrait s’inscrire dans une volonté plus large de sensibiliser aux dérives possibles des systèmes de notation des besoins en soins en maison de retraite.
Pour autant, la maison de retraite reste ferme sur sa position. Elle rappelle que les mesures mises en place visent avant tout à garantir le bien-être des résidents, même si cela se traduit par une augmentation des coûts. Une position qui, bien que compréhensible sur le plan sanitaire, laisse peu de marge de manœuvre aux familles et aux résidents pour contester ces décisions.
Cette affaire soulève une fois de plus la question de l’équilibre entre les impératifs sanitaires et la soutenabilité financière pour les résidents et leurs familles. Dans un contexte où le vieillissement de la population et les coûts de la dépendance pèsent de plus en plus sur les systèmes de santé, des cas comme celui de Hans Kölliker pourraient inciter à une réflexion sur l’adaptation des protocoles et des tarifs aux réalités des personnes âgées.
La direction de l’Ehpad justifie cette hausse par le passage du résident du niveau 1 au niveau 2 de « besoins en soins ». Ce changement a été motivé par la mise en place de « mesures régulières de préparation et d’accompagnement » pour éviter une déshydratation progressive, incluant deux verres d’eau quotidiens et des rappels pour boire. Selon la direction, cette tarification découle du respect des directives officielles en matière de soins.
Oui, une partie des 1 200 euros mensuels est prise en charge par la caisse maladie du retraité. Cependant, Hans Kölliker doit tout de même débourser un reste à charge de 470 euros par mois, une somme qu’il juge disproportionnée au regard des prestations reçues.