Une délégation d’eurodéputés de La France insoumise (LFI), menée par les élues européennes Manon Aubry et Rima Hassan, se trouve actuellement au Liban pour une visite de solidarité d’une semaine, a indiqué ce mardi 9 juin 2026 le mouvement de gauche radicale. Selon BMF - International, cette initiative s’inscrit dans un contexte de tensions accrues après l’invasion israélienne du pays, déclenchée le 2 mars 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • La délégation de LFI, dirigée par Manon Aubry et Rima Hassan, est en visite officielle au Liban du 9 au 16 juin 2026.
  • Les objectifs principaux sont de rencontrer le président Joseph Aoun et d’exprimer la solidarité de LFI avec le peuple libanais.
  • Les Insoumis entendent plaider pour l’octroi de moyens militaires à l’armée libanaise et la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël.
  • La délégation s’entretiendra également avec les formations politiques libanaises et la FINUL, la Force intérimaire des Nations unies au Liban.

Dans un communiqué diffusé ce matin, LFI précise que les discussions avec le président Joseph Aoun auront lieu en fin de semaine. « Cette visite de solidarité s’inscrit dans la situation politique actuelle, dans le cadre de l’invasion du pays par Israël depuis le 2 mars 2026 », explique l’entourage de Manon Aubry. La délégation doit également échanger avec les principales autorités libanaises et le représentant de la FINUL sur place.

Sur le plan diplomatique, les élus insoumis entendent rappeler deux priorités pour le Liban. D’une part, la nécessité de « doter enfin l’armée libanaise des moyens de défendre l’intégrité du territoire et de ses frontières ». D’autre part, « l’urgence de suspendre l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël », une mesure perçue comme un levier pour faire pression sur Tel-Aviv. Rappelons que le leader de LFI, Jean-Luc Mélenchon, s’était déjà rendu au Liban en janvier 2024, marquant ainsi un engagement historique du mouvement envers le pays.

Une visite programmée dans un contexte géopolitique tendu

La présence de cette délégation au Liban intervient alors que les tensions entre Israël et le Hezbollah s’intensifient depuis le début de l’année. Selon les observateurs, les échanges de tirs transfrontaliers se sont multipliés depuis l’invasion israélienne du 2 mars 2026, provoquant des pertes civiles et des déplacements de populations. « On assiste à une escalade dangereuse, et cette visite vise à montrer que la France insoumise ne reste pas indifférente », confie un membre de la délégation sous couvert d’anonymat.

Côté libanais, la réception d’une délégation étrangère de cette envergure – incluant des figures médiatiques comme Rima Hassan, connue pour ses prises de position pro-palestiniennes – pourrait aussi servir de signal politique. « Les autorités libanaises n’ont pas pour habitude de recevoir des délégations aussi visibles en période de crise, autant dire que cette visite est symbolique », analyse un diplomate européen basé à Beyrouth.

Quels sont les objectifs concrets de cette mission ?

D’après le communiqué de LFI, la délégation ne se contentera pas d’un tour d’horizon diplomatique. Elle prévoit d’abord de rencontrer les principaux groupes politiques représentés au Parlement libanais, parmi lesquels figurent le Courant du Futur, le Parti socialiste progressiste ou encore le Mouvement patriotique libre. L’objectif affiché est de « recueillir des informations de première main » sur la situation sécuritaire et humanitaire.

Un autre volet de la mission concerne la FINUL, dont le mandat a été régulièrement prolongé depuis 1978. Les eurodéputés insoumis devraient discuter du rôle de cette force onusienne dans la stabilisation de la frontière israélo-libanaise. « On veut savoir comment la FINUL évalue la capacité du Liban à faire face à cette crise, et quels soutiens supplémentaires pourraient être apportés », précise une source proche de Manon Aubry.

Un engagement de longue date pour le Liban

Cette visite s’inscrit dans une dynamique plus large de LFI sur la scène internationale. Le parti, qui critique régulièrement la politique étrangère française – notamment son alignement sur Washington – a multiplié les initiatives en faveur des pays du Sud global. En janvier 2024, Jean-Luc Mélenchon avait effectué un déplacement au Liban, marqué par des rencontres avec des représentants de la société civile et des responsables politiques.

« La France insoumise considère que le Liban est un pays stratégique, non seulement pour sa position géopolitique, mais aussi pour son rôle dans la résistance à l’impérialisme occidental », commente un analyste politique. Cette visite pourrait ainsi servir de tribune pour relancer le débat en Europe sur le rôle de l’UE dans la région, notamment concernant son partenariat avec Israël.

Et maintenant ?

La délégation doit quitter le Liban d’ici le 16 juin 2026, après une série de rencontres prévues dans la capitale Beyrouth et dans le sud du pays. Les conclusions de cette mission devraient être présentées lors d’une conférence de presse en France dans les jours suivants. Il reste à voir si cette initiative aura un écho concret au niveau européen, où la question d’un gel des relations avec Israël divise les États membres.

Par ailleurs, la situation sur le terrain reste volatile. Les négociations en cours sous l’égide de l’ONU pour un cessez-le-feu durable pourraient connaître une avancée dans les prochaines semaines, mais aucun calendrier précis n’a encore été rendu public. La communauté internationale, et notamment l’Union européenne, pourrait être appelée à jouer un rôle clé dans les prochains mois.

Selon LFI, cet accord de libre-échange, entré en vigueur en 2022, renforce économiquement Israël malgré son occupation des territoires palestiniens. Le parti considère qu’il est urgent de le suspendre pour faire pression sur Tel-Aviv et soutenir la cause palestinienne. « Cet accord est une hypocrisie : on commerce avec un État qui viole le droit international », a déclaré Manon Aubry dans un entretien accordé à BMF - International.