Une des premières impressions de « La Grande Vague de Kanagawa », célèbre estampe de la série « Les Trente-six vues du Mont Fuji » d’Hokusai, sera proposée aux enchères ce mercredi 10 juin après-midi à Paris, chez Christie’s, indique Franceinfo - Culture. Cette pièce, estimée entre 600 000 et 800 000 euros, s’inscrit dans un contexte où les œuvres de l’artiste japonais suscitent une demande croissante, tant auprès des collectionneurs que des musées.
Ce qu'il faut retenir
- Une estampe de « La Grande Vague de Kanagawa » d’Hokusai, l’une des premières impressions de la série « Les Trente-six vues du Mont Fuji » (1830-1834), est mise aux enchères chez Christie’s Paris ce 10 juin.
- L’œuvre, acquise en 2007 par un collectionneur français, porte une légère pliure centrale et est estimée entre 600 000 et 800 000 euros.
- La dernière estampe comparable vendue aux enchères a été adjugée à plus de deux millions d’euros en 2025.
- Camille de Foresta, spécialiste d’art asiatique chez Christie’s, souligne la rareté de cette impression, notamment en raison de la précision de l’impression et de la fraîcheur des couleurs.
Une œuvre emblématique aux enchères à Paris
« La Grande Vague de Kanagawa » fait partie de la série « Fugaku sanjurokkei » (Les trente-six vues du Mont Fuji), réalisée par Hokusai entre 1830 et 1834. Cette estampe, au format 25,9 x 37,4 cm — soit un peu plus grand qu’une feuille A3 —, représente trois embarcations et leurs marins sur le point d’être submergés par une vague monumentale. L’œuvre, exécutée dans un camaïeu de bleus et de noirs, incarne l’un des symboles les plus reconnaissables de l’art japonais et de l’estampe ukiyo-e. Selon Franceinfo - Culture, l’exemplaire mis en vente a été acquis en 2007 par un collectionneur français avant d’être conservé pendant près de vingt ans.
Une rareté marquée par la signature et la qualité d’impression
L’un des éléments qui distingue cette estampe est la présence d’une signature spécifique à Hokusai : « Hokusai a eu plusieurs signatures au cours de sa vie, mais celle-ci est tout à fait caractéristique des premières impressions des *Trente-six vues du Mont Fuji*, vers 1830 », précise Camille de Foresta, spécialiste d’art asiatique chez Christie’s. La rareté de cette version tient également à la « précision de l’impression et à la fraîcheur des couleurs », ainsi qu’à l’écume bondissante qui anime la composition. « Ce qui fait le caractère unique de cette estampe, c’est vraiment la précision de l’impression, la fraîcheur des couleurs, c’est l’écume bondissante », explique-t-elle.
Pourtant, le nombre exact de ces premières impressions reste incertain. « Personne ne sait exactement combien il en existe, précise Camille de Foresta. Les spécialistes s’accordent à dire qu’il pourrait y en avoir une centaine. Cette incertitude participe sans doute au mythe entourant cette estampe. »
Une cote en forte progression
L’estimation de cette estampe — entre 600 000 et 800 000 euros — reflète une hausse spectaculaire de sa valeur ces dernières décennies. « Cela représente dix fois plus qu’il y a vingt ans », souligne Camille de Foresta. Cette augmentation s’explique par une demande désormais globale, portée par des collectionneurs éclectiques ou des amateurs d’icônes. « Ça peut être des collectionneurs qui cherchent le meilleur de chaque époque ou ceux qui collectionnent les icônes », indique-t-elle. Par ailleurs, les musées sont également attirés par cette œuvre, considérée comme un « Graal » en raison de l’engouement croissant pour le Japon, notamment chez les jeunes publics via les mangas et la culture pop.
La dernière estampe comparable vendue aux enchères a été adjugée à plus de deux millions d’euros en 2025, un record qui illustre l’engouement pour les œuvres d’Hokusai. « Vous savez combien les jeunes aiment le Japon par le truchement des mangas, rappelle Camille de Foresta. Donc les musées veulent une *Grande Vague de Kanagawa*, car ce sera forcément un facteur d’attractivité. »
Cette vente intervient dans un contexte où l’art japonais, et notamment les estampes ukiyo-e, bénéficie d’une visibilité accrue. Les expositions temporaires, les collaborations culturelles et l’influence de la pop culture, à travers les mangas ou les jeux vidéo, continuent de stimuler l’intérêt pour ces œuvres historiques.
Cette estampe est considérée comme l’une des premières impressions de la série « Les Trente-six vues du Mont Fuji », réalisée vers 1830. Sa rareté tient à la signature spécifique d’Hokusai à cette période, ainsi qu’à la qualité d’impression et à la fraîcheur des couleurs, qui se dégradent souvent avec le temps. Seule une centaine de ces premières impressions serait encore en circulation, selon les spécialistes.