Cette petite baie, encore méconnue en Europe il y a quelques années, s’invite désormais dans les bols de smoothies ou de yaourts du matin. Selon Top Santé, les chercheurs s’intéressent de près à ses potentiels effets contre le vieillissement cellulaire, le cancer et les maladies cardiovasculaires. Ses promesses suscitent autant d’espoir que de prudence dans la communauté scientifique.

Ce qu'il faut retenir

  • Une origine nord-américaine : la baie est récoltée principalement au Canada et dans le nord des États-Unis, où elle pousse naturellement dans les zones humides.
  • Riche en antioxydants : son profil nutritionnel affiche une concentration élevée en polyphénols, des composés associés à la protection des cellules.
  • Études préliminaires encourageantes : des recherches en laboratoire et sur des modèles animaux suggèrent des effets anti-inflammatoires et anticancéreux, mais les essais cliniques sur l’homme restent limités.
  • Disponible sous diverses formes : on la trouve fraîche, séchée, en poudre ou en jus, souvent intégrée dans des mélanges de super-aliments.
  • Prix encore élevé : son coût, bien supérieur à celui des myrtilles classiques, reflète sa rareté et son mode de production artisanal dans certaines régions.

Une baie venue d’Amérique du Nord qui gagne l’Europe

La baie en question, souvent appelée « haskap » ou « honeyberry » (son nom scientifique : Lonicera caerulea), est cultivée depuis des siècles par les peuples autochtones d’Amérique du Nord pour ses vertus médicinales. D’après Top Santé, sa popularité en Europe s’est accélérée ces cinq dernières années, portée par le mouvement des « super-aliments ». Contrairement aux baies de goji ou aux myrtilles, dont les bienfaits sont largement documentés, le haskap reste une nouveauté pour une grande partie du public. — Son goût, à mi-chemin entre la framboise et le cassis, en fait un ingrédient prisé des chefs et des consommateurs soucieux de diversifier leur alimentation.

Des propriétés anti-âge et protectrices du cœur mises en avant

Les scientifiques soulignent sa teneur exceptionnelle en anthocyanes, des pigments naturels aux propriétés antioxydantes. Une étude publiée en 2024 dans le Journal of Agricultural and Food Chemistry, citée par Top Santé, indique que ces composés pourraient ralentir le vieillissement cellulaire en neutralisant les radicaux libres. « Les données suggèrent un potentiel réel pour la prévention des maladies neurodégénératives », a déclaré le Dr Elena Vasquez, chercheuse en nutrition à l’Université de Montréal. — Côté cœur, une autre recherche menée sur des modèles animaux montre que sa consommation régulière réduirait l’oxydation du cholestérol LDL, un facteur clé dans le développement des maladies cardiovasculaires.

Le cancer au cœur des recherches, mais les preuves manquent encore

L’un des axes d’étude les plus médiatisés concerne son possible rôle dans la prévention de certains cancers. Une équipe de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) en France a publié en 2025 une étude exploratoire sur des cellules tumorales du côlon exposées à des extraits de haskap. Les résultats, publiés dans Nutrients, indiquent une inhibition partielle de la prolifération cellulaire. — Cependant, comme le précise Top Santé, ces travaux restent préliminaires. « On ne peut pas encore parler de traitement, mais plutôt d’un aliment qui pourrait, à long terme, contribuer à réduire les risques », a tempéré le Pr Laurent Martin, oncologue à l’hôpital Saint-Louis à Paris. Les essais cliniques sur l’homme ne sont pas encore au rendez-vous.

Et maintenant ?

Plusieurs équipes de recherche en Europe et en Amérique du Nord planchent sur des essais cliniques à plus grande échelle. Les premiers résultats pourraient être publiés d’ici fin 2026, notamment ceux menés par l’Université de Laval au Canada. En parallèle, des agriculteurs français et allemands commencent à tester des cultures locales pour réduire les coûts et rendre la baie plus accessible. Bref, si le haskap n’est pas encore un remède miracle, son avenir dépendra de la capacité des scientifiques à confirmer — ou non — ses promesses.

Comment la consommer sans se tromper ?

Top Santé rappelle que la baie doit être choisie bio de préférence, car sa peau fine absorbe facilement les pesticides. Les versions séchées ou en poudre conservent une grande partie de leurs antioxydants, mais attention aux additifs dans certains produits transformés. — Pour profiter pleinement de ses bienfaits, les nutritionnistes recommandent de l’associer à des aliments riches en vitamine C, comme un jus d’orange pressé, afin d’optimiser l’absorption des composés actifs. Quant à la posologie idéale, aucune recommandation officielle n’existe pour l’instant : la prudence reste de mise.

En attendant des preuves plus solides, cette baie nord-américaine continue de fasciner. Entre engouement marketing et curiosité scientifique, une chose est sûre : elle a encore de beaux jours devant elle dans les assiettes européennes.

À ce jour, aucune interaction médicamenteuse n’a été documentée de manière formelle. Cependant, en cas de doute — notamment pour les personnes sous anticoagulants ou sous chimiothérapie — il est conseillé de consulter un médecin avant d’en consommer régulièrement, comme le recommande Top Santé.