À Segré, en Maine-et-Loire, une quinzaine de citoyens s’apprêtent à former un comité de soutien en faveur de Jülide Yazici, professeure de philosophie franco-turque actuellement détenue en Albanie. Cette initiative locale vise à faire pression pour sa libération et son retour en France, alors que son cas suscite l’émotion dans le milieu éducatif et associatif. Selon Ouest France, cette affaire s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu, où Ankara a émis une notice Interpol à l’encontre de la jeune femme.

Ce qu'il faut retenir

  • Une quinzaine de personnes à Segré (Maine-et-Loire) s’organisent pour créer un comité de soutien à Jülide Yazici, professeure franco-turque incarcérée en Albanie.
  • Jülide Yazici, titulaire du droit d’asile en France, a été interpellée en Albanie le 4 août 2026.
  • La Turquie a lancé une notice Interpol à son encontre, sans que les motifs exacts n’aient été rendus publics.
  • Cette affaire soulève des questions sur les conditions d’extradition et les droits des réfugiés en Europe.

La création de ce comité à Segré marque le début d’une mobilisation plus large en France. « La France doit faire son travail », a souligné l’un des futurs membres, insistant sur l’obligation de protéger l’une des leurs. Jülide Yazici, originaire de Turquie, avait obtenu l’asile en France avant son arrestation. Son interpellation en Albanie, où elle se trouvait vraisemblablement en transit ou en visite, a surpris autant ses proches que les associations de défense des droits humains. « Nous ne savons pas encore les raisons précises de son arrestation, mais nous exigeons des éclaircissements de la part des autorités albanaises et turques », a déclaré une source proche du dossier à Ouest France.

Les motivations derrière la notice Interpol restent floues. Les autorités turques n’ont pas communiqué publiquement sur les chefs d’accusation retenus contre elle, ce qui alimente les spéculations. Certains observateurs évoquent un possible lien avec ses prises de position publiques, notamment en faveur des droits des femmes et des minorités en Turquie. « Son engagement militant a pu la mettre en porte-à-faux avec le régime », a analysé un spécialiste des questions turques. En France, son cas rappelle celui d’autres réfugiés politiques, dont le statut juridique est parfois remis en cause malgré l’obtention de l’asile.

Et maintenant ?

La prochaine étape consistera en une réunion publique organisée à Segré dans les prochains jours, afin d’élargir le soutien et d’interpeller les élus locaux et nationaux. Une pétition en ligne circule également, tandis que des contacts sont pris avec des avocats spécialisés en droit international pour explorer toutes les voies juridiques possibles. Les autorités albanaises, contactées par Ouest France, n’ont pas encore réagi officiellement. De son côté, le Quai d’Orsay a indiqué suivre « avec attention » l’évolution de cette affaire, sans préciser si une intervention diplomatique était envisagée.

Cette situation pose plus largement la question de la protection des réfugiés en Europe. Les notices Interpol, initialement conçues pour lutter contre le terrorisme ou la criminalité organisée, sont parfois détournées à des fins politiques. « Il est essentiel que les États membres de l’Union européenne vérifient systématiquement la légitimité des demandes d’extradition avant toute arrestation », a rappelé une militante des droits humains. Le comité de Segré espère que cette affaire servira de catalyseur pour une réforme des procédures, afin d’éviter que d’autres cas similaires ne se reproduisent.

Son arrestation fait suite à une notice Interpol émise par la Turquie, mais les motifs exacts n’ont pas été rendus publics. Les autorités turques n’ont pas communiqué d’accusations précises, ce qui laisse planer le doute sur des motivations politiques.