Un think tank réactionnaire installé au siège de l’Union européenne, le MCC Brussels, mène depuis plusieurs années une offensive contre les politiques écologiques européennes, selon Reporterre. Ses activités, financées en partie par des dividendes liés au pétrole russe, rassemblent des figures de l’extrême droite du continent dans une croisade contre le « progressisme » et les mesures environnementales.
Le 23 mai 2024, à quelques jours des élections européennes, une conférence intitulée « Climate change : beyond the consensus » (« Changement climatique : au-delà du consensus ») s’est tenue dans un bâtiment cossu du quartier Schuman à Bruxelles, à deux pas des institutions de l’UE.

Ce qu'il faut retenir

  • Le MCC Brussels est un think tank réactionnaire basé à Bruxelles, près des institutions européennes.
  • Il organise des conférences et mène des actions contre les politiques écologiques en Europe.
  • Ses financements incluent des dividendes liés au pétrole russe, selon l’enquête de Reporterre.
  • Une conférence anti-consensus climatique a eu lieu le 23 mai 2024 à Bruxelles, en pleine campagne pour les élections européennes.
  • Le think tank rassemble des représentants de l’extrême droite européenne.

Un think tank réactionnaire au cœur des institutions européennes

Fondé à Bruxelles, le MCC Brussels se présente comme un laboratoire d’idées, mais son orientation idéologique est clairement alignée sur les positions les plus conservatrices du continent. D’après Reporterre, ce cercle d’influence réunit des personnalités issues de l’extrême droite européenne, souvent hostiles aux politiques climatiques et aux valeurs progressistes portées par l’Union.
Le choix de son siège, dans le quartier Schuman — à deux pas du Parlement européen, de la Commission et du Conseil —, n’est pas anodin. Il lui permet de peser directement sur les débats politiques au sein de l’UE, où l’écologie est devenue un enjeu central des législatures récentes.

Des financements opaques liés au pétrole russe

L’enquête de Reporterre révèle que les activités du MCC Brussels bénéficient de soutiens financiers indirects issus des dividendes liés à l’exportation du pétrole russe. Bien que les montants exacts ne soient pas précisés, cette dépendance financière interroge sur l’indépendance réelle du think tank.
Cette situation soulève des questions sur les liens entre certains cercles politiques européens et les intérêts pétroliers, alors que l’UE cherche à réduire sa dépendance énergétique vis-à-vis de Moscou. Le think tank nie toute influence extérieure, mais les révélations de Reporterre mettent en lumière une contradiction majeure entre ses discours anti-écologiques et ses sources de financement.

Une conférence anti-consensus climatique en pleine campagne électorale

Le 23 mai 2024, alors que les partis politiques européens finalisaient leurs campagnes pour les élections du 9 juin, le MCC Brussels organisait à Bruxelles une conférence intitulée « Climate change : beyond the consensus ». L’événement, qui s’est déroulé dans un bâtiment du quartier Schuman, visait à promouvoir une vision alternative du changement climatique, rejetant le consensus scientifique dominant sur la nécessité d’agir rapidement.
Parmi les intervenants figuraient des figures de l’extrême droite, dont les prises de position climato-sceptiques ou minimisatrices sont bien documentées. Aucune personnalité politique européenne en exercice n’a participé publiquement à cette réunion, mais l’initiative a bénéficié d’une couverture médiatique interne et d’un écho dans certains cercles militants conservateurs.

« Ce que nous proposons, c’est de dépasser le dogme du consensus climatique pour revenir à une approche pragmatique, fondée sur la liberté économique et la souveraineté énergétique des États. »
Un porte-parole du MCC Brussels, cité par Reporterre.

Et maintenant ?

Les prochaines élections européennes, prévues pour 9 juin 2024, pourraient offrir une tribune supplémentaire aux idées portées par le MCC Brussels, si leurs défenseurs parviennent à les intégrer dans les programmes des partis eurosceptiques.
Par ailleurs, la Commission européenne devrait présenter d’ici fin 2026 un nouveau paquet législatif sur le climat, dont les contours pourraient être influencés par ces débats. Reste à voir si les révélations sur les financements du think tank entraîneront des investigations plus poussées de la part des autorités bruxelloises.

En attendant, l’opacité qui entoure les activités du MCC Brussels et ses liens avec les intérêts pétroliers russes pourraient alimenter les critiques sur l’influence des lobbies dans l’élaboration des politiques européennes. Une question se pose désormais : jusqu’où l’extrême droite européenne parviendra-t-elle à peser sur le agenda climatique de l’UE dans les années à venir ?

D'après Reporterre, une partie des financements provient de dividendes liés au pétrole russe. Cependant, les montants exacts et les circuits financiers précis n'ont pas été rendus publics.