Les amateurs de charcuterie qui consomment une tranche supplémentaire de jambon par jour pendant la période estivale pourraient voir leur risque de développer un cancer de l’estomac augmenter de près de 10 %, selon une étude menée par des chercheurs européens. Les résultats, publiés récemment, mettent en lumière l’impact potentiel d’un aliment pourtant très répandu dans les assiettes estivales.
Comme le rapporte Top Santé, cette analyse s’inscrit dans le cadre de recherches approfondies sur les liens entre alimentation et santé digestive. Les scientifiques ont évalué l’exposition aux nitrites et aux nitrates, des additifs couramment utilisés dans la charcuterie, et leur association avec certains cancers. Une portion quotidienne de jambon en plus serait ainsi corrélée à une élévation significative du risque.
Ce qu'il faut retenir
- Une tranche de jambon par jour en période estivale pourrait augmenter le risque de cancer de l’estomac de 9 %, d’après une étude européenne.
- Les chercheurs ciblent les nitrites et nitrates, additifs fréquents dans la charcuterie, comme facteurs de risque potentiels.
- Cette hausse du risque s’ajoute aux autres facteurs déjà identifiés, comme la consommation d’alcool ou le tabagisme.
- L’étude ne prouve pas un lien de causalité direct, mais souligne une association statistiquement significative.
Une étude européenne aux conclusions alarmantes
L’enquête, menée par des équipes de plusieurs pays européens, a analysé les habitudes alimentaires de milliers de participants sur plusieurs années. Les résultats indiquent que chaque portion supplémentaire de jambon consommée quotidiennement pendant l’été — souvent synonyme de barbecues et de pique-niques — est associée à une progression du risque. Les nitrites, utilisés pour la conservation et la couleur de la viande, sont particulièrement pointés du doigt.
Les chercheurs rappellent que ces additifs sont autorisés dans l’Union européenne, mais sous contrôle strict. « Nous ne disons pas que le jambon doit être banni, mais ces données devraient inciter à une consommation modérée et à une meilleure information des consommateurs », a précisé le Dr. Elena Martinez, épidémiologiste et co-autrice de l’étude. Les résultats ont été publiés dans la revue *European Journal of Cancer*.
Le cancer de l’estomac en Europe : un enjeu de santé publique
En Europe, le cancer de l’estomac représente environ 130 000 nouveaux cas chaque année, selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Bien que les causes exactes restent multifactorielles — incluant l’infection par *Helicobacter pylori*, le tabagisme ou une alimentation pauvre en fruits et légumes —, cette étude apporte un éclairage supplémentaire sur le rôle de l’alimentation transformée.
Les chercheurs soulignent que leurs travaux ne remettent pas en cause les bénéfices nutritionnels de la viande en général, mais invitent à repenser la place de la charcuterie dans l’alimentation estivale. « Ce n’est pas une question de diaboliser un aliment, mais de comprendre les mécanismes et d’adapter nos choix », a ajouté le Dr. Martinez. Les autorités sanitaires pourraient s’emparer de ces données pour renforcer les recommandations en matière de consommation de produits transformés.
En attendant, les experts recommandent la prudence : varier les sources de protéines et privilégier les alternatives moins transformées, surtout en période de forte consommation comme l’été. Les consommateurs sont invités à consulter les étiquettes nutritionnelles pour limiter leur exposition aux nitrites.
Pour rappel, le cancer de l’estomac reste une pathologie complexe, où l’alimentation n’est qu’un des nombreux facteurs en jeu. Une prise en charge précoce et un suivi médical régulier restent essentiels pour réduire les risques.
Outre la consommation de charcuterie et de viandes transformées, d’autres facteurs sont clairement identifiés : l’infection par la bactérie Helicobacter pylori, le tabagisme, une alimentation pauvre en fruits et légumes, ou encore des antécédents familiaux de cancer digestif. L’excès d’alcool et le surpoids jouent également un rôle.