Une quinzaine de responsables issus de la grande distribution et de l'industrie agroalimentaire ont dénoncé anonymement les pratiques de leur propre secteur, dans un rapport paru mardi, comme le rapporte BFM Business. Ils déplorent la « course aux prix bas » dans leurs secteurs, qui selon eux, empêche la transition écologique et sociale, et génère des coûts cachés, notamment pour la santé.

Ces cadres, qui ont plusieurs décennies d'expérience dans ces secteurs, ressentent une « dissonance cognitive » entre leur travail et leurs valeurs, et dénoncent les pratiques de leurs employeurs. L'un d'eux a confié à l'AFP que « la distribution se gave au détriment des consommateurs », et que « aucune enseigne n'est rattrapable ». Il a ajouté que « la seule solution, c'est que l'État nous régule et augmente les contrôles ».

Ce qu'il faut retenir

  • Une quinzaine de cadres de la distribution et de l'agroalimentaire ont dénoncé les pratiques de leurs secteurs.
  • Ils déplorent la « course aux prix bas » qui empêche la transition écologique et sociale.
  • Ils estiment que ces pratiques génèrent des coûts cachés, notamment pour la santé.
  • Ils appellent l'État à les contraindre et à augmenter les contrôles.
  • Ils proposent un encadrement des marges sur les produits plus sains et une TVA différenciée en fonction de l'impact des produits sur la santé et l'environnement.

Les pratiques dénoncées

Les cadres dénoncent les pratiques de la grande distribution, qui baisse ses marges sur les produits emblématiques et les rattrape sur les produits bio ou de qualité. Ils accusent également les distributeurs de s'abriter derrière « l'argument trompeur du pouvoir d'achat » et de rendre volontairement l'alimentation plus saine « moins visible, moins compétitive et moins désirable ».

Ils soulignent que les plus grands industriels ont une « responsabilité » dans ces pratiques, et que la pression de la distribution n'efface pas leur responsabilité. L'un d'eux a confié à l'AFP que « une sauce tomate sucrée, pour quelle raison est-elle sucrée ? Parce que ça coûte moins cher. Mais il y aura un coût plus tard : la santé ».

Les propositions

Les cadres proposent un encadrement des marges sur les produits plus sains, voire des paniers à « prix coutant sur certains produits du quotidien ». Ils proposent également une TVA différenciée en fonction de l'impact des produits sur la santé et l'environnement. Ils estiment que ces mesures permettraient de promouvoir une alimentation plus saine et plus durable.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes attendues sont la mise en place de ces mesures et la régulation de la grande distribution et de l'industrie agroalimentaire. Les consommateurs sont invités à demander des comptes aux entreprises et à choisir des produits plus sains et plus durables. Les entreprises sont invitées à revoir leurs pratiques et à promouvoir une alimentation plus saine et plus durable.

En conclusion, cette prise de position anonyme de cadres de la distribution et de l'agroalimentaire met en lumière les pratiques de ces secteurs et les conséquences négatives qu'elles ont sur la santé et l'environnement. Il est à espérer que ces propositions aboutiront à des changements positifs dans ces secteurs.