Une enquête policière initiée à Bordeaux a permis, le 9 juin 2026, le démantèlement d’un système de blanchiment d’argent d’envergure internationale, alimenté par le trafic de stupéfiants entre la Mauritanie et Bruxelles. L’opération, coordonnée avec les autorités belges, s’est appuyée sur une filature débutée en 2024 et a conduit à des saisies dépassant les 2 millions d’euros, selon Le Figaro.
Ce réseau, dont les ramifications s’étendaient de l’Afrique de l’Ouest à l’Europe, reposait sur une société d’export de véhicules basée en Belgique. Les enquêteurs ont retracé le parcours des fonds issus du narcotrafic, blanchis via des transactions financières complexes et des investissements opaques, avant d’être réinjectés dans l’économie légale.
Ce qu'il faut retenir
- Un vaste système de blanchiment d’argent, alimenté par le trafic de stupéfiants, a été démantelé le 9 juin 2026 grâce à une enquête initiée à Bordeaux.
- Le réseau, orchestré depuis la Mauritanie, transitait par Bruxelles via une société d’export de véhicules.
- Plus de 2 millions d’euros ont été saisis lors des opérations menées avec les autorités belges.
- L’enquête a débuté en 2024 avec la surveillance d’une équipe de trafiquants bordelais approvisionnée à Paris.
- En février 2025, une saisie de 50 kilos de cocaïne dissimulés dans un véhicule a marqué un tournant dans l’enquête.
Les prémices d’une enquête d’envergure
L’affaire trouve son origine dans une simple série d’arrestations de trafiquants bordelais il y a quelques années. Ces premiers coups de filet, bien que limités, ont mis en lumière des connexions inattendues entre des réseaux criminels locaux et des acteurs internationaux. Les enquêteurs de l’Ofast (Office anti-stupéfiants) de Bordeaux ont alors décidé de creuser, donnant naissance à une surveillance approfondie dès 2024.
« Une équipe de trafiquants bordelais s’approvisionnant à Paris » a été placée sous étroite surveillance, comme l’explique une source policière citée par Le Figaro. Plusieurs mois de filature ont permis de remonter jusqu’à un convoi intercepté en février 2025, contenant notamment un véhicule dissimulant 50 kilos de cocaïne dans une cache aménagée. Cette saisie, bien que significative, n’était qu’un jalon dans une enquête bien plus large.
Un mécanisme bien huilé entre l’Afrique et l’Europe
Les surveillances menées par les forces de l’ordre ont révélé un système sophistiqué de blanchiment. Les fonds issus du trafic de drogue, notamment en provenance de Mauritanie, étaient acheminés vers la Belgique via des sociétés écrans. Les enquêteurs ont pu constater à plusieurs reprises des transferts de fonds importants, ainsi que des acquisitions de véhicules destinés à masquer les flux financiers illicites.
Selon les éléments recueillis, le réseau s’appuyait sur des complicités locales et des montages juridiques complexes pour brouiller les pistes. Les véhicules exportés depuis la Belgique servaient de support à des transactions financières fictives, permettant de recycler l’argent sale dans l’économie légale. « Le mécanisme était bien rodé, avec des étapes clairement définies pour éviter toute détection », précise un responsable policier sous couvert d’anonymat.
Un coup de filet coordonné avec la Belgique
L’opération du 9 juin 2026 a été menée en étroite collaboration avec les autorités belges, qui ont joué un rôle clé dans le démantèlement final du réseau. Les saisies effectuées sur le sol français et belge ont permis de geler des avoirs estimés à plus de 2 millions d’euros, tout en identifiant plusieurs acteurs clés du dispositif.
Parmi les personnes interpellées figure Amar Bouaou, avocat bordelais connu pour avoir défendu des figures majeures du narcotrafic. Il a été mis en examen pour blanchiment en bande organisée et fraude fiscale. Son implication, si elle est confirmée, illustre la porosité entre certains milieux juridiques et les réseaux criminels. Les autorités n’excluent pas d’étendre les investigations à d’autres professionnels du droit ou de la finance.
Cette affaire rappelle l’ampleur des défis posés par le blanchiment transnational, où les frontières entre pays deviennent de simples lignes administratives pour les réseaux criminels. Elle souligne aussi l’importance de la coopération policière européenne, sans laquelle de tels systèmes auraient peu de chances d’être démasqués.
Une audience de mise en examen est programmée pour la mi-juillet 2026, où plusieurs suspects, dont Amar Bouaou, devraient être présentés au parquet. Les autorités belges ont également annoncé l’ouverture d’une procédure similaire pour démanteler les ramifications locales du réseau.