La flambée des besoins en électricité des datacenters dédiés à l'intelligence artificielle (IA) relance l'intérêt pour le nucléaire, et par ricochet pour l'uranium. Selon Cryptoast, cette dynamique pousse les investisseurs à se tourner vers des véhicules diversifiés comme les ETF pour s'exposer au secteur sans sélectionner d'actions individuelles. Quatre fonds européens se distinguent en 2026 par leur liquidité et leur performance récente.

Ce qu'il faut retenir

  • Quatre ETF UCITS domiciliés en Irlande dominent le marché européen de l'uranium en 2026, avec des encours allant de 312 millions à 2,24 milliards d'euros.
  • Le cours spot de l'uranium a dépassé les 100 dollars la livre début 2026, un niveau inédit depuis plus d'une décennie.
  • Les performances sur un an varient de +40 % à +165 % selon les ETF, reflétant la volatilité du secteur.
  • Aucun des fonds sélectionnés n'a plus de cinq ans d'historique, et l'un d'eux a été lancé en mars 2025 seulement.
  • Ces ETF ne sont éligibles ni au PEA ni au CTO, mais sont accessibles via la plupart des courtiers européens.

Les quatre ETF uranium les plus liquides du marché européen

Cryptoast a identifié quatre fonds UCITS spécialisés dans l'uranium et le nucléaire, sélectionnés pour leur taille et leur capacité à répliquer fidèlement leur indice de référence. Leurs encours, mesurés au 27 mai 2026, s'échelonnent de 312 millions à 2,24 milliards d'euros. Trois de ces ETF affichent des frais annuels (TER) inférieurs à 1 %, allant de 0,45 % à 0,85 %, tandis que le quatrième, le VanEck NUCL, reste le plus important en volume.

Ces fonds couvrent l'ensemble de la chaîne de valeur du nucléaire : exploitation minière, fabrication de réacteurs, équipementiers et technologies associées. Leur diversité vise à limiter les risques liés à la volatilité du cours de l'uranium, tout en capitalisant sur la reprise du secteur depuis 2023.

Des performances records, portées par la hausse du prix de l'uranium

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : sur les douze derniers mois, les ETF uranium ont enregistré des hausses comprises entre +40 % et +165 %. Le Global X URNU arrive en tête avec une performance de +92 % sur un an, tandis que le VanEck NUCL affiche un gain de +85 % sur la même période. À noter que ces fonds n'ont pas tous la même ancienneté : le WisdomTree NCLR, lancé en mars 2025, n'a qu'un an d'existence et un encours encore limité.

Cette progression s'explique par le franchissement du seuil symbolique des 100 dollars la livre début 2026, un niveau jamais atteint depuis 2011. Selon Cryptoast, cette hausse reflète un déséquilibre structurel entre l'offre et la demande, aggravé par l'arrêt de nombreux investissements miniers après Fukushima. La reconstitution de l'offre prendra des années, ce qui soutient durablement la thèse haussière sur le secteur.

Une exposition différenciée selon les stratégies

Chaque ETF présente une approche distincte. Le VanEck NUCL est le plus diversifié : il couvre l'intégralité de l'écosystème nucléaire via l'indice MarketVector Global Uranium and Nuclear Energy Infrastructure. À l'inverse, le Global X URNU se concentre sur les grands producteurs miniers comme Cameco ou Kazatomprom, avec une exposition marquée à 48 sociétés.

Le HANetf Sprott URNM adopte une stratégie plus offensive, avec une allocation significative à l'uranium physique via le Sprott Physical Uranium Trust, et une forte corrélation au cours spot du minerai. Enfin, le WisdomTree NCLR, le plus récent, combine une approche sectorielle (Upstream, Midstream, Innovator) avec un filtre ESG appliqué à la sélection des entreprises. Son encours reste encore modeste, et il n'est pas référencé chez tous les courtiers.

Pourquoi l'uranium séduit-il autant les investisseurs en 2026 ?

La thèse d'investissement repose sur trois piliers : une demande électrique en forte hausse, un soutien politique au nucléaire et un déséquilibre structurel entre offre et demande. Les datacenters, gourmands en électricité pour faire tourner les modèles d'IA, ont besoin de sources d'énergie stables, décarbonées et disponibles en permanence. Le nucléaire, et notamment les petits réacteurs modulaires (SMR), répond parfaitement à ces critères.

Plusieurs géants de la tech ont déjà franchi le pas. Microsoft a signé un accord pour relancer un réacteur sur le site de Three Mile Island, tandis que Google s'est associé à un projet de redémarrage d'une centrale aux États-Unis. Les gouvernements occidentaux accompagnent cette dynamique en prolongeant la durée de vie de leurs centrales et en relançant des programmes de construction. Autant dire que l'uranium n'est plus perçu comme une énergie controversée, mais comme un pilier de la transition énergétique et numérique.

Comment investir dans ces ETF ? Plateformes et accessibilité

Ces quatre ETF sont accessibles via des comptes-titres ordinaires (CTO) auprès de la plupart des courtiers européens. Aucun n'est éligible au PEA, et leurs frais de gestion varient de 0,45 % à 0,85 % par an. Selon Cryptoast, DEGIRO, Interactive Brokers et Bitpanda proposent les quatre fonds, tandis que eToro et Trade Republic en référencent seulement certains.

Les frais de courtage diffèrent selon les plateformes : DEGIRO et Interactive Brokers appliquent des spreads, tandis que Trade Republic facture 1 € par opération. Aucun dépôt minimum n'est exigé par Bitpanda, XTB ou DEGIRO, contre 100 $ pour eToro. Cryptoast rappelle que l'investissement en ETF comporte des risques de perte en capital et que les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs.

Et maintenant ?

Le secteur de l'uranium devrait rester sous pression tant que la demande des datacenters pour des énergies stables et décarbonées ne sera pas satisfaite. Les prochaines étapes clés incluent le déploiement des SMR et la remise en service de centrales, des processus qui pourraient prendre plusieurs années. À suivre également : l'évolution du cours spot de l'uranium, dont le franchissement des 100 dollars la livre début 2026 a déjà redessiné la cartographie des investissements.

Reste à voir si les gouvernements maintiennent leur soutien au nucléaire face aux enjeux géopolitiques et environnementaux. Les prochaines annonces sur les plans énergétiques européens et américains pourraient, à ce titre, influencer durablement la dynamique du secteur.

Les principaux risques incluent la volatilité du cours de l'uranium, la sensibilité aux cycles économiques des producteurs miniers, et l'exposition à des facteurs géopolitiques comme les tensions sur les approvisionnements. Les ETF concentrés sur les mineurs amplifient ces mouvements. Cryptoast souligne également que ces fonds sont récents pour certains, avec un historique limité pour évaluer leur résilience en cas de retournement de marché.

Aucun des quatre ETF uranium sélectionnés par Cryptoast n'est éligible au Plan d'Épargne en Actions (PEA). Ils doivent être détenus via un compte-titres ordinaire (CTO). Cette contrainte limite leur accessibilité pour les investisseurs particuliers souhaitant bénéficier des avantages fiscaux du PEA.